| >
ALLER / VENIR |
| Depuis
Amman, Pétra (Wadi Moussa) est accessible via deux routes. La Desert
Highway (autoroute du désert, 230km) est la plus rapide et permet
d’arriver en près de 3h. Paysages mornes. En revanche, la King’s
Highway (route du roi) traverse des jalons montagneux et souvent spectaculaires.
Plus longue (280km) mais aussi moins rapide. Pour admirer le paysage. Depuis
Aqaba, Pétra est à une petite centaine de kilomètres.
Les bus JETT assurent des liaisons régulières et fiables. |
| Pour
se rendre à El Beydha et au Siq el Bared, prendre un taxi depuis
le Visitor's Center à Wadi Moussa. 20 min de route. S'arranger à
l'avance sur le prix A-R sinon, deux heures de marche pour le retour! |
| Le
site de Pétra est très étendu et de nombreux moyens
de locomotion sont proposés aux touristes. De l’entrée du
site au Siq, on peut effectuer le trajet à cheval. Au delà
du Siq, dromadaires et calèches sont disponibles, ainsi que des
ânes pour effectuer l’ascension du Deir, mais attention au vertige!
Finalement, rien ne vaut la marche... |
| >
DORMIR |
| Vu
l’importance du site et son éloignement des grands centres urbains,
il est pratiquement impossible de le visiter sans y passer la nuit. Les
hôtels sont donc pris d’assaut par les hordes de touristes qui viennent
chaque année plus nombreux. Il est donc vivement conseillé
de réserver. |
| A
Wadi Moussa, près de l’entrée du site, de nombreux toits
permettent d’héberger les plus ou moins exigeants. De petites gargotes,
relativement chères par rapport à ailleurs, aux quatre étoiles
des chaînes internationales. Le Forum
permet d’allier le confort moderne et les prestations de la chaîne
à une proximité immédiate des ruines, tout comme le
Movenpick,
encore plus récent, de l’autre coté de la route. |
| Hors
de la localité de Wadi Moussa, il y a une adresse exceptionnelle.
Taybet
Zaman, un village du XIXe siècle adossé sur le flanc
de la montagne transformé en resort-hotel. Chaque maison est une
chambre. Pierres de taille, voûtes et ruelles pavées. Un plan
du village est distribué à l’arrivée! Un cadre très
agréable avec piscine, souk artisanal, hammam. Suite royale spectaculaire,
avec un immense diwan (salon de réception) oriental. Cet établissement
vient de passer sous l'enseigne de Sofitel,
membre du groupe Accor qui a récidivé en transformant un
second village en Grand
Hotel Mercure. Plus proche du site de Petra, moins luxueux, donc
plus abordable que le précédent. |
| >
MANGER |
| Comme
partout ailleurs en Jordanie, Pétra ne laissera pas de souvenirs
culinaires dans les mémoires. Le coffee shop du Forum Hotel permet
de se restaurer décemment dans la proximité immédiate
du site. A Taybet Zaman, le restaurant Sahtein propose un buffet honnête
mais décevant en regard de l’endroit. |
| >
BOIRE / DANSER |
| Boire
pour survivre dans la chaleur. Rassurez-vous, des boissons fraîches
et de l’eau minérale sont en vente un peu partout sur le site. |
| Boire
pour faire la fête. Les cafés de Wadi Moussa ne sont
pas ceux de Sant-Germain des Près, les bars des hôtels risquent
de ne pas avoir une ambiance affriolante, à moins de la faire soi
même, avec les copains. Nous avons ainsi mi le feu à la boite
de Taybet Zaman, Al Beer, et nous conseillons à tous de prendre
l’initiative, les gens qui passent par là suivront. Reste à
aller voir du coté des bédouins, pour une nuit plus typique,
autour du feu (le vrai)... |
| >
ACHETER |
| Des
keffiehs
qui s'avèreront plus efficaces que décoratifs. A Taybet Zaman,
village
artisanal avec des boutiques très bien fournies. Pas bon marché,
mais de la belle qualité. Jetés, coussins, poteries, etc. |
| >
LIRE |
| Petra,
métropole de l'Arabie antique, Layla Nehmé et François
Villeneuve, Seuil 2000. Petra, Ancient City of Stone, D.Belt, National
Geographic, vol 194, n6 dec 1998. Petra et le Royaume des Nabatéens,
Dossiers d'Archéologie, n163, 1991. |
SUR
INTERNET
Glass
Steel and Stone, Petra |
BD
/ ILLUSTRATION
Petra
est transposée au Khemed dans Coke en Stock de Hergé,
et au Soudan (?) dans
Le Poids de l'Ombre de Beja et Natael. Tous
deux chez Casterman. |
|
|
| Au début
du XIXe siècle, l’Europe se passionne pour l’Orient. Artistes, écrivains
et autres aventuriers se lancent à la découverte de ce monde
mystérieux et fascinant. Jacob Ludwig Burckhardt est un de
ces voyageurs-explorateurs. Envoûté par le monde arabe, il
se convertit à l’islam. Sur le chemin de la Mecque, il entend parler
de Pétra, une fabuleuse cité disparue et rangée dans
l’ordre du mythe. Il réussit à convaincre les bédouins
de l’y accompagner. Il est, en 1812, le premier occidental, depuis le départ
des croisés, à parcourir le défilé du Siq
et à découvrir la sublime façade du Khazneh. |
 |
| Comment une cité
aussi importante a-t-elle pu, pendant plusieurs centaines d’années,
disparaître totalement de la circulation? Bien qu’abandonnées,
Palmyre et Baalbeck ont reçu, bon gré mal gré, la
visite de chroniqueurs. Pas Pétra. Car Pétra a cette particularité
de savoir se cacher. Elle est bâtie dans un cirque rocheux en aval
de la route du désert, l’ancienne route du Hedjaz qu’empruntaient
les caravanes entre Damas et la Péninsule Arabique. Les Nabatéens
ont tiré profit de cette invisibilité entre autres qualités
de ce canyon, cachette naturelle qui mettait leur capitale à l’abri
de l’ennemi. Entrer dans Pétra. Une longue marche digne de Mao Tsé
Toung. D’abord, sur un chemin qui longe la Nécropole. Parmi
les édifices funéraires, le Tombeau aux obélisques,
sur la gauche. Quatre stèles en forme de pyramide surmontent une
autre structure, le Triclinium Corinthien, doté de six colonnes
engagées.
- le siq -
Le paysage devient
brusquement très abrupt. Une faille s’enfonce dans le roc. Le Siq,
seule voie d’accès pour atteindre la ville. Un corridor de plus
d’un kilomètre de long pour quelques mètres de large fraie
son chemin entre des falaises pouvant atteindre 100 m de haut. L’érosion
a sculpté dans ce grès rose des formes étonnantes
qui jouent allégrement avec la lumière. Après une
demi-heure de promenade géologique qui s’étale et tend à
faire oublier au visiteur ce qu’il fait là, apparaît, à
travers les formes découpées de la roche, la vision d’une
façade classique rose taillée dans le roc. |
 |
- le khazneh
-
C’est l’instant
magique, la découverte dont chaque visiteur sent avoir la primeur:
le Khazneh. Le plus célèbre des monuments de Pétra.
L’image est devenue un stéréotype, usée dans les cartes
postales, les magazines, chez Tintin (Coke en Stock) et Indiana
Jones (et la dernière croisade) mais on ne s’en lasse pas.
En arabe, Khazneh
signifie trésor. Le terme n’est sans doute pas exagéré.
Tant pour la merveilleuse façade d’inspiration corinthienne avec
deux niveaux de colonnes, que pour son intégration totale dans le
roc avec ses salles intérieures aux teints multicolores naturels.
Certains espèreront y trouver un coffre plein de doublons espagnols.
Ils seront peut être déçus. En revanche, l’urne surmontant
le fronton aurait accueilli le trésor d’un pharaon égyptien.
C’est du moins ce qu’affirme la légende. Inutile pour autant de
se lancer à l’escalade, les Howard Carter en herbe devront aller
chercher ailleurs.
- la ville basse
-
Passé le
Khazneh, le Siq bifurque à droite et tend progressivement à
s’élargir. Nous voila dans la ville basse. Sur la paroi de
droite, encore des tombeaux. Certains sont simplement installés
dans des grottes, d’autres, plus monumentaux. Façades très
intéressantes: On retiendra la présence redondante du motif
de l’escalier sur les frises.
Sur le coté
gauche se dégage le grand Théâtre, très
restauré dont les gradins ont été taillés dans
le roc. L’espace devient de plus en plus vaste et, toujours à gauche,
après le théâtre, le Cardo Maximus, grande avenue
rectiligne pavée, ponctuée par un Arc de Triomphe
et les ruines du Qasr el Bint, qui, comme son nom (château
de la fille) ne l’indique pas, est un temple.
- la khubta -
Dans la direction
opposée du Cardo, de magnifiques tombes ont été sculptées
sur la falaise de la Khubta. Le Tombeau à l’Urne,
qui servit, en 447, de cathédrale, le Tombeau Corinthien,
l’immense Tombeau à Etages, avec la plus grande façade
de Pétra étalée sur cinq niveaux, et le Tombeau
de Sextus Florentinus. Du tombeau de l’Urne, une excursion assez difficile
permet d’atteindre le Haut Lieu de la Khubta, duquel on peut apprécier
une vue extraordinaire que le Siq et le Khazneh. |
 |
| Au delà du
Qasr el Bint, les falaises se resserrent. C’est l’extrémité
de la ville basse avec les musées de Pétra dont les salles
sont, elles aussi taillées dans le roc, et les cafétérias.
- le deir -
C’est là
aussi que commence le chemin qui mène au Deir. L’ascension
des 800 marches est légendaire. Elle peut se faire à dos
d’âne. L’équidé se faufile en se dandinant sur des
corniches vertigineuses qui rappelleront les montagnes russes aux uns,
Vertigo de Hitchcock aux autres, sans oublier les films catastrophes des
années 1970. Les moins courageux continueront l’ascension à
pied et profiteront des panoramas spectaculaires (surtout avec une lumière
d’après midi). Au bout d’une heure de plaisir ou de calvaire (au
choix), le sommet. Une vaste esplanade. Il faut se retourner pour voir
ce grandiose édifice rappelant le Khazneh, en plus colossal (plus
de 40 m de haut, 45 de large) et moins décoré. Cetains le
pensent inachevé. On ignore sa fonction précise. Son nom
n’en est pas plus indicatif, puisque Deir signifie monastère. En
marchant en peu plus loin, on découvre un panorama grandiose sur
les montagnes de la Araba, si bien que notre ami Ralph se prend
à chanter «I'm the king of the world!».
La visite de Pétra
est, on l’aura vu une expérience remarquable qui vaut à elle
seule le voyage en Jordanie. Le site attire justement de plus en plus de
touristes que l’augmentation constante du doit d’entrée n’est pas
prête de freiner. Révolu est le temps ou le voyageur pouvait
méditer dans la solitude des pierres en compagnie des seuls bédouins.
Encore que les hauts lieux (qui ne sont pas tous cités ici) dont
l’ascension demande des efforts physiques seront toujours moins fréquentés
que les artères principales.
La surpopulation
de Pétra préoccupe tant l’Unesco que les autorités
locales. Ces dernières avaient tenté de commencer par déloger
les bédouins pour libérer la place, en les installant dans
les habitations modernes en dur. Echec annoncé. Les bédouins
ont toujours vécu entre les ruines de Pétra et les montagnes
de la Araba et ne sont pas prêts de changer leur mode de vie ancestral
pour laisser la place aux étrangers... |
 |
- la petite pétra
-
Moins visités,
car moins grandioses, sont les sites des environs, El Beidha et
le Siq el Bared. Le 1er est un site néolithique d’une importance
capitale mais qui sera difficile à lire pour ceux qui n’ont pas
une imagination débordante. Le second, est une cité nabatéenne
qu’on appelle aussi la Petite Pétra. Un défilé
(Siq) s’enfonce entre les parois rocheuses dans lesquelles ont été
taillés des édifices en triclinium assez similaires à
ceux de Pétra. Toutes proportions gardées. Certains sont
décorés de fresques à l’intérieur. |
| Nous sommes arrivés
au Siq el Bared après le coucher du soleil. L’accès était
fermé mais le gardien a accepté de l’ouvrir. Découvrir,
dans la solitude de la nuit, les façades fantomatiques à
la lueur de la lune et des torches électriques fut une expérience
insolite couronnant magistralement une journée qui restera dans
les mémoires. |
| 1999-2005,
Baron & Baron, tous droits réservés. >>
CONTACTEZ NOUS |
|