| > ALLER / VENIR |
| Très important avant tout, se
munir d'une bonne carte de la ville (on trouve les Eicher
dans les kiosques) pour se
repérer. Pour le reste, voir
notre page Delhi |
| > DORMIR |
| La palette hôtelière de
New Delhi est très riche et propose toutes les extrêmes,
du meilleur au pire. Dans cette dernière catégorie, on a
l’embarras du choix. L’Inde est réputée pour une certaine
saleté et dans de nombreux établissements, le
ménage
n’a pas du être fait depuis la naissance de Mahatma Gandhi. Pour
les amateurs de gore, nous avons essayé l’Asian, près de
Janpath: odeurs nauséabondes, bruits inquiétants,
festivals des cafards et autres bestioles, pour ne pas parler du reste. |
Passons aux choses sérieuses.
Notre adresse attitrée à
New Delhi est La Sagrita
(14, Sunder Nagar, tel: 011/24359541, fax: 24356956). Ce quest house
d'une douzaine de chambres occupe la moitié d'une belle maison
face
à un square. L'autre moitié, c'est l'Ambassade d'Espagne.
Le quartier est donc chic, assez central, et l'endroit des plus
agréables.
Accueil (vraiment) adorable, chambres immenses (demander
côté
rue) un peu désuetes mais propres et confortables, salles de
bains
avec baignoires. Le petit déjeuner et autres en cas peuvent
être pris dans le jardin, au pied des palmniers. On se croit
vraiment à la maison. Souvent complet. Si c'est le cas, il y a
deux autres adresses sur Sunder Nagar, le Maharani et le Jukasso Inn.
Nous ne les avons pas essayé, mais ils ont l'air corrects.
|
Qui veut séjourner dans un
cadre exceptionnel (et en a les moyens) descendra à l'Imperial.
La nuit, au sortir de l'agitation de Janpath, une
allée de palmiers illuminés vous mène à une
oasis de luxe et de raffinement. Construit en 1933 dans le style art
déco,
l'Hotel Imperial
est un palace colonial avec des salons tapissés d'oeuvres d'art,
des restaurants somptueux, un jardin verdoyant avec piscine, bref, le
bonheur total.
|
New Delhi compte son lot de palaces 5
étoiles affiliés à des grandes chaines. Tous
proposent un service excellent et une palette de prestations dans un
cadre luxueux, mais aucun n'a le charme de l'Imperial. Le plus
élégant est sans aucun doute l'Oberoi.
Sa façade extérieure austère ne laisse pas
présager l'élégance des salons à la
déco minimaliste, aux senteurs savoureuses et aux meubles et
objets d'arts choisis avec le plus grand soin. Ne pas manquer le
magnifique paravent au bout du hall. L'Oberoi offfe un service
très personnalisé. Autre chaine indienne, The
Park possède un hôtel moderne et très
soigné à deux pas de Connaught Place et en face du Jantar
Mantar. La déco a été revisitée par le
célèbre designer britannique Sir Terence Conran et
l'endroit a gagné en branchitude avec ses parois translucides et
ses pans de murs blancs et roses flashy. Demander une chambre avec vue,
le spectacle est magique! Assez éloigné du centre,
le Maurya
Sheraton
est une apprécié par la jet set locale et internationale.
Bill Clinton compte parmi ses clients. La déco est plus
clinquante et tapageuse. Le Sheraton comporte de nombreux restaurants,
bars et
une grande galerie marchande. Citons, dans le même registre, leTaj Mahal,
le Taj Palace,
l'Intercontinental, Le Méridien
et le très beau Hyatt Regency.
Ces hôtels sont tous très onéreux mais ont peut
espérer, via un voyagiste ou internet, avoir une offre
intéressante.
|
| En dehors du centre ville se trouve
une
nouvelle adresse d'exception, The Manor (77
Friends Colony West).
C'est le concept de "designer
+ boutique hotel"
appliqué à une villa suburbaine avec une déco
ultra contemporaine. Encensé par la presse internationale, cet
endroit très
exclusif (mais pas plus cher que ceux cités plus haut) est le
summum
de la branchitude. |
| > MANGER |
| Les grands hôtels ont les tables
les plus attrayantes de la ville. Il faudra payer en
conséquence, mais ça restera toujours raisonnable par
rapport à un repas équivalent en Europe. Le Spice
Route de l’Imperial Hotel est une adresse exceptionnelle tant pour
sa déco que pour
la qualité de sa nourriture, le tout constituant un
véritable voyage culinaire et architectural à travers
l’Asie. Au Dumpunkht du Sheraton, c'est un décor
palatial (un peu kitsch) et un service exemplaire. Les pages du menu
(une par plat) sont en tissu brodée et sont reliées dans
une boite en métal ciselé. Spécialités de
l’Uttar Pradesh, les plats sont très élaborés. Le
poulet en croûte est mémorable. Clientèle
très élégante, principalement indienne.
Très cher. Au même Sheraton, le Boukhara se
veut plus décontracté avec sa déco en bois. On
sert
des grillades du cachemire à une clientèle huppée
qui
aura préalablement revêtu des tabliers à carreaux.
Nous
avions adoré cet endroit en 1997, mais lors de notre dernier
passage,
en 2004, il nous a déçus. Accueil vraiment pas sympa,
portions
pas généreuses, plats fades et addition très
salée,
le tout sentait l'attrape touriste américain. Très
célèbre
aussi, l’Orient Express, restaurants français du Taj
Palace.
Dans un décor évoquant un wagin de chemins de fer, c'est
un
endroit qui se veut haut de gamme et évidement hors de prix.
Pour
revenir sur terre, sachez que tous les grands hôtels ont un
coffee
shop qui propose souvent, dans un cadre moins prestigieux mais
néamoins
agréable, un buffet gastronomique à un prix raisonnable.
Celui
du Hyatt Regency est très bien, tout comme celui de l'Oberoi qui
offfe des plats vraiment savoureux et un accueil très courtois. . |
Le
quartier de Defence Colony comporte de plus en plus d'adresses sympa et
moins guindées ou l'on peut prendre un verre ou un petit repas.
|
| Pour clôturer le chapitre avec
un
coup de coeur, si n'êtes pas loin de Sunder Nagar à
l'heure
du déjeuner et qu'il fait beau, allez vous installer à
une
des deux tables de la Sagrita, au jardin, et commandez un club
sandwich (avec frites) précédé d'une soupe, et
suivi
d'un thé masala au gingembre. Et puis vous nous en direz des
nouvelles. |
| > BOIRE / DANSER |
| La night life de Delhi a longtemps
été accaparée par les grands hôtels. Une
scène un peu plus alternative est en train de se mettre en place
petit à petit dans des endroits plus conviviaux, avec des dj's
qui animent des soirées dans un mix de tubes indiens et de
standarts internationaux. Ne vous
attendez toutefois pas aux nuits d'Ibiza. L'excellent site internet
W a N a B
u Z Z repetrorie
tout ce qui fait la vie nocturne de Delhi (parties, clubs, bars, disco,
lounge, restaurants) mais aussi culturelle (expos, films, etc.).
Inscription
nécessaire mais gratuite pour accéder au site. Le
responsable
est français et très sympa, n'hésitez pas à
le contacter de notre part. |
A l'heure de l'apéro, offrez
vous un bon whisky (certes c'est le coup
de fusil, mais après une journée dans les bazars, c'est
bien mérité) dans un des bars de l'Imperial Hotel.
|
| > ECOUTER / VOIR |
| L'India International Cultural
Centre (Max Mueller Marg) est un des hauts lieux de la vie
culturelle de
Delhi. Ces lieu, dessiné dans les années 60 par Joseph
Allen Stein, est le rendez-vous d'une faune intello-branchée
pour spectacles, installations, etc. La cafeteria dans le patio du
jardin
est très agréable. India Habitat Centre
(Lodhi Road) est un autre complexe, plus récent, construit
par le même architecte, qui propose une programmation assez riche
en spectacles, concerts et expos. |
| Si vous voulez écouter du
Qawwali, ces chants soufis dévotionnels que l’on pratique en
Inde et au Pakistan, allez au mausolée de Nizam’ud Dine, jeudi
soir
après la prière du soir. L’ambiance de ferveur
et de piété qui anime ce quartier musulman est
très intense. |
| > ACHETER |
Tout ce que l'on à envie,
à condition de fouiner et de comparer les prix. Autour de
Connaught Place et sur Janpath, toutes sortes d'articles souvenirs
(statuettes, boiseries, textiles...) en abondance. Au marché
tibétain. Beaucoup d'étoffes plus ou moins
bariolées, prix très bas. Ce n'est pas le cas du
marché des antiquaires sur Sunder Nagar. On y toruve des objets
(anciens ou pas) de qualité, mais il faudra payer le prix fort.
Le meilleur spot de shopping est toutefois le grand marché de Paharganj.
Au nord-est de New Delhi, c'est une succession de rues
ou l'on trouve toutes sortes de choses, fruits et légumes, sacs
en jut aux motifs publicitaires, châles de toutes sortes,
chemises en lin, bref, on peut y passer des journées
entières. Pour un shopping addict, Paharganj peut constituer un
but de voyage en soi. Contrairement au quartier de Janpath, l'endroit
n'est pas spécialement touristique et les prix nettement plus
intéressants et l'ambiance géniale.
|
Comme
Bombay sa rivale du sud, New Delhi es fraye une place dans la
scène mondiale du design et de la mode. La boutique de Rajesh Pratap Singh (9, Lodi
Colony main street), surnommé le "Prada indien" attire les
artistes branchés et autres stars de passage. Son style funky
teinté de tradition locale rafraichit la mode masculine. Dans le
même quartier, Manish
Arora propose des tenues qui trahissent ses origines
bollywodiennes. Du chic et kitsch à la fois, toujours
extravagant et souvent superbe. Le quartie de Hauz Khas Village compte
aussi un nombre de boutiques-ateliers intéressants. Nous y
avions découvert Chetna Hakaar,
une jeune créatrice de mode qui confectionnait elle même
de superbes vêtements, chacun en pièce unique.
|
Ouverte
en 1997 par Peter Nagy, la Galerie
Nature Morte est devenue la mecque des amateurs d'art
contemporain. Ses vernissages sont des grandes messes dignes de celles
de New York ou de Kassel, les afficionados se précipitent sur
les vidéos du collectif Raqs Media et autres oeuvres
transdisciplinaires de jeunes artistes à la mode comme Thukral
& Tagra. Nature Morte est présente dans les grandes foires
internationales (FIAC Paris, Frieze Londres, Art Basel).
|
| > LIRE |
| Voir notre page Delhi |
|
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New
Delhi est à la mesure de la démesure du
pays dont elle est capitale. Impossible de voir ou elle commence et ou
elle finit. Le premier choc, c'est quand on essaye de se procurer un
plan
de la ville.On a le choix entre les cartes dites touristiques,
gracieusement
distribuées dans les hôtels, sur lesquelles ne sont
marqués
que quelques axes principaux, et les éditions
détaillés
de Eicher: 10 planches pour avoir le plan complet! Il y a de quoi
être
dérouté par ces avenues larges, boisées et
interminables
qui vont dans tous les sens, la quantité d'espaces verts et de
vides (il y a même un aéroport intra muros) dans
l'enceinte
de la ville. En hiver, lorsque la Delhi baigne dans le fog,
l'impression
est très étrange. On voit défiler, des alignement
quasi identiques de villas à deux étages -
élégantes maisons construites dans le style moderne des
années 50-60, de
monuments publics et d'arbres à travers un écran de brume
qui leur donne une apparence immatérielle. Capitale
d'état et collection de monuments par excellence, New Delhi
connait, malgré et contre tout, une vitalité artistique
et intellectuelle qui se traduit par les activités de ses
centres culturels, boutiques de designers et galeries d'art
contemporain (cf. ci-contre rubriques "écouter / voir" et
"acheter")
|
|
New Delhi, Jantar Mantar,
observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
|
-
la capitale de l'empire -
Cette
immatérialité, qui contraste avec la densité des
autres villes indiennes, est peut-être due au fait que New Delhi
est l'application sur le terrain d'un schéma de cité
idéale. Au début du XXe siècle, l'Empire
Britannique des Indes confia à l'architecte Edwin Lutyens
(1869-1944) la conception et la maitrise d'oeuvre d'une nouvelle
capitale en remplacement de Calcutta. Plus grande que Londres, la
nouvelle cité fut construite sur
un territoire chargé d'histoire. Elle jouxte l'ancienne capitale
moghole de Delhi (qui deviendra dès lors Old Delhi) et couvre
des implantations anciennes remontant aux 1ers royaumes musulmans en
Inde. New Delhi est dessinée autour d'une figure triangulaire.
Trois axes majeurs relient trois points stratégiques que sont
Connaught Place, India Gate et le Central Secretarait avec le palais
des vice-rois (Raj Bhavan). Sièges du pouvoir centralisé,
le Central Secretariat et le Raj Bhavan ont été
récupérés par l'état indien à
l'Indépendance et abritent, entre autres, la Présidence
de la République (President's Estate). C'est un immense ensemble
de palatial en pierre rouge couvert de coupoles. Tellement grand qu'il
est
pratiquement impossible d'en avoir une vue d'ensemble. Lutyens a vu
grand.
XXL comme dirait Rem Koolhaas (1), colossal, comme dirait Jacques
Derrida
(2). Le Raj Bhavan est le bâtiment le plus impressionnant. Il est
coiffé d'une immense coupole qui se refère, par sa forme,
au Grand Stupa de Sanchi construit par l'empereur Ashoka, le plus grand
chef d'oeuvre de l'antiquité indienne, et par ses proportions,
au Cénotaphe de Newton, monument utopique dessiné par
Etienne Louis Boullée, architecte de la France des
lumières. |
| "On
avait prêté à Gandhi et à
Clémenceau la phrase: “Ça fera une belle ruine!”
Ça
n’avait pas fait une ruine; et pas davantage un palais conquis, comme
le Kremlin. New Delhi n’est pas une ville, c’est une “capitale
administrative”,
mais ses colossales perspectives de grès rouge, avec leurs
gardes sikhs qui présentaient les armes dans la solitude, ne
s’ouvraient pas sur des administrations – fussent-elles le Parlement:
elles s’ouvraient sur l’Empire disparu. Palais, ministères,
propylées. Tout l’Empire britannique porte la marque de la
grandeur anglaise, avec l’accent
que le gothique victorien donne à la Tamise. Ici, comme à
la passe de Khyber, la grandeur était romaine; le rêve de
César à Alexandrie, une masse de puissance
disposée selon le vaste théâtre
hellénistique. Mêlé d’un autre rêve, celui
d’un mariage anglo-indien rival du mariage indo-musulman. La Capitole
fut ostensiblement le rival de la Grande Mosquée de Delhi, l’une
des plus grandes de l’Islam; de Fatehpur Sikri, des Forts Rouges, de
toute cette architecture moghole qui a été
l’Amérique de la Perse. L’Islam était toujours là.
Et l’Angleterre? (...)
Dans ce pays qui a construit tant d’illustres tombeaux, la seule oeuvre
rivale
de celles des successeurs d’Alexandre est devenue admirable
malgré la médiocrité de son architecture, depuis
qu’elle est devenue
le tombeau de l’Empire." André malraux, Antimémoires,
Gallimard, pp.187-188. |
| Les
palais se trouvent à l'extrêmité
orientale du Raj Path, une immense avenue rectiligne - les Champs
Elysées
de New Delhi - qui pointe à l'ouest sur l'India Gate, arc de
triomphe
dédié aux 100.000 soldats indiens morts pendant la 1ere
guerre mondiale. Le Raj Path est très monumental et officiel.
L'avenue
n'est d'ailleurs bordée que de batiments publics (National
Archives,
National Museum of India, Indira Gandhi National Centre for Arts etc.)
et sert de décor au défilé de
l'indépendance. |
|
New Delhi, Jantar Mantar,
observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
|
- Connaught Place -
Venons-en
à la plus grande place de la capitale, construite au sud des
limites d'Old Delhi. Sur le papier, l'endroit parait idyllique. Un
cercle parafait 500 m de diamètre. Ou plutôt deux cercles
l'un dans l'autre. Connaught Place est le cercle intérieur, la
place à proprement parler, et Connaught Circus le cercle
externe, en fait une rue circulaire. Sur le terrain, c'est un endroit
infernal. De un, parce que c'est le chaos total, De deux, parce que ce
plan circulaire donne l'impression (et c'est souvent une
réalité) de tourner en rond. Architecture totalitaire?
Paradoxalement, Connaught Place
brille par l'absence de grand monument. Et un monument, aussi inutile
soit-il, sert de point de repère pour le voyageur à la
dérive. Connaught place et Connaught Circus sont bordés
de façades à portiques identiques dans le style
néoclassique (inspiration à la Palladio). Le seul
bâtiment différent sur lequel on peut s'accrocher
visuellement est le Jeevan Bharati LIC, immeuble de bureaux post
moderne en pierre rouge et mur rideau construit par Charles Correa au
sud de la place. C'est l'adresse d'Air India. Nous le mentionnons, non
pas pour leur faire de la publicité gratuite (ils ne le
méritent pas!), mais parce qu'au moins un faux bureau d'Air
India se trouve dans les parages, avec rabatteurs à la porte
pour attraper dans leurs tentacules les touristes
désorientés. Avec ses agences (vraies et fausses) de
compagnies aériennes, banques et autres services, Connaught
Place est un lieu de passage obligé. C'est aussi une cour des
miracles composée mendiants, marchands ambulants et autres
charlatans qui officient dans l'agitation. Tout cela est très
vivant mais aussi très stressant même si on n'est pas
agoraphobe. Des passages souterrains permettent de traverser la place
sans se faire écraser et font aussi office de galeries
marchandes. A propos de galerie marchande, il y en a une sous le cercle
vide de Connaught Place, immense, tentaculaire et labyrinthique. Un
Forum des Halles puissance mille. De Connaught Place, on descend
souvent sur Janpath, avenue très animée avec ses
innombrables magasins d'antiquités, de textiles et autres
souvenirs. Dans une transversale se trouve un marché
tibétain qui n'a de tibétain que le nom mais qui a
quelque chose de pittoresque. Le marché de Janpath s'adresse
principalement aux touristes. Les prix y sont donc relativement
élevés, mais on peut y trouver de beaux articles.
Après toute cette agitation, on découvre, sur la droite,
les jardins pleins de palmiers et la façade art-déco de
l'hôtel Imperial. Construit par Edwin Lutyens, l'Imperial est un
des plus beaux palaces d'orient
et la meilleure adresse de New Delhi. Ses magnifiques salons sont
tapissés
d'oeuvres d'art (peintures, estampes...) et constituent un
véritable
musée retraçant l'histoire de la ville. Une suite de
l'hôtel
portant le nom de l'architecte a gardé son mobilier et son
décor
d'origine. |
|
New Delhi, Jantar Mantar,
observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
|
-
le maharadjah et l'astronome -
Sur
Sansad Marg, une autre avenue descendant depuis Connaught Place
(derrière le centre commercial de Correa) on découvre le
Jantar Mantar, un des plus beaux trésors de la ville. Cet
observatoire astronomique a été construit au XVIIIe
siècle par le Maharadjah de Jaipur, Jai Singh II. Dans un parc
entouré de buildings ultra modernes se dressent les formes
géométriques de cadrans solaires, calendriers
astronomiques et autres instruments scientifiques monumentaux
destinés à la mesure des phases de la lune
et à l'observation des étoiles. Passionné
d'astronomie, Jai Singh II a construit plusieurs observatoires de ce
type. Le plus
grand et le plus complet se trouve à Jaipur (cf. notre page sur
cette ville), entre le City Palace et le Hawa Mahal. Les cadrans
monumentaux
du Jantar Mantar de Jaipur sont de couleur jaune, ceux qui se trouvent
à Delhi sont rouges, ce qui les rends encore plus fascinants. Le
Jantar Mantar est un lieu de promenade très
apprécié des habitants de Delhi. On y croise de nombreux
groupes d'écoliers ainsi que
des couples d'amoureux qui tentent de trouver dans ces étranges
machines un lieu de rencontre discret et romantique. |
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New Delhi, Jantar Mantar,
observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
|
- mosquée
à minaret ou minaret
à mosquée? -
Il faut descendre bien au sud pour contempler une des plus grandes
gloires de l’architecture islamique, le Qutb Minar. Cet immense
cylindre conique sculpté de motifs géométriques et
calligraphiqes de 73 m de haut a été érigé
au XIIe siècle. Sa fonction est manifestement plus visuelle
(marquer un espace conquis) que sonore (on imaginerait mal un muezzin y
appellant des fidèles d’une hauteur pareille). Ce type de
minarets-phares s’est répandu en Asie. En Afghanistan, celui de
Jam se pointe dans un paysage montagneux et sauvage. Avis aux amateurs!
Au pied du minaret, les vestiges de la mosquée de Quwwat el
Islam (la force de l'islam) sont un mélange unique
entre les formes libres et tarabiscotées de l'imagerie hindoue,
et la rigueur arithmétique des constructions islamiques d'asie
centrale. Les colonnes sont fascinantes. Assister à la
prière des fidèles dans ce cadre l'est encore plus, bien
que leur méditation est continuellement interrompue par le bruit
des avions!
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New Delhi, Jantar Mantar,
observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
|
- mausolées
et cénotaphes
-
Delhi est un véritable musée à ciel ouvert de
l'architecture islamique. Outre le Qutb Minar et les sites d'Old
Delhi (cf. notre page Old Delhi), la ville est parsemée d'un
nombre impressionnant de mosquées, mausolées,
résidences royales et autres ouvrages construits entre les XIe
et XVIIIe siècles. A l'est de l'India Gate se dresse la Purana
Qila, l'ancien fort de Delhi (qui date d'avant la construction du Fort
Rouge d'Old Delhi). La promenade y est agréable, dans de vastes
espaces verts. Le clou de la visite est la magnifique Qil'a Kohna
masjid, mosquée construite au XVIe siècle. Il y a aussi
l'étonnante bibliothèque à plan octogonal du
sultan Humayyun. Ce dernier y serait mort d'une chute dans les
escaliers alors qu'il descendait prier à la mosquée
citée plus haut. Il est enterré un peu plus au sud,
près de la tombe du maitre soufi Nizam ud Din (cf. notre page
sur Nizam ud Din) dans un important mausolée à coupole
planté au milieu de jardins. Classé dans la liste du
Patrimoine Mondial par l'Unesco (tout comme le Qutb Minar), le tombeau
de Humayyoun est le 1er exemple
de monument funéraire moghol dont l'aboutissement le plus
l’illustre sera le Taj Mahal à Agra. Le Mausolée de
Safdarjang, bient plus tardif, puisqu'il fut construit au XVIIIe
siècle, reprend
le même parti. Il faut noter une différence essentielle
entre ces mausolées et ceux d’Agra (le Taj Mahal et Ittimad
ad'Daulah): Les matériaux. Tandis qu'on a employé la
pierre rouge locale à Delhi, on a fait venir de loin le marbre
blanc, beaucoup plus noble et lumineux à Agra. Dans les jardins
qui précèdent le Mausolée de Humayyoun, sur la
droite, des anciennes tombes de dignitaires, dont celle d'Issa Khan
semblent totalement abandonnées. Leur état
décrépi leur donne une force émotionnelle qui nous
a beaucoup touchés. Il faut y aller tôt, lorsqu’il
n’y a encore personne et que les brumes matinales ne se sont pas
encore dégagées. Un spectacle grandiose! Des petits
mausolés plantés dans la nature, on en trouve partout. En
descendant au sud de la ville, vers le village de Hauz Khas, on
découvre, entre des immeubles bourgeois, des tombes de
l'époque Lodi, antérieure à celle des moghols.
Hauz Khas est un endroit assez étrange. Autour d'une ancienne
citerne, qui joue aujourd'hui son rôle de grand bassin pour parc
urbain public (encore un espace vert!), se dressent les
ruines d'un complexe composé d'une mosquée, de hammams et
autres
structures. Ces bâtiments délabrés ont quelque
chose
de pathétique avec leur revêtement de pierre de couleur
grisâtre,
leurs coupoles noircies et leurs galeries en enfilade aboutissant
à
des précipices. Autour ce curieux monument, le quartier de Hauz
Khas
village s'est construit une identité assez sympathique avec ses
boutiques
d'antiquités, ses galeries d'art et ses boutiques de
vêtements
et accessoires de mode.
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New Delhi, Jantar Mantar,
observatoire astronomique du maharajah Jai Singh II
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-
le temple et le post moderne -
Une
des curiosités célèbres de New Delhi est le Temple
du Lotus (Bahai Temple), immense structure en béton blanc
conçue par l’architecte Faribuz Sahba (1986) pour cette
communauté née en Perse à la fin du XIXe s. et qui
vénère les prophètes de toutes les religions
(c’est du moins ce que nous en avons compris). Les bahaïstes ont
cinq sanctuaires dans le monde, dont celui-ci. Le visiteur doit se
déchausser et parcourir plusieurs centaines de mètres
pour l’atteindre. Très spectaculaire, ce temple veut
manifestement impressionner. Ses formes arrondies rappellent le design
de Eero Saarinen pour le terminal TWA (Trans
World Airways) à l’aéroport John F Kennedy, New York.
C'était
une invitation au voyage, avec une structure en forme d'ailes de
papillon
qui semblait s'envoler. Ici c'est supposé rappeler un lotus
géant,
mais le rêve s'est volatilisé. A New York aussi,
malheureusement. Depuis que la TWA a disparu, son ex-aérogare,
joyau de l'architecture moderne est hors d'usage et abandonnée.
Sa seule utilisation récente a été son apparition
dans l'excellente comédie de
Steven Spielberg Catch me if you can. |
| 1997-2007, Baron & Baron (texte),
2003, Zeina Abirached, Claude Abou Chedid, Rana Haddad (photos), tous
droits réservés. >>
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