| Récit de voyage
rédigé par Claude Abou Chedid pour Baron & Baron. |
2e partie du voyage, Amritsar
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des etats du Punjab et de l'Haryana. |
| A suivre: Le Ladakh et Srinagar |
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Inde
août 2004, 2e partie:
Amritsar et Chandigarh
Le Temple d’Or, lieu saint et de rassemblement du sikhisme
se
trouve dans le centre d’Amritsar. L’arrivée se fait par un
dédale
de ruelles dans la pénombre de la nuit tombée. Je ressens
la
même misère qu’à Bénarès. Notre
rickshaw
déambule dans ces ruelles sinistres en évitant les
passants,
les vaches ou tout simplement les monceaux de détritus. Nous
sommes
devant un grand portail. Il nous faudra se déchausser,
chaussettes
comprises, se couvrir la tête, hommes compris, se laver les pieds
dans
un bassin à cette intention avant de pouvoir poser ses orteils
sur
le marbre immaculé. Quelques marches plus bas, souffle
coupé,
nous réalisons où nous sommes.
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1. Amritsar, temple d'or
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Au
milieu du lac, un temple tout d’or bâti, scintille. Tout autour
du lac une allée avec arcades en marbre blanc se reflète
dans le lac à la lumière de la lune. Une musique
émane du temple et accompagne nos pas. Une foule glisse en
silence vers la passerelle qui mène au temple. Ça et
là des gardiens en tenue orange au turban bleu nuit, portant une
lance, font les cent pas. Une fois le portique passé, nous
poursuivons vers l’entrée du temple où se trouve le livre
Saint. Ce livre est ouvert tous les jours à deux heures du matin
pour être refermé
vers dix heures du soir. Ces manifestations suscitent quotidiennement
une
dévotion des plus profondes.
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2. Amritsar, temple d'or
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A
l‘entrée, chaque personne faisant attention de ne pas poser
son pieds sur la margelle,
s’agenouille et embrasse le pas de porte. Une fois la porte franchie,
nous découvrons une splendeur de décor ainsi qu’une
croyance
et une ferveur contagieuses. Dans un coin de la salle, des musiciens
accompagnent
les prêtres. Tabla, cithare, luth et autres instruments de
musique
indiens bercent et encouragent à la dévotion. Des
prêtres
aux longues barbes en tunique et enturbannés de leur foulard
bleu
sont assis en tailleur autour du livre Saint. Ce dernier de taille
anormalement
imposant, trône sous un dais aux broderies chatoyantes.
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3. Amritsar, temple d'or
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Ils
psalmodient des incantations tandis que les fidèles les
entourent assis en tailleur et mains jointes.
Les hommes et les femmes ne sont pas séparés et tout
autour
de la salle unique de ce temple, les croyants sont accroupis sur le
marbre
travaillé. La musique nous berce, le miroitement de l’eau sur le
lac nous transporte. Il y a des moments, comme celui-ci, que l’on
voudrait
graver à jamais dans sa mémoire.
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4. Amritsar, temple d'or
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Une
demi-heure plus
tard,
le livre est emballé de plusieurs couches de draps et recouvert
d’un
brocart rose. Il est ensuite posé sur un dais que les
fidèles
porteront à tour de rôle tout au long de la passerelle
où
il est ensuite déposé en dehors du temple d’or. Au son
d’un
gros tambour, le livre Saint est déposé dans un temple en
marbre blanc construit à cet effet. Un bruit sec. Ce sont les
lourdes
portes de la passerelle qui mènent au temple d’or qui se
referment
pour la nuit. Scintillant au milieu du lac, il a retrouvé sa
solitude,
son calme et ne reviendra à la vie que vers deux heures du
matin.
Les fidèles se dispersent et se dirigent vers les cuisines qui
distribuent
des repas gratuits tout au long de la journée et de la semaine.
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5. Amritsar, temple d'or
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Les
couleurs vives des saris scintillent et se reflètent sur le
marbre blanc. Les orangés font la réplique aux turbans
bleu nuit de ces sikhs si fiers.
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6. Amritsar, temple d'or
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Jour
IV, 11’08’04 : Amritsar
Ce même dédale de ruelles nous semble bien moins glauque
que la veille au soir. La vie courante rythme les bruits et les odeurs.
Un ferronnier jouxte un restaurant de rue. Plus loin, un barbier
s’acharne sur son client. Au milieu du chemin, les transporteurs de
ballots de toutes sortes tirent sans broncher leurs cyclopousses
chargés bien que
suants et luisants.
En habitués des lieux, nous nous déchaussons, nous nous
couvrons la tête, lavons nos pieds. Ce rituel accompli, nous nous
précipitons à la découverte du temple scintillant
cette fois ci, sous le soleil. C’est une tout autre ambiance, bien
moins
fervente mais plus mouvementée en activités diverses. Les
rénovations vont bon train, une flopée de femmes en saris
multicolores est en équilibre sur des échafaudages pour
gratter
les enduits. En levant les yeux nous remarquons que les hommes sont eux
perchés
encore plus haut sur les terrasses des temples.
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7. Amritsar, temple d'or
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C’est
du travail en cadence dans la bonne humeur. Plus loin les cuisiniers
s’activent aux fourneaux tandis que les femmes dégraissent au
sable noir des milliers d’écuelles. Nous refaisons le même
parcours que la veille, retraversons la passerelle qui nous mène
à l’entrée du temple gardée par ces vieux sikhs
aux longues barbes et à la fière allure. Certains sont
terrifiants, d’autres posent fièrement devant la caméra.
La foule étant moins dense que la veille, cela nous permet de
monter au premier étage et d’admirer les magnifiques murs et
plafonds peints de minutieux détails. Nous nous trouvons enfin
sur le toit du temple, éblouis par les coupoles toutes d’or
vêtues. A la sortie du temple, au bout de la passerelle, un
préposé m’offre un morceau de pâte,
l’équivalent de l’hostie pour la religion chrétienne.
Devant ce garde imposant, à la tunique orange et au regard
perçant, comment refuser de tendre les mains pour recevoir cette
sorte de bouillie d’un beige indéfinissable et bien grasse ?
Sous son regard mi-amusé, mi-intransigeant, je joins mes trois
doigts à la manière
indienne et englouti un morceau de cette pâte. Qu’elle ne fut pas
ma surprise de constater qu’en fait de bouillie, cette pâte n’est
autre que de la semoule, du beurre et du sucre.
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8. Amritsar, temple d'or
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Le
grand tour autour du lac nous permet de nous imprégner des lieux
mais surtout d’admirer la beauté des gens qui nous entourent.
Ils ont fière allure avec
leur turban et leur barbe. Ils ont des regards amusés à
nous
voir déambuler parmi eux. A la différence des hindous,
aucun
encens, aucune fleur, tout est dans la gestuelle. Tout cela pour
regrouper une dignité et une fierté si chères
à ce peuple sikh.
Un départ en bus «deluxe», bien moins folklorique
que le trajet entre Delhi et Amritsar, laisse la ville Sainte bien loin
derrière nous pour nous faire découvrir Chandigarh.
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9. Amritsar, temple d'or
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Jour
V, 12’08’04 :Chandigarh - Leh
Une première impression de vide. Des avenues trop grandes,
trop droites, trop réglementées, quadrillent la ville en
secteurs bien trop réguliers. C’est bien loin du fourmillement
que
l’on ressent à l’entrée des villes indiennes. Cette ville
n’est pas adaptée à leur mode de vie. A croire que Le
Corbusier,
créateur de cet agencement, n’a pas pris en considération
leur façon d’être. Le tempérament, la culture et la
façon de vivre de ce peuple ont été
oubliés.
Quelques monuments gouvernementaux dans le district 1 retracent bien le
génie de Le Corbusier. Le reste forme malheureusement une ville
sans âme dénuée de tout caractère. Rien ne
nous
touche, et nous n’admirons en rien ces allées majestueusement
propres
à une ville occidentale. Une des attractions de cette ville, le
Rock Garden, jardin crée par un artiste reconnu sur le tard. Une
série de statuettes modelées en poterie et en morceaux de
céramiques. L’ensemble forme un jardin intéressant qui
mérite
de s’y perdre mais sans plus toutefois. Départ de Chandigarh
sous
un ciel gris et une pluie battante. Sans regrets aucuns.
Le survol de Chandigarh confirme notre sensation d’échec. Les
districts bien séparés en allées rectilignes et
avec une symétrie parfaite sont bien visibles. Les
bâtiments de Le Corbusier ont plus belle allure vus de haut.
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RÉCIT DE VOYAGE
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| Texte:
Claude Abou Chedid, Photos: Claude Abou Chedid (2, 3, 5, 6), Sary
Tadros dit Stad (1, 4, 7, 8, 9) |
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