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ALLER / VENIR |
| Deux
routes permettent de rallier Amman à Qasr el Azrak. Celle de
Zarka,
au Nord, qui passe par Qasr el Hallabat, et celle du Sud qui passe par
Qasr el Kharaneh et Qusayr Amra, les deux point forts du parcours. |
| Depuis
la frontière syrienne, il est possible, il est possible de
couper
par la route de Bagdad. C’est ce que nous étions sensés
faire,
sauf que notre chauffeur a confondu Azrak (en arabe, bleu au masculin)
avec Zarka (en arabe, bleu au féminin), à 100 km
d’écart. |
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DORMIR |
| Au Rest
House de Azrak des bungalows sont disposés autour d’une
piscine.
Seul hôtel à 100km à la ronde doté de
chambres
avec salles de bains. Très agréable quand on ne cherche
pas
la petite bête. L’autre adresse du coin est le Hunter Hotel,
que nous n’avons pas essayé. |
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MANGER |
| Le
restaurant du Rest House cité plus haut permettra de se
nourrir
simplement. Service assuré par un personnel d’un age canonique. |
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LIRE |
RECITS
Bédouins
et paraboles, Amjad Nasser, Qantara, 38, hiver 2000-2001. |
ART
& ARCHITECTURE
Mshatta,
a Caliph's Palace, excellent feuillet (en anglais)
édité
par les Musées de Berlin. On se le procure au Pergamon Museum,
pour
quelques sous qu’il faut déposer dans une boite à
l’entrée. The
Art and Architecture of Islam, Richard Ettinghausen et Oleg Grabar,
Pelican History of Art. |
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| Les
Arabes ont toujours
entretenu un rapport particulier avec le désert. Même
sédentarisés
dans de grands centres urbains, ils éprouvent une attirance (par
ailleurs explicable) pour ces vastes étendues. Les palaces qui
poussent
dans les dunes des Emirats Arabes Unis, dans les environs de
Dubaï,
sont là pour le prouver. |
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| La
portion de territoire
située entre Amman et la frontière irakienne est ainsi
jalonnée
de châteaux en majorité bâtis par les princes
omeyyades.
Les lieux étaient alors moins arides qu’ils ne sont aujourd’hui.
La disparition progressive de l’Oasis d’Azrak, encore qualifiée
de Petite Camargue il y a quelques années, en est
révélatrice.
Ces petits châteaux sont des résidences secondaires, des
lieux
de détente et de plaisir, à l’écart de l’agitation
de la ville et des rigueurs du clergé. Le seigneur pouvait y
pratiquer
la chasse, recevoir ses amis, organiser des concerts dans ses
appartements,
voire plus. L’usage de ces lieux s'apparente un peu aux châteaux
français qui fleurirent aux XVIe et XVIIe siècles.
Contrairement à leurs homologues de Syrie (Qasr el Heyr el
Sharqi,
Qasr el Heyr el Gharbi, Qalaat el Rabbeh), les châteaux du
désert
jordanien ne sont pas à usage défensif.
Qasr
el Azrak
est l’exception qui confirme la règle. Cet ensemble
fortifié
était destiné à protéger l’Oasis d’Azrak,
un
point d’eau important. Utilisé par les romains, par les
Omeyyades
puis par Lawrence d’Arabie, on ne peut cependant le comparer aux grands
exemples de l’architecture militaire que compte le pays (Kerak,
Shawbak,
Ajlun...). Ses proportions sont modestes et son emplacement ne
constitue
ni un nid d’aigle, ni une place forte naturelle. Qasr el Azrak a
été
construit en basalte noir, ce qui le rapproche des architectures du
Hauran
Syrien. Divers corps de bâtis, dont la tour à
l’entrée
et la mosquée dont on peut distinguer le mihrab en direction de
la Mecque, se repartissent autour d’une cour. C’est en levant les
yeux qu’on peut admirer la plus belle originalité architecturale
de ce château, ses plafonds. Des énormes blocs de pierre
sont
placés en encorbellement, et remplacent ainsi les poutres, le
bois
étant difficile à dénicher dans le coin. Deux
autres
détails intéressants, à l’entrée: des
inscriptions
en grec, et le gardien qui à l’air aussi vieux que les pierres
qu’il
habite.
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A
une quarantaine
de kilomètres au sud ouest de Azrak, en revenant sur Amman,
apparaît,
dans l’immensité du désert, ce qui pourrait être
une
petite villa. Qusayr Amra frappe en premier par ses modestes
proportions.
Parler de château serait du hors sujet. La façade
extérieure
de Quasyr Amra n’est aucunement fortifiée et annonce la
qualité
résidentielle de cette propriété des souverains
Omeyyades.
L’intérieur est en plan basilical, une salle de réception
composée d’une nef centrale et de deux nefs latérales
précède
un petit salon (ou trônait le souverain) entouré de deux
alcôves.
Les murs et les plafonds sont entièrement couverts de fresques
uniques
dans l’histoire de l’art islamique. Ces peintures dont la technique a
été
héritée de la tradition romano-byzantine comportent des
scènes
de chasse et des fêtes galantes, dont plusieurs exemples de nus
féminins.
Elles intègrent des représentations de figures humaines
et
animales habituellement bannies dans le monde islamique. Cette
exception
est due à la chronologie: l’interdiction de la
représentation
de figures vivantes date de la Dynastie Abbasside, postérieure
aux
Omeyyades qui étaient beaucoup plus tolérants. Les
fresques
de Qusayr Amra sont révélatrices de l’ambiance pour le
moins
détendue et peu austère qui pouvait régner au sein
de cette cour en villégiature.
Les
salles de réception
sont reliées par une porte à des bains, autre
héritage
romain. Les trois petites salles (tepidarium et caldarium)
voûtées
sont également couvertes de fresques. La plus remarquable
étant
celle de la dernière, dont la coupole est couverte d’un ciel
astrologique,
avec des signes du zodiaque de la mythologie gréco-romaine. |
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| Qasr
el Kharaneh,
à une demi-heure de route vers Amman, ne dispose pas d’un
décorum
aussi riche. Il ne s’agit pas d’une résidence princière.
L’extérieur de cet ensemble quadrangulaire, ses murs et ses
tours
d’angle, indique une vocation défensive. La disposition
intérieure
semble contredire ce discours. Les écuries placées
près
de l’entrée et les diverses salles évoquent davantage un
relais caravanier. Les détails de l’architecture de khan du
désert
aux allures de mini forteresse sont intéressants. Certaines
pièces
ont été restaurées, avec un peu trop de
zèle.
Du toit, vue intéressante sur le désert de la platitude
n’est
interrompue que les pylônes électriques.
En
contrebas de l’Aéroport
International de Amman, peu de visiteurs se rendent à Qasr
el
Mshatta, qui fut pourtant le plus vaste et le plus important de ces
châteaux. Il n’y a plus grand chose à voir ici, si ce
n’est
les murs d’enceinte et de la salle du trône du Calife. Les
remarquables
murs sculptés de la façade ont été
démontés
au début du siècle et transférés au
Pergamon
Museum de Berlin. Admirable décoration de motifs
végétaux
rythmés en figures triangulaires. Ce chef d’œuvre a
échappé
de peu aux bombardements alliés de 1945, une partie de la salle
dans laquelle il est conservé s’était alors
écroulée...
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