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> ALLER / VENIR
L’aéroport international de Calcutta, Netaji Subhas de son nom officiel, DumDum de son nom d’usage, est situé à une quinzaine de km au nord-est de la ville (compter entre 30 min et une heure de trajet, suivant la circulation). Il comporte deux aérogares, une pour les vols internationaux, l’autre pour les lignes intérieures. Un hôtel Ashok se trouve à l’aéroport mais ce n’est sûrement pas une raison pour y descendre. 
La gare principale de Calcutta, c’est Howrah, qui se trouve dans la localité éponyme, sur la rive droite de l’Hooghly. Il faudra, pour la rejoindre, emprunter le fameux pont métallique du même nom. Howrah est une gare légendaire et immense qui peut être grouillante aux heures de pointe.
Circuler dans Calcutta peut se faire à pied, si les distances ne sont pas très longues. On prendra soin de faire attention aux trottoirs particulièrement défoncés. Les taxis sont nombreux à se présenter, mais seront plus rares à trouver votre destination, aussi célèbre soit-elle. Surtout ne pas demander au chauffeur, s’il connaît, il vous répondra par un inévitable “yes”. Mieux vaut lui demander quel chemin il compte emprunter. 
Calcutta possède une ligne de métro qui traverse la ville dans le sens nord-sud (des travaux sont en cours pour la prolonger jusqu’à l’aéroport). Rapide, efficace et commode. Les gares sont propres et des panneaux indiquent le temps restant avant le départ de la prochaine rame. Les quais sont très longs, comparables à ceux du RER parisien. Le métro ne fonctionne pas dimanche matin.
> DORMIR
Nous avons eu la chance de loger à l’Oberoi Grand, le plus bel hôtel de la ville (et un des plus beaux d’Asie). Construit en 1890 en plein coeur de la ville, ce palace à la longue façade avec un portique ionique fut racheté en 1947 par M.S. Oberoi qui en fit un des fleurons de sa chaîne. De l’agitation commerçante, vous passerez à la quiétude du porche d’entrée coiffé d’un fronton et aux lustres du hall d’entrée. Les chambres sont somptueuses: meubles de style empire, appliques, bergères, salle de bains en marbre avec gamme de produits de soins, service personnalisé et lits aux draps soyeux. L’hôtel possède une piscine dans une cour plantée de palmiers au bord de laquelle on peut siroter un verre, ainsi qu’un spa. Les chambres sont facturées autour de 200 USD et plus mais il est possible d’obtenir d’excellentes offres à partir du site internet de la chaîne Oberoi. Les nuitées permettent d’accumuler des miles sur le programme Fréquence Plus d’Air France.
L’autre adresse glamour du coin, c’est The Park, sur la fameuse rue éponyme. Excellent emplacement pour ce grand ‘boutique hôtel’ qui est le lieu de rendez-vous des rich and famous et des noctambules branchés qui passent leurs soirées dans une des deux boites de l’hôtel. Déco résolument contemporaine avec meubles de designers - deux fauteuils de Barcelone de Mies van der Rohe trônent dans le hall.
Parmi les autres palaces internationaux, citons le Taj Bengal (très luxueux), le Hyatt Regency (très éloigné) et le Sonar Bangla Sheraton & Towers (architecture est très impressionnante).
Calcutta compte des adresses intéressantes dans des catégories de prix un peu plus abordables. Une des plus fameuses est le Fairlawn. Niché au fond de son jardin, c’est une machine à remonter le temps bourré de souvenirs de l’époque coloniale. L’endroit est par excellence ce qu’on appelle un hôtel de charme plein de caractère, au risque de subir les fantaisies d’une robinetterie fantaisiste et un service pas toujours exemplaire. Ceux qui privilégient le confort à la beauté des lieux pourront opter pour le Lytton Hotel, considéré comme étant une valeur sure.
Enfin, une des possibilités de logement les plus originales de Calcutta est de prendre un bungalow ou une chambre au Tollygunge Club (120, Deshapran Sasmal Rd, tel 033/473 2316, fax 473 1903), un des plus grands clubs de golf hors de la Grande Bretagne. 
> MANGER
Calcutta offre au voyageur affamé de nombreux motifs de satisfaction. Ce ne sont pas les (bons) restaurants qui manquent. Il y en a plein, surtout entre Sudder street et Park street. Le Bar B Q est un des lieux incontournables de Park street. En 1er étage, il s’agit de deux salles servant, l’une de la cuisine indienne, l’autre de la cuisine chinoise. On y fait la queue tous les soirs. L’accueil est assuré par une livrée d’excellents quinquagénaires british qui gèrent la salle avec style et panache. La cuisine est excellente. Difficile de conseiller un plat particulier, tout ce que nous avons mangé était délicieux. En face de ce dernier se trouve Peter Cat, un endroit à l’ambiance plus feutrée. La nourriture est très bien (sans atteindre celle du Bar B Q) et l’endroit agréable. Exigez que votre bière soit servie dans une de ces magnifiques chopes en étain. 
Toujours sur Park street se trouve Flury’s, une des institutions les plus fameuses de la ville. Ce salon de thé est une excellente adresse pour prendre un en cas pendant la journée tout en contemplant l’animation perpetuelle de la rue. Bonne adresse pour le petit déjeuner.
Si vous aimez l’ambiance tamisée des palaces, vous pouvez vous faire un gueuleton au Taj Bengal ou au Oberoi Grand. La terrasse au bord de la piscine de ce dernier est un endroit idyllique, en principe réservé aux clients de l’hôtel (vous pouvez toujours tenter votre chance). Les snacks (burger végétarien, bagels au saumon fumé...) sont divins. 
Si vous aimez manger dans la rue, ne manquez surtout pas de vous arrêter dans une des pâtisseries qui se trouvent sur MG Road, près de Howrah bridge. Faites une sélection parmi les petits gâteaux qui sont proposés. Ce n’est pas diététique, mais très savoureux (mention spéciale pour ceux qui sont recouverts d’une fine couche d’argent).
> BOIRE / DANSER
Calcutta est une ville qui vit la nuit. Il suffit de voir les embouteillages du samedi soir sur Park Street pour s’en apercevoir. Pour avoir une idée des lieux en vogue, des soirées spéciales et des activités des DJ’s dans les clubs, jetez un coup d’oeil dans les rubriques mondaines du supplément local de votre journal ou allez traîner dans le hall du The Park. Cet hôtel compte deux établissements intéressants. Le Someplace Else, un bar pub à l’ambiance détendue ou officie en week end un groupe de musique live blues ou rock et une boite de nuit plus sophistiquée, le Tantra, ou vous pourrez croiser les plus beaux top models du Bengale. L’entrée à tous ces endroits est payante et donne droit à une modeste consommation (bière ou shot de vodka). Sachez qu’en Inde l’alcool est importé est hors de prix et qu’un shot de tequila au Someplace Else vous coutera 300R.
> ÉCOUTER / VOIR
Le Bengale est un des foyers les plus actifs de la culture indienne contemporaine. De nombreuses manifestations artistiques (concerts de musique classique indienne, spectacles de danse, théâtre, lectures de poésie) se déroulent donc dans différents théâtres et centres culturels de Calcutta. Les programmes sont annoncés dans les suppléments locaux des journaux. L’ennui est que les journaux mentionnent le seul nom de l’établissement et qu’il est parfois difficile, voire impossible d’en dénicher l’adresse. Cette rubrique, comme la précédente, est assez difficile à infiltrer par les étrangers tant les informations produites par les médias sont distillées et semblent ne s’adresser qu’aux habitants de la ville.
> ACHETER
Le centre ville de Calcutta offre de nombreuses tentations aux shopping addicts. Dans New Market et alentours, vous succomberez aux charmes des châles et autres textiles dont les rapports qualité / prix semblent plus compétitifs qu’à New Delhi ou Mumbai. 
Les mélomanes seront ravis. Dans le quartier de Rabindra Saran, près de la Bourse du Thé, ils trouveront tous les instruments de musique indienne, dont les tables, et chez Music World (Park street), il pourront choisir, jusqu’à 22h, parmi une immense sélection de cds de musique indienne (classique, traditionnelle, dévotionnelle, disco, techno) ou internationale (standards pop rock etc. à pratiquement 50% des prix européens).
Les bibliophiles non plus ne seront pas en reste. Calcutta compte un nombre phénoménal de librairies et de marchands de livres sur le trottoir chez qui vous pourrez, avec un peu de chance et de patience, trouver des choses intéressantes.
> LIRE
CARNETS & RÉCITS
Calcutta après Michaux, Julien Roumette, ed. de l'Aube, 2003, un carnet de voyage sur les pas de l’auteur d’Un barbare en Asie. Errance vers Calcutta, Jean Pierre Lefèvre, ed. Points De Suspension, 1997 est un ouvrage dont nous ne connaissons que la couverture, mais celle-ci est si séduisante que nous avons choisi de le signaler.
MERE THERESA & AL.
La bibliographie abonde en ouvrages évoquant à la mission de Mère Térésa et à la misère des rues de Calcutta, le best seller absolu étant la Cité de la joie de Dominique Lapierre duquel fut également tiré un film. Le photographe suisse Benoît Lange a consacré deux albums à cet univers, Dans Calcutta: Le médecin des oubliés, ed. Olizane, où il accompagne un médecin de rue qui s’occupe des plus démunis, et  Calcutta, ed. Chêne, un voyage à travers les rues de la ville avec des textes de Sunetra Gupta.
HISTOIRE
Calcutta, 1905-1971, Jean-Luc Racine, Autrement-Mémoires, 1997, la traversée tumultueuse du XXe siècle dans une ville rebelle à travers agitations, mouvements de contestations et foisonnement intellectuel.
LETTRES
Kali-katha, Alka Saraogi, ed. Gallimard autour du monde, les remises en questions et pérégrinations d’un commerçant septuagénaire dans Calcutta. 
PHOTO
Calcutta: The Home and the Street, Raghubir Singh, ed. Thames & Hudson,  1988, ouvrage aujourd'hui épuisé.

BANDE DESSINÉE
Calcutta, Sarnath Banerjee, 2007, Denoël Graphic. Prenant pour prétexte la recherche d’un livre mystérieux, ce récit fleuve nous ballade dans la Calcutta du XVIIIe siècle à celle d’aujourd’hui (avec des détours via Paris et Londres), à travers des personnages dont les mille frasques et scandales viennent saupoudrer les rumeurs de la ville monde.
SUR INTERNET
Deux excellents portails de la ville: Virtual Kolkata, avec, entre autres, une excellente rubrique architecturale dans laquelle sont répertoriés les bâtiments les plus intéressants, et Catchcal qui possède un plan interactif.
Kolkata Travel, présentation de la ville sur Lonely Planet, en anglais uniquement.

 

- Howrah!
- Hourrah?
- Howrah, la gare de Calcutta! On pourrait aussi dire hourrah, surtout si on arrive au terme d'un parcours de 22h (ou plus) en 3e classe. Après avoir traversé des campagnes puis des petites banlieues dont certaines, comme Chandernagor, ont des noms pleins de nostalgie, on descend à Howrah, la plus grande gare d'Asie. Sur les quais interminables, on a de la peine à suivre les porteurs pressés en direction de la sortie. On traverse l'impressionnant hall dans lequel un magnifique guichet de renseignements en bois sculpté semble sortir d'une exposition coloniale pour atteindre le perron. Il y règne une grande agitation, avec les taxis jaunes venus par centaines embarquer leur clientèle de voyageurs. Bien que nous soyons en week end, c'est la cohue totale. Pas de doute, nous venons d'arriver dans une mégapole. Ou plutôt, nous arrivons. Dernière étape à franchir, et non des moindres, Howrah Bridge, pont métallique enjambant le fleuve Hooghly entre la gare d'Howrah et la ville. Admirable ouvrage de construction en fer, Howrah Bridge est un véritable landmark de Calcutta (1). La circulation y étant devenue tellement saturée, on a construit un second pont pour le désengorger. Réalisé en 1992, Vydia Bridge est un ouvrage suspendu en béton, plus léger mais moins émouvant que son ainé. Le pont de Howrah, sur lequel nous roulons, débouche directement au coeur de la métropole. Grands bouleverds, enseignes publicitaires, bâtiments coloniaux et immeubles modernes comme celui de la Bourse du Thé, l'élégant Tea Board, ou se négocie la fine fleur du produit des plantations de Darjeeling.

Kolkata (Calcutta), Howrah Bridge
- calcutta l'arménienne -
A deux pas de l'animation des grands boulevards,
China Bazar est un marché populaire et grouillant de jour, totalement désert et glauque de nuit. Quelle idée de trainer ici un dimanche soir?! Baron est venu chercher, dans ces ruelles sombres, les origines de la ville: L'église arménienne et son cimetière. Calcutta, ville arménienne? Vous êtes en pleine science fiction!  Pas sur. Officiellement, Calcutta a été fondée en 1690 par la compagnie anglaise des Indes Orientales. Mais, dans le cimetière arménien, une tombe porte la date de 1630! En fait, les arméniens en question auraient été les premiers occupants de ce comptoir commercial, sans doute pour le compte des britanniques. Le cimetière arménien est donc le plus ancien vestige de la ville. L'église est plus récente (XVIIIe s). Entièrement enserrée dans un chaos urbain, il faut vraiment la chercher pour la voir. Un de ses portails est même obstrué par des échoppes. La communauté arménienne de Calcutta se réduit aujourd'hui à une peau de chagrin. L'église est toujours entretenue, mais l'accueil n'est pas des plus chaleureux, y compris pour les arméniens de passage.
Kolkata (Calcutta), China Bazar: la vraie fausse entrée de l'église arménienne!
- the road to mandalay -
Changement de décor. Nous déambulons à bord d'un taxi à travers les nombreux espaces verts de la ville, à la recherche d'Eden Gardens, jardin public fort apprécié des bengalis. Notre chauffeur ne connait visiblement pas l'adresse et s'evertue de nous convaincre que l'endroit n'existe pas. C'est un classique, chez taxis de Calcutta. Nous atteignons finalement notre objetcif à pied. Outre la faicheur et la quiétude des lieux, le but de la visite d'Eden Gardens est la Pagode de Prone, plantée au bord d'un étang. Cet édifice en bois a été ramené par les anglais de Birmanie en 1854. C'était la grande époque ou les puissances coloniales trimbalaient des monuments à travers le globe. Entre l'obélisque de Louxor qui s'est retrouvé place de la Concorde, l'Autel de Pergame et la Porte d'Ishtar à Berlin (cf. notre page sur l'ile des Musées, http://www.baronbaron.com/allemagne/museuminsel.html), la pagode de Prone fait peut être pâle figure. Construite en bois, elle était plus facile à démonter que les temples hellénistiques. Elle est néammoins un exemple intéressant de l'architecture tardive et flamboyante du Myanmar (XVIIIe-XIXe s), celle que l'on retrouve à Mandalay. Comme le célèbre temple d'Amarapura, elle a une forme de fusée composée d'étages superposés (huit) ornés, aux quatre coins, de créatures mythiques destinées à la protéger des mauvais esprits et dont la couleur dorée donne l'allure de flammes. Au sol, quatre figures en pierre gardent la pagode. Celles qui se tournent vers le levant sont souriantes, celles du couchant sont grimaçantes.
Kolkata (Calcutta), la pagode birmane prête à s'envoler

- petit inventaire de grandes architectures coloniales -
Ces deux petits lieux de culte sont aussi peu indiens l'un que l'autre. L'un est peu (presque pas) utilisé, l'autre décore un jardin public. Aucun ne se serait retrouvé ici sans le colonisateur britannique. Calcutta ne serait d'ailleurs pas Calcutta, sans cette empreinte coloniale qui colle tant à sa peau. Il suffit de la parcourir pour contempler, à chaque coin de rue, ces monuments grandioses construits lorsque la ville était la capitale du Raj. C'est un véritable alignement d'édifices victoriens, les uns plus imposants que les autres, ou cohabitent tous les styles qui étaient en vogue dans l'Europe de l'époque: Renaissance italienne pour l'Indian Museum et l'hôtel Oberoi Grand dont l'horizontalité semble s'étirer à l'infini. Néo-gothique pour l'impressionnant High Court (palais de justice) qui serait sorti des Flandres du XVe siècle et pour la Cathédrale (anglicane) Saint Paul dont l'intérieur contient des vitraux du peintre symboliste Edward Burne Jones et un tableau d'autel signé Alma Tadema. Alternance de brique et pierre de style plus british pour le fameux Writers Building, sur BBD Bagh, ou les fonctionnaires travaillent dans des interminables labyrinthes envahis de paperasses. Cette situation poussiéreuse a quelque chose de pathétique, comme si tout allait s'écrouler, tomber en ruines. Ruines modernes, vestiges d'une époque coloniale, que l'on retrouve dans toutes ces villes qui ont connu un âge d'or, comme l'Alexandrie d'avant 1956.  

Kolkata (Calcutta), le Metropolitan Building
- ruines et pâtisseries à la crème -
Calcutta ne manque pas de son lot de palais (cf. notre page sur le Marbe Palace), et autres immeubles abandonnés et décrépis. Sur J. Nehru Road, près de l'immaculé Oberoi Grand, se dresse un incroyable immeuble à l'architecture eclectique et chargée (colonnes, frontons, coupoles...) envahi par les arbres et les squatters. Ceux qui connaissent Beyrouth ne manqueront pas de le rapporcher de l'Immeuble Barakat (2), sur l'ancienne ligne de front. Mais il n'y a pas eu de guerre à Calcutta. Comment cet immeuble a-t-il pu se retrouver dans cet état? Qui est son propriétaire? Que fait la police? Si on le longe par la rue perpendiculaire, on constate qu'une partie vient d'être rénovée! Le bâtiment vit donc en état de schizophrénie, entre ruine et reconstruction. Ce n'est pas au Victoria Memorial mémorial que l'on pourrait retrouver ce double language et cette complexité. Ce monument construit pour honorer l'impératrice des Indes, ne dit rien d'autre que sa monumentalité. Son architecte a voulu faire un projet inspiré de deux des plus beaux édifices du monde: le Taj Mahal d'Agra et la cathédrale Saint Paul de Londres. Le résultat est aussi laid que ses deux modèles, auxquels il ne semble pas avoir compris grand chose, étaient des réussites inégalées. La reine Victoria n'a jamais fait le déplacement pour venir voir cette indigeste pâtisserie plantée au beau milieu du Maidan, grand parc central de Calcutta.

Kolkata (Calcutta), défilé sikh le dimanche matin
- city life -
Cette empreinte coloniale et cosmopolite, Calcutta la cultive encore mieux dans son quotidien. Moins internationale que Bombay et Delhi, elle s'en distingue pourtant par un art de vivre beaucoup plus glamour qui commence dans la rue. Certes, les trottoirs sont défoncés, mais il est si agréable de flâner dans ses artères, plus humaines que celles de New Delhi, moins étouffantes que le Chowk d'Old Delhi. Le promeneur peut dériver sur MG Road (Mahatma Gandhi), prendre des savoureuses patisseries et déambuler dans les nombreuses boutiques de textiles. Sur Park street, l'animation est continue jour et nuit. Entre les restaurants bourgeois, les disquaires et les très nombreuses librairies, on pourra prendre une pause chez Flury's le plus fameux salon de thé de la ville. Calcutta est une ville de commerçants, mais c'est aussi l'âme du pays, sa capitale intellectuelle. C'est la ville de l'écrivain Rabindranath Tagore et du cinéaste Satyajit Ray, considérés comme deux des plus grandes figures de l'Inde moderne. Caclutta est aussi une ville politiquement active. Traditionellement à gauche, elle est réputée pour ses innombrables manifestations qui viennent quotidiennement perturber son trafic déjà assez dense. La procession que nous avons croisé n'était pas politique, mais religieuse. C'était un défilé sikh organisé à l'occasion de l'anniversaire d'un personnalité (un saint? un prêtre?). Les hommes et les femmes défilaient séparément, avec beaucoup de rigueur et de dignité. Le service d'ordre nous a apostrophé pour demander aux hommes (mais pas aux femmes) de se voiler la tête.
Kolkata (Calcutta), dans le village des sculpteurs de Kumartuli, le mythe de Pygmalion et Galatée version hindi!
- la grande fête de durga -
L'animation de Calcutta atteint son paroxysme en automne, lors de la Durga Puja. Dédiée à la déesse Durga, cette fête se déroule à l'echelle de la ville et se prépare à longueur d'année, notamment dans le quartier de Kumartuli. Kumartuli, c'est plutôt un village dans la ville, habité par une caste de sculpteurs, dont le travail consiste à réaliser des effigies de la déesse Durga, ainsi que d'autres divinités. Lors des festivités, les statues sont promenées à travers les rues de la ville sur des chars nommés pandal. Chaque pandal est commandé par un quartier ou une association, et il y a évidement une concurrence à qui aura le pandal le plus beau, le plus spectaculaire et le plus kitsch. Au point culminant de la fête, les pandals se retrouvent sur les bords de l'Hooghly. C'est alors que les statues, oeuvres ephémères des sculpteurs de Kumartuli, achèvent leur voyage sur terre en étant immergées dans les eaux du fleuve.
Kolkata (Calcutta), le matin, sur les ghats
L'Hooghly, fleuve qui arrose Calcutta est un bras du Gange. Ses eaux sont sacrées, ce qui explique les cérémonies aquatiques décrites plus haut. Comme toutes les villes qui bordent le Gange, de Hardwar à Bénarès, Calcutta possède des ghats, quais aménagés en marches, ou les hindous se rendent pour faire le bain purificateur. Loin de l'ambiance feutrée des palaces de Park Street, les ghats offrent une autre vision de la ville. On retrouve cette ferveur hindoue qui se conjugue au quotidien dans ces rituels collectifs qui sont, somme toute, d'une grande simplicité. Un peu plus loin, près de Howrah Bridge, se tient le marché aux fleurs. C'est un endroit riche en couleur qui connait une animation ininterrompue. On vient y acheter des fleurs composées en sortes de colliers pour les offrir en offrandes. C'est donc une autre manifestation de cette dévotion ancrée dans la vie urbaine. Troisième et dernière étape de ce parcours dans la Calcutta religieuse, le temple de Kali. Kali est la déesse de la destruction et de la mort. On l'a vu, chez les hindous, les dieux "mechants" sont particulièrement craints, donc vénérés. Le temple de Kali est un important lieu de pélérinage. On y vient à longueur d'année honorer la déesse dans une ambiance d'excitation dont le folklore n'est pas sans rappeller les processions de dimanche des rameaux au Moyen Orient.
Kolkata (Calcutta), le marché aux fleurs
A proximité du Temple de Kali et de sa bourdonnante activité se trouve un des hôpitaux fondés par Mère Thérésa pour venir en aide aux nécessiteux. Nous n'avons plus besoin de présenter cette illustre figure, dont le nom est automatiquement associé à celui de la ville (et vice versa) et sa lutte infatiguable contre la misère. Ces institutions (il y en a plusieurs dans Calcutta) sont des havres d'humanité. Le secours apporté aux enfants par les volontaires indiens ou étrangers pourra un jour changer le monde. Encore faut-il qu'il y ait suffisament de gens pour le vouloir. Cette action est exemplaire, mais il faut savoir que si c'est ici qu'elle est célèbre, elle est répandue partout dans le monde. Certains croient que toutes la misère de l'humanité se concentrent à Calcutta alors qu'ils ne voient pas celle qui se trouve dans leur ville, sous leurs yeux!
(1) Il y a pas mal de villes associées à des ponts: San Francisco et son Golden Gate, Porto et sont pont de Gustave Eiffet (cf. www.baronbaron.com/portugal/porto.html) aussi surnommé Tour Eiffel horizontale, Hanoi et son pont Paul Doumer (cf. www.baronbaron.com/vietnam/hanoi.html).
(2) l'immeuble Barakat (bien fonds 1237) se trouve à l'intersection de la rue de Damas et de l'avenue de l'Indépendance, à Beyrouth. Pour en savoir plus sur son histoire et son état, cf. le projet Machines Cébataires réalisé par l'Atelier de Recherche ALBA www.alba.edu/ar/machines). 
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