| > ALLER / VENIR |
| Khajuraho est desservi par Indian Airlines
sur la ligne omnibus Delhi-Agra-Khajuraho-Varanasi. Vols quotidiens
annulés en cas de brouillard, l’aéroport n’étant
pas équipé de moyens très sophistiqués. |
| Pas de gare à Khajuraho. Pour
arriver ou partir par voie terrestre, la seule solution est de prendre
un trains jusqu’à Jhansi, et, de là, une voiture avec
chauffeur jusqu’à Khajuraho.
La route, très agréable, traverse des paysages
intéressants et des villages pittoresques. |
| En ville, ce n’est pas très
compliqué. Les hôtels sont tous sur la route menant
à la place centrale du village. Les groupes de temples n’en sont
pas très éloignés. La
majorité des temples de Khajuraho, en tout cas les plus beaux,
se
situent dans ce qu’on appelle le Groupe Ouest. A proximité
immédiate
de la route principale. Un peu plus loin, on peut traverser le village
et
visiter le groupe Est, Mieux vaut commencer par ce dernier pour garder
le
meilleur pour la fin. |
| > DORMIR |
| Pas très original. Les
hôtels décents sont tous alignés sur la route qui
entre vers le centre, et se ressemblent tous. Des quatre étoiles
entourés de jardins avec piscine. Le Clark’s
est architecturalement le plus beau. Style néo-colonial, lobby
décoré de tapis anciens, superbe piscine avec petite
cascade, chambres immenses. Le Taj Chandela, moins séduisant, est
sensé offrir des prestations d’un standing supérieur. Ce
n'est surement pas le meilleur hôtel de la chaîne. |
| > MANGER |
| Pas de quoi sauter au plafond. Le
visiteur aura le choix entre les restaurants de la ville et ceux des
hôtels mentionnés
plus haut. Un rapide tour de la place éliminera la
première
option à moins d’avoir envie de manger avec des chats sur le
toit
d’un immeuble. Retour aux hôtels, donc, qui malgré leur
aspect
chic, offriront un buffet, au mieux insipide, et, au pire,
infâme.
Au Clark’s mémorable soupe aux champignons qu’on nous a servi au
dîner et au petit déjeuner du lendemain! |
| > ACHETER |
| le Kama Sutra sous toutes ses formes
et toutes sortes de traités d’érotisme... |
| > LIRE |
| Khajuraho Temples, India, sur LonelyPlanet.com. |
| The Art of Tantra,
Philip Rawson, ed. Thames & Hudson, un ouvrage théorique... |
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| On vient de plus en
plus
nombreux à Khajurâho. En excellent état de
conservation, ses temples Hindous du Xe siècle sont d’une
importance
capitale dans l’histoire de l’architecture orientale. Mais si cette,
petite
bourgade en rase campagne, qui fut capitale des rajpouts au VIIe
s,
jouit actuellement d’une popularité supérieure à Bhubaneswar
ou Madurai (qui ne sont pas moins spectaculaires, bien au
contraire), c’est pour une raison bien particulière: Le
sexe! |
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| Sur
les parois des temples figurent des scènes, que l’on se le dise,
franchement hard. Surprenant. Voir des galipettes de ce type sur une
façade
n’est pas vraiment commun. Quand par-dessus le marché, il s’agit
d’un lieu de culte, on peut se poser des questions, du moins si on a
été éduqué dans les préceptes d’une
des trois religions monothéistes. Rien que d’imaginer une
thématique pareille s’emparer des vitraux de la
Cathédrale de Reims ou du plafond de la
Sixtine, lequel a été maquillé pour bien moins que
ça, il y a de quoi fantasmer.
Revenons
à la réalité, celle de l’Inde et, plus
précisément, de l’hindouisme. Cette culture ne
perçoit pas la sexualité de la même manière
que le monde occidental. La pensée tantrique l’inclut dans un
processus de méditation transcendantale en tant que pratique
permettant de dépasser les contingences corporelles. Ceci
explique sans doute la virtuosité impossible de certaines
scènes du temple de Kandariya. Certes, ce sont des
dieux, (Shiva et compagnie). De là à pouvoir
s’occuper de trois partenaires à la fois dans des numéros
de gymnastique acrobatique que nous déconseillons à nos
lecteurs de tenter dans leur chambre à coucher, Jupiter n’a plus
qu’à aller se rhabiller!
Revenons
quand même au pourquoi du comment, qui n’est pas, avouons le,
entièrement élucidé. Les concepts du tantra
(nous ne citerons
pas le Kama Sutra dont les diverses éditions font la fortune des
libraires de Khajurâho) n’expliquent pas vraiment (même
s’ils
justifient) la présence des scènes classées X sur
ces temples. Précisons qu’elles se situent toujours sur le
coté
gauche par rapport à l’entrée de l’édifice. Une
hypothèse intéressante va du coté d’une
figure peu connue du
panthéon indien, la déesse de la foudre. Cette
dernière
serait vierge et chaste (comme Diane chasseresse, mais pour d’autres
raisons).
La vue de scènes de débauche lui étant
insupportable,
elle détournerait son regard des temples pour les éviter.
Le sexe comme paratonnerre, voila qui est inhabituel!
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| Dernière
question avant de refermer ce dossier: Pourquoi Khajurâho et pas
ailleurs? Réponse: Situé loin des grands centres urbains,
Khajurâho est le seul site doté d’une telle iconographie
à avoir été épargné des Moghols qui
n’ont pas du les trouver conformes
aux préceptes de l’islam.
Il
faut maintenant savoir:
1) Que
les scènes orgiaques n’occupent pas plus de 10% de la surface
sculptée des temples.
2) Que
l’architecture et la sculpture sont absolument magnifiques et
constituent une raison beaucoup plus valable que le voyeurisme pour s’y
rendre.
Les
temples de Khajurâho ont tous une forme oblongue pointée
vers le
ciel. Ils reprennent le forme de la «montagne cosmique»
prônant l’élévation céleste de l’âme.
A cet effet ils sont doublement surélevés. Posés
sur
une plate forme et précédés de marches qui
atteignent
un porche d’entrée suivi d’une salle principale, sorte de naos
appelé
maha mandapa. Au centre de ce naos de dimensions assez réduites
trône
la statue du dieu auquel est dédié le temple.
Cette
architecture est définie par rituel sacré fort
différent du notre, dans lequel le mouvement (marcher, monter,
déposer l’offrande, descendre) prend une importance capitale. Le
temps de la prière
dans le temple est très bref. Les fidèles font
généralement la tournée de plusieurs temples pour
honorer différends dieux, ce qui explique le regroupement d’un
ensemble de lieux de culte.
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| Ces
temples étant encore en usage, ils sont toujours
fréquentés par des indiens qui viennent souvent de
très loin. Le défilé des fidèles
vêtus de saris aux couleurs chatoyantes (pour les femmes) et
enturbannés (pour les hommes) est un magnifique
cérémonial qui n’a pas du changer en un
millénaire. Ces gens dignes et généralement
charmants n’hésiteront pas à poser (sans
intérêt financier) pour les photographes. |
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Les
temples sont intégralement couverts de motifs sculptés,
figuratifs pour les niveaux inférieurs, ce qui leur
confère un chatoiement baroque. Les figures représentent
des dieux dans diverses activités (dont celles citées
plus haut) avec une très grande souplesse dans le rendu de
l’anatomie et du mouvement. Courbes très sensuelles,
entrelacement des figures, tout cela est très vivant et
contribue à l’inévitable séduction que
dégagent les lieux.
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