| > ALLER / VENIR |
| Konarak se trouve à 36km au
nord
de Puri. La chaussée étant assez délabrée,
il faut compter une heure pour faire le trajet. Le temple est à
3km de la plage de Konarak. En venant de Puri, prendre la bifurcation
à gauche, et c’est tout droit. On peut également
atteindre
konarak depuis Bhubaneshwar, 64km (nous n’avons pas essayé la
route
pour connaître son état). |
| Le site est ouvert tous les jours du
lever
du jour à 22h (!), étant illuminé en nocturne.
L'entrée
coutera 500R aux étrangers, beaucoup moins aux indiens. |
| > DORMIR |
| Les possiblités
d’hébergement
sont mentionnés dans le Lonely Planet. La majorité des
gens
dorment à Puri, qui n’est pas très loin et qui est
pourvue
d’excellents hôtels. Passer la nuit à konarak permet de
mieux
profiter des lieux hors des heures de pointes (et leurs flots de
visiteurs),
des belles lumières de l’aube et du crepuscule et de se baigner
à volonté. |
| > MANGER |
| Nombreuses gargotes aux abords du
temple
et sur la plage pour prendre un lait de noix de coco ou d’autres petits
en
cas. Ne pas espérer d’adresses gastronomiques. |
| > ACHETER |
| L’entrée du temple grouille de
marchands
de souvenirs. Vous trouverez, entre autres, des lampions de Pipli (un
peu
plus chers que sur leur lieux d’origine mais quand même
très
abordables) et de sympathiques éléphants en jut. |
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| Le
temple du soleil de konarak est un des sites archéologiques les
plus mythiques de l’Inde. Il est connu dans le monde entier pour ses
fameuses roues sculptées (photo ci-dessous), symbole du cycle du
temps que l’on retrouve sur le drapeau de la république
indienne. C’est un édifice immense, pratiquement sans pareil
dans l’architecture religieuse hindoue (certes, il y a le Lingaraj
Mandir de Bhubaneshwar et le Jagannath Mandir de Puri) qui
privilégie habituellement la dissémination de temples
relativement petits à la construction d’édifices
comparables aux cathédrales. Le temple de konarak a pu voir le
jour au milieu du XIIIe siècle grâce à une
initiative politique, celle d’un souverain nommé Narasimha Deva
Ier. Consacré à Surya, dieu du soleil dans la mythologie
hindoue, il est orienté vers
le levant, en direction de l’océan. Le temple fut construit sur
des
dunes qui bordaient le golfe du Bengale. Les navigateurs le
reconnaissaient de loin comme étant la pagode noire, tandis que
le Jagannath Mandir de Puri était surnommé la pagode
blanche. Le sol sablonneux donne quelque chose de romantique à
l’endroit, mais son instabilité fut lourde de
conséquences. La 1ere fut l’accumulation de dunes et
l’accroissement de la distance entre la mer et le temple (elle atteint
aujourd’hui
3km) la seconde, plus grave fut la destruction partielle de
l’édifice,
qui a perdu son immense tour sanctuaire, haute de 70m. |
|
| En
venant de Puri, on arrive à Konarak à travers des
paysages qui ne cessent de changer. Des ambiances tropicales, avec
palmiers et petits lagons qui cèdent peu à peu la place
à une nature plus sèche, avec des dunes de sable qui
rappellent les côtes de l’Europe du Nord. Et puis, sur la droite,
la grande bleue avec des plages quasi desertes
que viennent fréquenter des bikers ou des familles en pique
nique.
A Konarak, la plage devient, tout d’un coup, surpeuplée, tandis
que
sur la gauche, un phare sorti d’une toile d’Edward Hopper guette les
lieux
dans sa solitude. L’entrée du site archéologique est
précédée d’une allée bondée
bordée de magasins de souvenirs. Lorsque l’on
pénêtre dans l’enceinte du temple, on se sent
pris d’une certaine torpeur, voire une envie d’abandon, tant le cumul
de
la chaleur et la foule de visiteurs, presque tous indiens, paraît
exaspérant. Premières photos, depuis une plate forme sur
le mur d’enceinte, pour avoir une vue d’ensemble du complexe qui sera
fort
décevante. Pas de forêt de tours comme à
Bhubaneshwar,
pas de silhouette inoubliable, comme au Taj Mahal, pas de perspective
grandiose,
comme à Angkor. Konarak a l’air composé de deux tas
massifs,
trapus et peu élégants. Le guide tente de nous consoler
en
nous expliquant que le temple avait plus d’allure lorsque sa tour
tenait
encore debout. |
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| La
première structure que l’on découvre
précède le temple à proprement parler. Il s’agit
d’un pavillon de danse dont restent les soubassements et les pilliers.
Le tout est entièrement couvert de sculptures disposées
dans des compositions en grille, fort organisées, et dont
l’iconographie est concentrée sur le thème de la danse.
Et c’est là que commence le voyage. Les sculptures sont d’une
qualité ramarquable. Leur foisonnement en fait un livre d'images
qui peut se lire dans tous
les sens. Sur les murs, sur les énormes pilliers, de haut en
bas,
de bas en haut. L’art classique indien avec toute sa richesse visuelle.
Et nous n’avons encore rien vu. |
|
Le
temple du soleil à proprement parler nous attend.
L’entrée
gigantesque, avec son escalier, est flanquée des statues de
chevaux
au galop qui tirent le char du soleil dont le temple est une
représentation.
Fascinante imagination, que de concevoir cet immense édifice en
mouvement. Curieuse coincidence que le dieu du soleil soit
véhiculé
par un char tiré par des chevaux, dans la mythologie hindoue,
mais
aussi chez les grecs, avec Appollon. L’art européen du XVIIe
siècle a immortallisé le char du soleil d’Appollon dans
des œuvres grandioses. Les fresques de Guido Reni et du Guerchin
à Rome. Et puis, la sculpture en bronze dans le fameux bassin
éponyme qui ponctue la perspective des jardins de Versailles
dessinés par André Le Nôtre pour Louis XIV, le Roi
Soleil. Le char du soleil indien est tiré
par sept chevaux (un pour chaque jour de la semaine) et compte pas
moins
de 24 roues, 12 de chaque côté, correspondant aussi bien
aux
mois de l’année qu’aux heures du jour. Car le Surya Deul est,
par
son programme et ses orientations stellaires, une véritable
vitrine
du savoir faire indien en matière de cosmologie, un peu comme
les
monuments mayas de Chichen Itza, au Mexique.
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Les
roues du char sont intégrées à la base du temple
dont les flancs sont couverts de sculptures. Sur la bande
inférieure, une immense procession d'éléphants
(photo ci-dessus). Ils sont plusieurs milliers à faire le tour
de l'édifice. L'éléphant est symbole de force est
sa présence assure la stabilité de la construction. La
partie supérieure, qui constitue un peu la corniche, est
couverte par une autre procession en frise, dans laquelle on voit des
armées et des caravanes. Entre ces deux bandes horizontales, qui
constituent des bordures inférieure et supérieure, se
déploient des scènes aux différents thèmes,
tantot sacrés, tantot profanes. Sur la façade sud, il ne
faut pas manquer une série de tableaux évoquant la vie de
la femme, avec cette image extraordinaire par sa simplicité
d'une jeune femme attendant son bien aimé à la porte de
sa maison (photo ci-dessous). Comme c'est souvent
le cas sur les façades de temples hindoux de la période
médiévale, des scènes érotiques se sont
glissées entre les roues du char. Elles n'atteignent pas celles
de Khajuraho (cf. notre page sur
ce site archéologique), ni par leur nombre, ni par leur ampleur,
mais sont, comme l'ensemble du décor sculpté du temple de
Konarak, d'une remarquable qualité.
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Les
chevaux qui tirent le char du Surya encadrent l'escalier monumental qui
permettait d'accéder au temple, posé sur la base dont
nous venons de faire le tour pour admirer les sculptures. Au sommet,
une porte monumentale qui a été murée ouvrait sur
la grande salle nommée jagamohan (cf. notre page sur
Bhubaneshwar) couverte d'un toit de forme pyramidale. L'édifice
ayant menacé de s'écrouler,
il a été entièrement muré de
l'intérieur, devenant involontairement un stupa! On
remarque toutefois un détail fort intéressant
derrière le linteau de la porte. Des énormes poutres en
fer. Les architectes de konarak avaient aligné des poutres
métalliques pour soutenir le l'importante toiture en pierre
(photo ci-dessous). Ces poutres n'ont visiblement, pas toutes tenu.
Certaines
sont aujourd'hui posées sur l'herbe, en face de l'entrée
du temple et forment une drôle d'installation.
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La
partie arrière du temple, celle qui abritait le sanctuaire et
qui était couverte d'une tour est totalement effondrée.
Il reste toutefois trois magnifiques sculptures en chlorite vert du
dieu Surya. Ces sculptures étaient placé sur les
façades nord, sud et ouest,
la façade est étant, rappelons-le, celle de l'axe
d'entrée du temple. Elles devaient permettaient au dieu
d'attraper la course du soleil dans ses différentes
étapes. A noter que Surya est souriant sur le côté
sud (le plus exposé au soleil, photo ci-dessous), pas
très content sur le côté ouest (là ou il
se couche) et apparamment indifférent au côté nord
qui
reçoit le moins de soleil. Ces trois Surya, en remarquable
état
de conservation, ont été réinstallés
à
leur emplacement d'origine qui lui est complètement
délabré.
On y accède d'ailleurs par un parcours d'escaliers qui
n'arrêtent
pas de monter et de descendre au risque de donner le tournis à
certains.
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| Konarak
est un site dense. Il y a beaucoup à voir, et il vaut mieux
prendre un guide pour apprécier les détails que l'on
remarquerait difficilement, surtout si on est un peu fatigué ou
si le soleil tape
un peu trop fort. Les plus chanceux, ceux qui verront Konarak à
l'aube
et au crépuscule, pourront mieux apprécier la grandeur du
site. Et pendant les heures les plus chaudes de la journée, ils
iront
se baigner dans le golfe du Bengale, de préférence, sur
les
plages un peu au sud, vers Puri, quasi désertes. Le bonheur,
quoi. |
| 2004, Rana Haddad, Baron & Baron
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