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ALLER / VENIR |
| Que votre point de départ soit l'Inde
ou le Pakistan, vous trouverez, sans peine, toutes sortes de transports
publics qui se feront une joie de vous y emmener. Possiblité de
prendre un taxi (aller-retour) si l'on désire echapper à
la foule. |
| Ceux qui veulent franchir la frontière
peuvent le faire en cours de journée. Les contrôles des
véhicules étant longs et laborieux, il est recommandé
de prendre un moyen de transport jusqu'au poste frontière, de traverser
le No man's land à pied, puis de reprendre un autre moyen de transport
dans le pays d'arrivée. |
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DORMIR |
A LAHORE
Situé en dehors de la ville, le Lahore Country Club est un des endroits les plus
agréables qui soient. Architecture de style colonial, jardin,
piscine, chambres confortables et prix pas aussi excessif que ça
pour un établissement de cette catégorie. Ceux qui préfèrent
loger dans le centre payeront plus cher au Holiday Inn sans avoir plus. Hôtel assez
standardisé sans charme particulier, mais convenable, ce qui est
quand même important dans ce genre de pays. |
A AMRITSAR
Les hôtels d'Amritsar ne cassent pas des briques et nous en
parlerons dans notre page consacrée à cette ville. |
| > LIRE |
| Theater of War Every Evening at the Pakistan-India Border,
Jean-Herve Deiller, Things Asian, un reportage sur Wagah Border.
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Wagah Border
Unique point de passage terrestre entre l'Inde et le Pakistan, jusqu'a
l'ouverture, en avril 2005, de la liaison Srinagar-Muzaffarabad dans le Cachemire. Seule porte ouverte,
parfois entrouverte ou même fermée, selon les développements
des relations en dents de scie entre les deux frères ennemis du
sous-continent. Nous sommes dans l'état du Punjab, ou plutôt
à la frontière entre les deux Punjab, l'indien et le pakistanais,
à mi-chemin entre deux des cités les plus illustres d'Asie:
D'un côté, Lahore, capitale historique du Punjab et capitale
de l'état pakistanais éponyme, fière de son passé
moghol, ses mosquées et ses jardins de Shalimar. De l'autre, Amritsar,
capitale du Sikhisme, fabuleux Temple d'Or. Mais Amritsar privée
du statut de capitale d'état au profit de la grisatre Chandigarh.
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Les postes frontière sont toujours des endroits au bout
de nulle part.
Normal, la frontière est le bout, l'extrêmité
d'un pays. C'est la ou la route s'achève et ou une autre commence.
Il y a les frontières entre pays amis (Etats Unis - Canada), celles
ou les pays sont tellement amis entre eux qu'on les a abolies (Espace Shengen).
Il y a les frontières entre riches et pauvres (USA - Mexique),
les frontières entre pauvres et pauvres (en Afrique sub-saharienne).
Et il y a les frontières entres les pays qui ne s'aiment pas beaucoup.
Ces dernières sont de loin les plus croustillantes.
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Je t'aime, moi non plus
Alors on passe ou on ne passe pas? Bonne question. Dans la typologie
des frontières entre pays qui ne s'aiment pas beaucoup, il y a
celles qui sont hermétiquement fermées, comme la Porte de
Fatma, séparant le Liban sud de la Galilée israelienne. On
se regarde de part et d'autre d'une grille métallique, parfois on
se provoque, mais chacun reste chez soi. Il y a celles, comme la frontière
arméno-turque, dont personne ne sait si elle est ouverte ou fermée.
Il y a enfin celles qui sont ouvertes, et qui ont, comme au point de passage
de Ledra Palace (1) à
Nicosie, des règles très précises qui évoluent
avec le temps (2). On trouve
à cet endroit une propagande visuelle haute en couleur. Surenchère
verbale et graphique. C'est là que nous revenons à notre sujet
initial, Wagah.
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Les deux faces du mirroir brisé
Il y a ceux qui vont à la frontière pour traverser,
et il y a ceux qui vont pour regarder. Au lieu d'aller au théâtre,
au cinéma ou à une exposition d'art contemporain, on va à
la frontière. Activité quotidienne, ambiance et animation
garanties. Tous les après midi, une demi-heure avant le coucher
du soleil, les habitants d'Amritsar et de Lahore se rendent à Wagah
Border. Des tribunes en dure avec tourelles d'inspiration moghole sont installées
de part et d'autre des grilles métalliques. Le public se presse
dessus. Les touristes étrangers sont cordialement invités
à s'installer dans la VIP zone, plus chic. Les "spectateurs" de
ce spectacle qu n'existe pas se regardent mutuellement, comme des chiens
de faience. Inde et Pakistan, Pakistan et Inde, histoire de rancoeurs.
Les nombreux officiers présents ne manquent pas de jouer les chauffeurs
de salle. Notons que l'ambiance et plus "chaude" côté indien,
plus populeuse aussi. Parait que 5000 personnes font le deplacement quotidien.
Les gradins de la partie pakistanaise font preuve d'une plus grande retenue.
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Le spectacle peut commencer
Quelques minutes avant le coucher du soleil, alors que l'excitation
est à son comble et que vous - candide touriste étranger
- vous demandez franchement ce que vous fabriquez dans cette nef de fous.
les gardes nationaux des deux pays défilent avec une synchronisation
étonnante. Militaires vétus de costumes d'apparat. Les armées
indienne et pakistanaise ont en commun ce sens de la grandeur et du décorum
qui fait tache avec le ridicule de la situation. Défilé
militaire pour la relève de la garde. On ouvre les portes simultanément,
ou presque. Si celles du côté indien se sont ouvertes avant
celles du côté pakistanais, les specateurs indiens verront
les armoiries pakistanaises avec étoile et croissont de lune. L'inverse
est aussi possible. Le clou de la cérémonie est la descente
des couleurs. Chaque matin, on hisse les drapeaux, chaque soir on les
baisse. Sublime chorégraphie savament orchestrée, comme
dans Le Lac des Cygnes, ou les deux emblèmes de l'Inde et du Paksitan
glissent lentement et se croisent. C'est très délicat, car
aucun des deux ne doit se retrouver, à aucun moment, plus bas que
son rival. Les conséquences seraient alors terribles... pour le
moral des troupes.
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Chaque jour, ce manège
recommence
Démonstration de force entre les deux voisins? Lieu de propagande
et de défoulement ou chacun vient cracher son venin à la
face de l'autre? Promenade du dimanche quotidienne pour citadins qui n'ont
rien d'autre à faire (si ils habitaient à Beyrouth, ils
auraient glandé sur la Corniche?)? Wagah Border c'est tout ça
et c'est rien. Un endroit ou deux peuples communiquent bizarrement. Malgré
la haine, il faut quand même souligner l'incroyable coordination
indo-pakistanaise. Ce cirque n'aurait eu aucune raison d'être si
il ne se déroulait que d'un seul côté de la frontière.
Ce travail avec et contre l'autre, cette envie de le voir pour l'ignorer
témoigne de la schizophrénie quasi hystérique qui anime
les relation entre deux états et deux peuples. Je t'aime moi non
plus.
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NOTES
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(1) N'est pas considéré
comme une frontière légale car la "République Turque
de Chypre du Nord" n'est pas internationalement reconnue.
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(2) cf. nos pages
sur Chypre
et Nicosie.
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| 2004-2005,
Baron & Baron, Claude Abou Chedid, Sary Tadros (texte),
Claude Abou Chedid (photos), tous
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