| > ALLER / VENIR |
| L'Indian Museum se trouve sur Jawaharial
Nehru street, au coeur de la ville. Metro Park Street. |
| Le musée est ouvert du mardi au dimanche
de 10h00 à 16h30. Entrée payante. Il faut également
s'acquitter d'un droit de photographier, mais cette opération s'effectue,
non pas au guichet, mais à la librairie. Donc, si vous avez une camera
mais que vous ne passez pas par la librairie, personne ne vous demandera
quoi que ce soit. |
| > DORMIR |
| Le musée est situé à
mi chemin entre les deux meilleurs hôtels de la ville, l'Oberoi Grand
et le The Park (cf. notre page Calcutta City Guide). |
| > MANGER / BOIRE
|
| Allez prendre un thé chez Flury's,
sur park street, à deux pas du musée dont la cafette n'est
pas vraiment géniale. |
| > LIRE |
| Le site internet officiel du musée
http://www.indianmuseum-calcutta.org/ est assez
archaique tant dans sa mise en page que son contenu mais dispensera des
infos utiles et des images de certaines pièces de la collection. |
| > ACHETER |
| La librairie du musée propose des
publications de l'Indian Museum qui sont souvent décevantes. Nous
avons craqué pour l'excellent catalogue des inscriptions islamiques
(qui date des années 1960) et pour un portfolio consacré à
l'art Gandhara. |
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| Un dimanche
matin à Calcutta. Les indiens bengalis font la queue pour visiter
ce monument à l'architecture de style renaissance italienne et
à la vocation encyclopédique. L'Indian Museum est une institution
muséographique à l'ancienne. Il a été imnauguré
en 1878 et comporte, outre ses riches départements d'art et d'archéologie,
une étonnante section d'histoire naturelle. Un vrai voyage dans
le temps! |
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| Rez
de chaussée, passés les guichets et leurs formalités
d'entrée, trois directions possibles: A gauche, ça à
l'air sombre et vétuste, en face, c'est la cour centrale et à
droite, ça a l'air clean et lumineux. Va pour la droite! Nous entrons
dans une vaste salle qui vient d'être réaménagée
et dans laquelle trône un important ensemble architectural en pierre
rouge (très foncé, presque noir), sans doute la pièce
maitresse du musée. C'est la balustrade et le torana du stupa de
Bharhut. Plait-il? Calmons nous, voici de petites expliquations: Bharhut
est une localité dans l'état du Madhya Pradesh, au centre
de l'Inde. On y a découvert, en 1878, les vestige d'un stupa du
IIe siècle av. JC. Un stupa est un lieu de culte bouddhiste dont
la structure est entièrement pleine (on ne peut y aménager
des espaces intérieurs), ce qui le distingue d'un temple et d'une
pagode. Ce stupa devait avoir un forme assez proche de ceux de Sanchi (dans
le même état du Madhya Pradesh) et qui sont les monuments les
plus glorieux de l'antiquité indienne. Une calotte semi sphérique
entourée d'une haute balustrade courbe en pierre entièrement
sculptée et ponctuée par quatre toranas (portails) situés
à chacun des points cardinaux. Le stupa de Bharhut a été
entièrement ruiné à l'exception du torana et d'un
fragment de la balustrade qui sont néanmoins en excellent état
de conservation. Ces fragments d'architecture sont entièrement couverts
de scènes sculptées relatant les jataka, ou scènes
des vies antérieures de Bouddha. Sur un des bas reliefs figure l'arbre
bodhi, sous lequel Bouddha a reçu l'illumination. Ce motif a été
adopté comme logo de l'Indian Museum. Outre leur intérêt
visuel sans pareil, ces fragments ont permis aux historiens de reconstituer
des pans de l'histoire politique et sociale de l'époque, grâce
à la présence d'inscriptions informant, entre autres, l'identité
des donateurs. |
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| Balustrade
du Stupa de Bharhut, détail: le rêve de Maya Devi. La mère
de Bouddha, allongée voit apparaître un éléphant
céleste. |
| On se
dit finalement, qu'après le spectacle de cette chose renversante,
le reste des collections risque de paraître insignifiant. Et bien
non! La salle suivante est celle du Gandhara. Le gandhara, c'est un style
de sculpture qu'on appelle aussi gréco-bouddhique, qui s'est développé
dans l'est de l'Inde, le Pakistan et une partie de l'Afghanistan. Cet
art métissé serait né de la rencontre entre deux
cultures, celle de l'occident, ramenée par Alexandre le Grand lors
de son excursion sur les bords de l'Indus, et celle de l'Asie bouddhique.
Les sculptures Gandhara (du nom d'un région pakistanaise) sont assez
rares et fort prisées, surtout depuis que celles qui se trouvaient
au musée de Kaboul ont été fracassées par les
talibans lors de leur effroyable régime. Certaines oeuvres exposées
sont vraiment superbes. Difficile de dire lesquelles, vu que toutes représentent
des figures de Bouddha ou des Bodhisatvas. Si les Bouddhas ont toujours
cette solennité dans leur posture frontale (photo ci-dessous), certains
Bodhisatvas ont des positions un peu plus recherchées, avec ce mouvement
qui fait leur parenté avec la sculpture grecque classique. Leurs
visages souvent barbus leur donne un air gaulois. Il ne faut pas manquer,
au centre de cette galerie du Gandhara, un petit stupas votif. Ce n'est
pas une maquette de stupa, mais un stupa portatif, minuscule, car un stupe
peut avoir n'importe quelle taille, de l'infiniment grand à l'infiniment
petit, ce qui ne change pas grand chose puisque de toutes façons
on ne peut pas y entrer. |
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Le parcours
se poursuit avec la grande galerie du musée. Et nous ne sommes pas
au bout de nos peines. Les collections sont vraiment énormes, avec
une exposition de sculptures indiennes de l'antiquité à la
période classique (vers le XIIIe s). Et rien que le meilleur. Des
oeuvres vraiment superbes, on ne sait plus ou regarder. Il y a de
l'art bouddhique et de l'art hindou. A priori, les uns et les autres se
ressemblent, mais, à les regarder avec un peu d'attention, on commence
à faire la différence et à distinguer la production
des deux religions. La sculpture bouddhique adopte généralement
des compositions structurées avec figures statiques et sereines, tandis
que l'art hindou cultive des formes dansantes, voire chaotiques, et des corps
qui s'enchevêtrent les uns dans les autres. On verra par exemple, une
étonnante femme (nue) ecrivant une lettre d'amour en se dandinant sensuellement,
belle oeuvre du XIe s. provenant du site de Khajuraho (voir notre page qui
lui est consacrée), réputé pour ses sculptures érotiques,
ou le fragment de pillier du XIe siècle provenant de Marai (dans le
Madhya Pradesh) sur lequel sont représentées différentes
incarnations de Vishnou. Ce dernier objet est exposé dans la galerie
qui fait le tour de la cour / jardin du musée et qui ponctue agréablement
ce facinant voyage à travers l'art de la sculpture.
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Au 1er
étage, vous trouverez les galeries d'Histoire Naturelle, qui font
la joie des écoliers qui viennent en groupe. Les salles sont vraiment
hallucinantes tant, comme le dit si bien Rana, l'exposition est aussi archaique
que le contenu. Les galeries de fossiles sont ainsi encombrées de
vieux meubles de classement en bois poussiéreux mais pleins de
promesses. Le clou de l'étage, c'est la galerie des mamifères.
Cet espace énorme, éclairé par une lumière
naturelle qui provient parcimonieusement d'ouvertures en lucarnes, est
meublé d'un amas de squelettes d'animaux disparus, dont certains
sont suspendus. Ceux qui veulent retrouver l'ambiance que devait avoir la
Grande Galerie de l'Evolution au XIXe siècle devraient venir ici à
tout prix. Il y a aussi des galeries préhistoriques dont nous ne
préférons pas parler, tant elles sont délabrées.
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Il y
a dans ce musée une autre attraction bien plus médiatisée
et prestigieuse, c'est la section des antiquités égyptiennes.
Quel drôle d'idée de venir voir de l'art pharaonique sur les
bords de l'Hooghly. Nous ne sommes pas entrés dans la salle ou se
pressaient trop de visiteurs endimanchés (l'Egypte a toujours beaucoup
de succès), mais nous ne pensons pas avoir raté grand chose,
surtout par rapport à ce que nous avons pu voir au Caire, au Louvre,
à Berlin et au Met! Le site internet du musée nous a informé
de la présence de quelques sculptures, d'une momie et d'un diorama
qui a l'air être assez kitsch.
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| Pour
revenir un peu à l'art et l'archéologie, il faut savoir que
les collections de ce "Louvre" du Bengale couvrent également d'autre
domaines dignes d'intérêt: la peinture indienne, les textiles,
objets d'arts et instruments de musique et enfin l'art islamique avec
des inscritpions calligraphiques dont l'excellent catalogue est disponible
à la librairie du musée. |
| 2004, Rana Haddad, Baron & Baron (photos),
Baron & Baron (texte), tous droits réservés. >>
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