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ALLER / VENIR |
| La
chapelle des Scrovegni se trouve sur l’ancienne arène romaine de
Padoue, corso Garibaldi, à 5 minutes à pied de la gare. Elle
est ouverte au public tous les jours sauf le 1er janvier, le 1er mai, le
15 août, le 25 et le 26 décembre. Le billet donne accès
au musée des Eremitani qui lui, ferme les lundi. |
| Les
visites se font sur réservation, sur place à la billetterie
du Museo Civico Eremitani, ou sur internet (voir plus bas). Les entrées
ont lieu toutes les demi-heures, entre 9h et 19h (18 de novembre à
février) et la visite dure 30 minutes: 15 minutes d’attente dans
un sas de décontamination et 15 minutes seulement dans la chapelle! |
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DORMIR |
| Par
beau temps, rien ne vaut une bonne sieste dans le jardin de l’Arena! |
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ACHETER |
| La
boutique-librairie du Musée des Eremitani est bien achalandée. |
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LIRE |
| Giotto,
les fresques de la chapelle Scrovegni de Padoue, Giuseppe Basile,
ed. Seuil / Skira, 2002. Monographie officielle, réalisée
par l’ICI (l’Institut de restauration de Rome), sur la restauration des
fresques de la chapelle Scrovegni de Padoue. |
| Parmi
les nombreuses monographies de l’artiste, citons le Giotto
de Francesca Flores d’Arcais, ed. Actes Sud / Motta, 2000, un ouvrage bien
écrit avec une belle mise en page (format compact agréable)
et une bonne iconographie, et, en italien, Giotto vis a vis,
Lorenzo Capellini et Roland Recht , ed. Umberto Allemandi, 2002. |
| INTERNET |
| Giotto
agli Scrovegni, site officiel du ministère de la culture,
avec des documents en italien et en anglais sur l'iconographie et la restauration.
Capella
degli Scrovegni, autre site offciel, de la commune, pour réserver
ses billets d'entrée. |
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| La chapelle des
Scrovegni de Giotto (1) est une des réalisations les plus magistrales
de l’histoire de l’art occidental. Ce cycle de peintures murales réalisées
au début du XIVe siècle présente une unité
et une cohérence inouies, une gamme de couleurs d’une rare vivacité
et des figures dotées d’une grande force expressive. |
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| Tout cela se trouve
dans une modeste chapelle (2) vaguement gothique construite sur le terrain
de l’ancienne arène romaine de Padoue à la demande d’un riche
mécène, Enrico Scrovegni. Aujourd’hui, l’édifice serait
passé inaperçu, s’il n’avait pas été greffé
d’une structure en verre moderne rappelant l’architecture de Mies van der
Rohe. Cette boite transparente s’ouvre toutes les 30 minutes aux visiteurs
ayant retiré un billet d’entrée. Ces derniers peuvent alors
s’installer dans des fauteuils et patienter un quart d’heure dans un espace
climatisé, aseptisé et pourvu d’écrans vidéo
sous le regard ébahi des promeneurs restés dehors qui se
demandent ce qui se passe. Il se passe que toute personne souhaitant visiter
la chapelle des Scrovegni doit passer 15 minutes dans ce sas de décontamination
afin que la température de son corps s’aligne à celle de
l’intérieur de la chapelle pour préserver la conservation
des fresques. |
| C’est l’heure! Tout
le monde s’engouffre dans une passerelle. On se croirait en train d’embarquer
à bord d’un avion, mais une fois franchie la porte, on arrive directement
au ciel!!! Le choc visuel est rude, même pour ceux qui ont vu et
revu les reproductions des oeuvres de Giotto. On entre dans une chapelle
à nef unique entièrement tapissée de peintures dont
les couleurs sont en remarquable état de conservation. Les dimensions
modestes de l’espace permettent aux spectateurs d’avoir un contact assez
intime avec les peintures. Giotto a rempli un programme complexe couvrant
les anciens et nouveau testament. Les scènes se déroulent
sur les deux parois latérales, presque symétriques (Giotto
a du faire un léger décalage pour jongler avec les fenêtres)
de la chapelle et sont découpées en tableaux par des cadres
en trompe-l’œil. Cette composition suit une logique chronologique, de la
vie d’Anne et de Joachim à celle du Christ, dans le sens horizontal
et de haut en bas, comme une bande dessinée géante. |
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| Nombreux sont les
historiens qui s’accordent à trouver en Giotto l’inventeur de la
peinture italienne. Sa peinture se distingue de ce qu’on appelle la ‘maniera
graeca’ (3), c’est à dire le style byzantin, ou les figures ont
l’air de flotter dans un univers céleste ou baigne une irréelle
lumière dorée. Les personnages de Giotto ont quelque chose
de naturel, de profondément humain. Regardez les ‘seconds rôles’,
comme la fileuse de l’Annonciation à Saint Anne, ou le buveur
de vin dans les Noces de Cana. Le peintre a cherché à camper
ses scènes dans un environnement terrestre qui puisse, tant que
possible, être crédible. Evidement, les architectures semblent
trop petites par rapport aux personnages, mais elles jouent leur rôle
de décor théâtral, comme la maison d’Anne, dans l’Annonciation
citée plus haut, dont la paroi a été retirée,
comme dans une maison de poupée, pour qu’on puisse voir ce qui se
passe à l’intérieur. Autre geste théâtral dans
le même tableau, l’ange qui traverse le mur, certains auraient dit
‘mais vous êtes en pleine science fiction!’. |
| La scène
la plus expressive est sans doute le Baiser de Judas (détail
ci-dessus), dans laquelle Giotto s’est passé de décor architectural.
Une foule de personnages, qui semblent se prolonger dans le ciel par des
lances, s’agite autour du couple Christ / Judas. Les deux hommes, de profil,
s’affrontent dans un face à face intense. Le Christ, grave mais
serein, a le corps enveloppé par la tunique de son fourbe interlocuteur.
Giotto ne fait pas que narrer une histoire. Il transmet des émotions. |
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| Le peintre a, comme
nous l’avons dit plus haut, divisé ses murs en tableaux rectangulaires,
séparant ces derniers par des faux cadres. On retrouve dans cette
structure parergonique (4) tout un langage de formes et de matières.
Faux marbres polychromes, entrelacs gothiques, dallages, têtes de
prophètes dans des fenêtres polylobées, l’illusion
visuelle est complète. Pas un seul centimètre carré
n’est laissé en réserve. En dessous du niveau inférieur,
Giotto a dessiné une bande en imitation de marbre dans laquelle
s’insèrent, de chaque coté, 7 figures allégoriques
peintes en grisaille (5). Il s’agit des 7 vertus (à droite) et des
7 pêchés (à gauche)... Et puis, last but not least,
on ne peut s’empêcher d’admirer les ‘chapelles secrêtes’, peintes
sur les parois de l’arc qui encadrent l’autel. Des fenêtre ouvrant
sur des espaces illusionnistes un siècle avant la Renaissance, on
rêve... Mais il est impossible de prendre son temps pour examiner
tout ça. 15 minutes après être entrés, il est
temps de ressortir! Pour aller reprendre un autre billet pour une autre
visite de 2 x 15 minutes... |
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- la Chapelle
des Scrovegni, mode d’emploi (6) -
niveau supérieur,
mur de droite - vie d’Anne et de Joachim
de gauche à
droite: Joachim chassé du Temple, Joachim parmi les bergers,
l’Annonce à Sainte Anne, Sacrifice de Joachim, Songe de Joachim,
Rencontre d’Anne et de Joachim à la Porte Dorée.
niveau supérieur,
mur de gauche - vie de la Vierge
de gauche à
droite: Naissance de la Vierge, Présentation de la Vierge au
Temple, Remise des verges, Prière pour la floraison des verges,
Mariage de la Vierge, Cortège Nuptial.
niveau intermédiaire,
mur de droite - vie du Christ
de gauche à
droite: Nativité et Annonce aux bergers, Adoration des Mages,
Présentation au Temple, Fuite en Egypte, Massacre des Innocents.
niveau intermédiaire,
mur de gauche - vie du Christ
de gauche à
droite: Christ parmi les docteurs, Baptême du Christ, Noces de
Cana, Résurrection de Lazare, Entrée à Jérusalem,
Le Christ chassant les marchands du Temple.
niveau inférieur,
mur de droite - vie du Christ
de gauche à
droite: Cène, Lavement des pieds, Baiser de Judas, Christ devant
Caïphe, Flagellation.
niveau inférieur,
mur de gauche - vie du Christ
de gauche à
droite: Montée au Calvaire, Crucifixion, Descente de Croix, Noli
me Tangere, Ascension, Pentecôte.
bordure en imitation
de marbre peint, mur de droite - les sept vertus
Prudence, Force,
Tempérance, Justice, Foi, Charité, Espérance.
bordure en imitation
de marbre peint, mur de gauche - les sept pêchés
de gauche à
droite: Sottise, Inconstance, Colère, Injustice, Infidélité,
Envie, Désespoir.
Autel
dans l’arc: Dieu
le Père entouré des anges. De part et d’autre du chevet,
de haut en bas et de gauche à droite, Annonciation (Ange
à gauche, Vierge à droite) ; Trahison de Judas et Visitation,
Coretti
(chapelles secrètes en trompe-l’oeil).
Contre Façade
(autour de la porte)
Jugement dernier
(seules quelques figures seraient de la main de Giotto) |
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| (1) Giotto, peintre
et architecte florentin, né à Vespignano en 1267 ou 1276
(ce n’est pas une blague), mort le 8 janvier 1337. Il est l’auteur de deux
cycles de peintures d’une importance capitale: la Basilique de Saint François
d’Assise et la Chapelle des Scrovegni à Padoue. Si le premier est
plus ambitieux, notamment dans ses dimensions, le second est plus compact
mais aussi plus cohérent. |
| (2) Certains historiens
attribuent la construction de la chapelle à Giotto. Rappelons que
son oeuvre architecturale la plus marquante est le Campanile de la Cathédrale
de Florence. |
| (3) Pour en savoir
plus sur les rapports complexes entre Giotto et la maniera graeca,
cf. André Chastel, l'Italie et Byzance, ed. de Fallois, 1999,
notamment "Rapport entre la peinture italienne et la Maniera Graeca",
p. 71 et "Giotto à Padoue, l'Arena", p. 110. |
| (4) Parergon, ce
qui est autour de l'oeuvre d'art, le cadre. cf. Jacques Derrida, La
Vérité en Peinture, ed. Champs-Flammarion et Jean-Claude
Lebensztejn, Annexes - de l'oeuvre d'art, ed. La Part de l'Oeil,
1999. |
| (5) La grisaille
est une technique de peinture monochrome donnant l’illusion que la peinture
est une sculpture en bas relief. Andrea Mantegna est passé maître
dans ce style minéral et monumental inspiré de l’Antique. |
| (6) Les murs sont
décrits de gauche et de droite par rapport à l'entrée
de la chapelle. |
| 2002-2003,
Ministero per i beni e le Attivita Culturali / Istituto Centrale per il
Restauro, Commune di Padova, Baron & Baron, tous droits réservés.
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