BARON & BARON > INDE > LE RECIT DE VOYAGE
LISEZ LES RÉCITS VOYAGE EN INDE 1999 [LE RAJASTHAN] & 2003'04 [DU GANGE AU BENGALE]
DES CINQ SENS
Impossible de faire un pas dans ce pays sans avoir ses sens en éveil. Tous.
DE LA VUE
Le plus évident. Plus que tout autre pays, l’Inde est un spectacle permanent. Les rues suffisent à emplir l’œil de couleurs et de sensations grandioses. Evidement, quand on a la chance de se retrouver dans une fête au Rajasthan, un mariage à Agra ou une procession sur les bords du Gange, il y a de quoi avoir le tournis! Pas étonnant que le pays ait attiré les plus grands photographes, de Henri Cartier Bresson à Sebastiao Salgado en passant par Steve McCurry.
DU TOUCHER
Moins évident a priori, mais c’est comme ça. L’inde est le pays ou on est toujours bousculé par quelqu’un, pris par la main par un enfant ou renversé par un éléphant. Ca peut arriver partout et à tout moment.
DE L’ODORAT
Les Indiens ont une réputation qu’ils traînent avec eux la ou ils sont. Les habitant de Dubaï vous parleront avec dégoût de ces currys qui envahissent leurs immeubles! L’Inde est une symphonie perpétuelle d’odeurs et de parfums dans laquelle se mélangent subtilement le meilleur (encens, épices) et le pire (pollution industrielle, excréments, sueurs, cadavres animaux voire humains...). Petit à petit, le visiteur s’y accoutume et s’en imprègne. Même avec trois douches par jour, il reviendra chez lui en dégageant des senteurs qui surprendront ceux qui viendront l’accueillir à l’aéroport.
DU GOUT
Le sous continent est un grand parcours gastronomique. Des chicken masala aux tandoori en passant par les spécialités végétariennes, le voyage en Inde est l’occasion de découvrir des saveurs sublimes sans casser la tirelire. Les meilleures tables sont moins chères que le moindre café de Paris ou de Beyrouth!
Attention quand même aux effets secondaires. La cuisine indienne est fortement épicée et les dos les plus sensibles ne tarderont pas à ressembler à une carte de géographie! L’hygiène de ce pays n’est pas celle de la Suisse et manger n’importe quoi n’importe ou fera la fortune des Ercefuryl, Motilium et autres Imodium! 
DE L’OUIE
Dans les rues, il y a toujours un brouhaha indéfinissable, sorte de toile de fond sonore formée de klaxons, de cris et d’apparitions musicales venues d’on ne sait ou. L’Inde possède une culture musicale exceptionnelle qui a profité de la vague des musiques du monde pour se faire connaître en Occident. Ravi Shankar est un maître mondialement célébré du sitar et une nouvelle génération de prodiges a propulsé la création musicale indienne à des sommets. Citons Zakir Hussain le champion de la tabla, et Shankar (à ne pas confondre avec le précédent) et son double violon, Grandiose. 
ET LE SIXIEME SENS?
Of course. L’Inde est par excellence le pays des croyances, des superstitions, et des ferveurs religieuses. Toutes expérimentations spirituelles sont les bienvenues! 
décembre 1997-janvier 1998
Ce voyage, a été un premier contact avec le sous continent. Baron & Baron, accompagnés de Philippe et Claude, ont voulu découvrir différents aspects de ce pays à travers des sauts de puce, de Delhi à Khajurâho, Agra, Jaipur, Goa et Bombay.

23 / 12 / 1997 - Delhi
(Baron & Baron) Arrivée à Delhi à 2h du matin dans un froid de canard (il paraît qu'on n'avait pas vu ça depuis 1963!). Transfert, via un taxi qui a la bougeotte, à La Sagrita. Notre guest house est une charmante demeure aux chambres vastes et impeccablement propres, situé sur Sunder Nagar, un ensemble de villas bordant un petit parc.

10h: 1ere visite chez Sunil pour préparer le voyage: 1001 combines pour trouver des places... tous les avions et trains sont fully booked. En attendant, déjeuner Buffet au Coffee Shop du très luxueux Hyatt Regency. Visite de New Delhi: Jantar Mantar, Connaught Place, Janpath (crade). A l'Hôtel Impérial, massage à l'huile de coco et 5 o'clock tea. Passage au Taj Palace puis soirée au Sheraton: Dîner (royal) au Dumpunkht puis tentative (avortée) d'entrer à la boite de l'hôtel, le "Cangoroo".

(Claude et Philippe) Départ pour Delhi sur Kuwait Airways via Koweït. Vol Koweït-Delhi annulé, donc nuitée à l'Hôtel Safir.

24 / 12 / 1997 - Delhi
(Baron & Baron) Visite du Mausolée de Humayun. Découverte dans les jardins, de deux magnifiques tombeaux monumentaux en ruines, qui produisent, dont les ruines émergent dans les brumes matinales!
Au Temple du Lotus (ou Bahaï Temple), il faut marcher pieds nus des kilomètres dans le froid, pour atteindre un immense sanctuaire construit en 1986 par Faribuz Sahba, mélange entre un aéroport de Ero Saarinen et une base ennemie de James Bond! Le lieu est très décentré et mal desservi, il est impossible d'y trouver un rickshaw où un taxi, il vaut mieux assurer son retour à l'avance!
Nouvelle visite chez Suneel pour remettre en place le voyage... 2001 combines à nouveau. Déjeuner au Bar du Hyatt Regency. 

(Claude et Philippe) Arrivée (finalement) à Delhi vers midi. (les 4) Retrouvailles au Hyatt Regency. Visite du Qutb Minar, puis du Mausolée de Sadarjang, préfiguration du Taj Mahal, avec un corps à corps de Baron avec un boa de 2m! 

Lèche vitrines, en début de soirée au Marché des Antiquaires sur Sunder Nagar. Réveillon de Noël au Maurya Sheraton. Dîner au Bukhara, verre sans glaçons au Jazz Bar, rencontre avec des bijoutiers de Bombay, (re) tentative (re) avortée d'entrer à la boite de l'hôtel...

25 /12 / 1997 - Delhi / Khajurâho
Départ avorté pour Khajurâho Le vol d'Indian Airlines est annulé pour cause de mauvaises conditions météo. On en profite donc pour visiter le Fort Rouge. Embouteillage monstre de rickshaws!
On finit par décoller sur le Boeing 737 d'Indian Airlines, qui, pour se faire pardonner, nous gratifie de la visite du Père Noël à bord de l'avion.< 

Arrivée à l'Hôtel Clarks. Spectacle de danses des régions indiennes. Visite du village, inspection peu convaincante des restos du coin qui ont la curieuse particularité d'être sur des toits des maisons, pour finir au buffet, pas plus convaincant, de l'hôtel (fameuse soupe aux champignons). 

26 / 12 / 1997 - Khajurâho / Agra
Après un petit déjeuner pas plus inspirant que le dîner de la veille, visite des temples érotiques de Khajurâho Excitation unanime. 

Lors de la conquête moghole, la plupart des grands sanctuaires hindous du centre de l'Inde ont été détruits. Les temples de Khajurâho, en pleine campagne, ont survécut grâce à leur éloignement des grands centres urbains. Ils sont aujourd'hui célèbres pour les scènes érotiques qui couvrent un (petite) partie de leurs façades.

 Chaque temple, qui est protégé par une figure de lion, repose sur une plate-forme surélevée. Le temple est une représentation de la "montagne cosmique", d'où la forme oblongue pointée vers le ciel. Ce modèle s'est répandu, avec l'indianisation de l'Asie du Sud Est, aux royaumes du Champa (Vietnam) et trouve son apogée à Angkor. Les façades et les murs intérieurs son entièrement recouverts de divinités sculptées. 

Le vol pour Agra ayant été annulé à cause du brouillard. Départ en voiture pour prendre le train à Jhansi. En route, en pleine campagne, traversée d'un des affluents du Gange, d'un barrage en construction, rencontres inattendues avec des vautours et des japonais. Á Agra, mariage hindou à l'arrivée au Clarks Shiraz, dîner au Sunar, restaurant moghol complètement vide. 

27 /12 / 1997 - Agra / Fatehpur Sikri / Jaipur

Beaucoup de brouillard. Visite d'Agra, ville sale et triste. Fort Rouge, proche de celui de Delhi avec des singes en plus. Mausolée d'Itimad ad Daulah, avec encore plus de singes mais surtout une façade dont le raffinement des détails atteint ceux du magnifique Taj Mahal. Le lieu le plus célèbre de l'Inde est plein de touristes malgré le temps brumeux qui crée un spectacle des plus insolites: La façade blanche immaculée de la tombe de Mumtaz Mahal semble se fondre dans un ciel qui est de la même couleur!

Départ pour Fatehpur Sikri, ville (pas si) morte. Cette éphémère capitale moghole abandonnée pour des problèmes d'approvisionnement en eau ne semble pas avoir beaucoup changé en trois siècles, sauf qu'il y a plein de touristes. Il ne faut pas rater le Pavillon d'Audience. Le Sultan s'installait au sommet de la colonne centrale et pouvait voir ses visiteurs sans être vu!
La Grande Mosquée est sublime mais envahie par d'ignobles marchands du temple. Route (interminable, monotone et dangereuse) jusqu'à Jaipur, avec un va et vient monstre de camions. Arrivée au Bissau Palace qui, comme le mentionne le Lonely Planet est "situé au bout de la rue la plus sale de la ville". N'empêche, ce petit palais de maharadjah (ce dernier reçoit les hotes) permet pleinement, pour un prix modique, de découvrir les charmes du Rajasthan, avec des enfilades de chambres (bonjour l'intimité), une bibliothèque avec des portraits de famille, et une salle à manger typique!
Rencontre avec des hollandaises pleines de bonnes intentions et des anglaises arrivant de Goa (apparemment, le palais du Maharadjah de Bissau est toujours bien fréquenté), dîner remarquable chez Niro's précédé et suivi par des trajets non moins remarquables à 4 sur un seul rickshaw. Nuit dans le lit à baldaquin avec les moustiques.

28 / 12 / 1997 - Jaipur / Delhi 
Visite de Jaipur avec Rash, le meilleur guide cellularisé du Rajasthan, en tout cas, le meilleur de notre voyage. Acquisitions massives de marionnettes, puis,  déjeuner chez Pizza Hut. Re-shopping.

Départ pour Delhi en train. Arrivée à l'Hôtel Asian International, cadre naturel pour films d'épouvante, avis aux réalisateurs intéressés. L'Inde dans ce qu'elle a de pire à offrir à tous les sens. Tentatives d'évacuer vers La Sagrita (complet), et Le Méridien (trop cher!). Horror's Night à 4 dans un lit, avec à chaque fois, quelqu'un pour monter la garde aux cafards.

29 / 12 / 1997 - Delhi / Goa
Sortie très matinale pour fuir l'hôtel: Petit déjeuner à la Brasserie du Méridien: retour à la civilisation. Départ pour Goa sur Air India. A bord, les passagers, qui sont très in, se mettent en tenue estivale et les hôtesses de l'air sont à la hauteur des 190 $ que coûte le billet (aller simple, bakchich non compris). 

Arrivée à Calangute, check-in à Varmas Beach Resort. Magnifique hôtel de charme mais un inconvénient: pas de galipettes; les intrus sont interdis dans l'enceinte de l'établissement. Trempette sur la plage de Calangute avec un magnifique coucher de soleil et des milliers d'indiennes nageant avec leurs saris. Dîner de Poissons (pomfret, baby shark et king fish) et de fruits de mer, soirée à Anjuna, rave party au Paraiso, qui se terminera, paraît-il, vers 10h du matin.

30 / 12 / 1997 - Goa
Empoisonnement collectif. A tour de rôle, Claude (4h du mat), Baron (8h) et Baron (10h30) agonisent des suites du dîner de la veille (ils ont eu la bonne idée de manger des moules!). Philippe, qui a échappé au désastre fait une trempette et tente (en vain) d'organiser le retour de Goa.
15h30: tant pis pour les pompes funèbres; les pharmacies ambulantes ont fait leur effet. Visite de Old Goa et des ses églises baroques: Bom Jésus, avec la tombe de Saint François Xavier, Cathédrale de Sé, Saint François d'Assise...
Après un passage au Fort Aguada Beach Resort, soirée à Anjuna: dîner frugal (poulet grillé et riz bouilli pour Phil et Baron, chips pour Baron) et tournée des pubs. Pas de party ce soir, tout le monde se prépare pour le 31.

31 / 12 / 1997 - Goa
Location de mobylettes: nº 69 pour Baron et Baron. Plage à Baga, où les filles en topless côtoient les vaches (à tous les sens du terme!), puis à Anjuna. Marché aux puces le plus branché de la terre. Tatouage au henné pour Baron et fin de carrière pour une chemise Façonnable innocente. Coucher de soleil (le dernier de l'année) sur la plage au Shore Bar. Tous les freaks fument leurs pétards en attendant la soirée qui s'annonce chaude!
Dîner (de gala) au Cavala: Bar B Q de poissons et fruits de mer, red snapper remarquable. Taxi très branché fonçant entre les palmiers et les mobylettes. A minuit moins vingt, foule dans les rues d'Anjuna. Tout le monde se précipite au Paraiso. Les femmes et les enfants d'abord (certains ont emmené leur progéniture en bas âge!). Réveillon techno à n'en plus finir. 

1 / 1 / 1998 – Goa / Bombay
Plage à Vagator et Little Vagator. Comme c'est férié, beaucoup trop de locaux hormis 2 présumées israéliennes se bronzant les fesses. Sheena réussira à vendre 6 paréos à Baron. Organisation du Départ. Recherche à travers Calangute d'un 4x4 Tata Sumo pour se rendre à Bombay. Tous parasites de la ville sont en action pour toucher leur commission. A 20h arrivée de la voiture promise. Dîner à l'Océanic. Le patron se fait engueuler pour la lenteur de son service mais le repas (portugais) est exquis. Départ à bord de la Tata pour 12 h de caillasse sur les routes escarpées du Maharastra. Barrage à la frontière des deux états qui tente de nous extorquer de l'argent, sans succès garce à la fermeté de Philippe (expérience marocaine). 
 

2 / 1 / 1998 - Bombay
Arrivée à Mumbai après une nuit d'enfer. Check-In au Regent Hôtel, parmi les arabes du Golfe. Déjeuner (somptueux) au Tanjore du Taj Mahal Hôtel, un des plus célèbres d'Orient. L'architecte italien (ou français? ou anglais?) qui le dessina s'est suicidé en apprenant que ses plans avaient été inversés: La façade principale ouvrant sur la mer a été construite sur l'arrière et vice versa! Visite du Prince of Wales Museum et de sa superbe(!) cafette. Blague à part, les collections léguées par l'incontournable Sir Rathan Tata incluent de magnifiques exemples de la statuaire ancienne de l'Inde à la Mésopotamie. La rotonde d’entrée est  très intéressante.
Longue nuit de sommeil. 

3 / 1 / 1998 - Bombay
Après un petit déjeuner de poids au Shamania du Taj, visite des sanctuaires rupestres de l'Ile d'Elephanta, où il y des singes et pas d'éléphants. Certaines statues de Brahma sont quand même spectaculaires. Cette promenade en bateau qui permet, en chemin, de découvrir une île-prison (l'Alcatraz local) et les porte-avions de la flotte indienne (photos interdites dans les deux cas, donc tout le monde photographie!). Rencontre de Déborah qui est pour certains la plus belle découverte du voyage. Visite de Bombay. Temple Jaïn, Malabar Hills, Jardins Suspendus, Quartier des Blanchisseurs, Tours du Silence (pour ce qu'on en voit), Victoria Station, JJ School of Arts, University Clock... Métropole captivante, en fin de compte. 5 o'clock tea au Oberoi, un des plus beaux hôtels du monde. Dîner au Chinois de l'Ambassador sur les conseils de Déborah, ce qui ne manque pas d'altérer l'image de cette dernière aux yeux de certains, du moins sur ses goûts culinaires. Visite de Falkland Road, le glauque quartier chaud de Bombay.

4 / 1 / 1998 - Bombay / Beyrouth
Départ à 2h du mat pour l'aéroport dans un taxi brinquebalant dont la porte avant ne fermait pas (on a failli perdre Baron à plusieurs tournants) et qui avait un tournevis à la place du levier de vitesse. Aéroport atroce, contrôles interminables, embarquement laborieux, Baron a failli perdre sa sacoche au n-ième security check. Voyages de retours séparés, les uns sur Gulf Air, les autres sur Kuwait Airways. Ronflement sur les bancs de l'aéroport de Bahreïn et achat de CDs au duty free. Arrivée à Beyrouth dans l'après midi, direction: la salle de bains. 

THE END

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