| > ALLER / VENIR |
| L’aéroport international de
Calcutta, Netaji Subhas de son nom officiel, DumDum de son nom d’usage,
est situé à une quinzaine de km au nord-est de la ville
(compter entre 30
min et une heure de trajet, suivant la circulation). Il comporte deux
aérogares, une pour les vols internationaux, l’autre pour les
lignes intérieures. Un hôtel Ashok se trouve à
l’aéroport mais ce n’est
sûrement pas une raison pour y descendre. |
| La gare principale de Calcutta, c’est
Howrah, qui se trouve dans la localité éponyme, sur la
rive
droite de l’Hooghly. Il faudra, pour la rejoindre, emprunter le fameux
pont métallique du même nom. Howrah est une gare
légendaire et immense qui peut être grouillante aux heures
de pointe. |
| Circuler dans Calcutta peut se faire
à pied, si les distances ne sont pas très longues. On
prendra
soin de faire attention aux trottoirs particulièrement
défoncés. Les taxis sont nombreux à se
présenter, mais seront plus rares à trouver votre
destination, aussi célèbre soit-elle. Surtout ne pas
demander au chauffeur, s’il connaît,
il vous répondra par un inévitable “yes”. Mieux vaut lui
demander quel chemin il compte emprunter. |
| Calcutta possède une ligne de
métro qui traverse la ville dans le sens nord-sud (des travaux
sont en cours pour la prolonger jusqu’à l’aéroport).
Rapide, efficace et commode. Les gares sont propres et des panneaux
indiquent le temps restant avant le départ de la prochaine rame.
Les quais sont très longs, comparables à ceux du RER
parisien. Le métro ne fonctionne pas dimanche matin. |
| > DORMIR |
| Nous avons eu la chance de loger
à l’Oberoi
Grand, le plus bel hôtel de la ville (et un des plus
beaux d’Asie). Construit en 1890 en plein coeur de la ville, ce palace
à la longue façade avec un portique ionique fut
racheté en 1947 par M.S. Oberoi qui
en fit un des fleurons de sa chaîne. De l’agitation
commerçante, vous passerez à la quiétude du porche
d’entrée coiffé d’un fronton et aux lustres du hall
d’entrée. Les chambres
sont somptueuses: meubles de style empire, appliques, bergères,
salle de bains en marbre avec gamme de produits de soins, service
personnalisé et lits aux draps soyeux. L’hôtel
possède une piscine dans une cour plantée de palmiers au
bord de laquelle on peut siroter un verre, ainsi qu’un spa. Les
chambres sont facturées autour
de 200 USD et plus mais il est possible d’obtenir d’excellentes offres
à partir du site internet de la chaîne Oberoi. Les
nuitées permettent d’accumuler des miles sur le programme
Fréquence Plus d’Air France. |
| L’autre adresse glamour du coin, c’est
The Park, sur la fameuse rue éponyme.
Excellent emplacement pour ce grand ‘boutique hôtel’ qui est le
lieu de rendez-vous des rich and
famous et des noctambules branchés qui passent leurs
soirées
dans une des deux boites de l’hôtel. Déco
résolument
contemporaine avec meubles de designers - deux fauteuils de Barcelone
de Mies van der Rohe trônent dans le hall. |
| Parmi les autres palaces
internationaux, citons le Taj Bengal (très luxueux), le Hyatt Regency
(très éloigné) et le Sonar Bangla
Sheraton & Towers (architecture est très
impressionnante). |
| Calcutta compte des adresses
intéressantes dans des catégories de prix un peu plus
abordables. Une des
plus fameuses est le Fairlawn. Niché au fond de son jardin, c’est
une machine à remonter le temps bourré de souvenirs de
l’époque coloniale. L’endroit est par excellence ce qu’on
appelle
un hôtel de charme plein de caractère, au risque de subir
les fantaisies d’une robinetterie fantaisiste et un service pas
toujours
exemplaire. Ceux qui privilégient le confort à la
beauté
des lieux pourront opter pour le Lytton Hotel,
considéré comme étant une valeur sure. |
| Enfin, une des possibilités de
logement les plus originales de Calcutta est de prendre un bungalow ou
une
chambre au Tollygunge Club (120, Deshapran Sasmal Rd, tel
033/473
2316, fax 473 1903), un des plus grands clubs de golf hors de la Grande
Bretagne. |
| > MANGER |
| Calcutta offre au voyageur
affamé de nombreux motifs de satisfaction. Ce ne sont pas les
(bons) restaurants qui manquent. Il y en a plein, surtout entre Sudder
street et Park street. Le Bar B Q est un des lieux
incontournables de Park street. En 1er étage, il s’agit de deux
salles servant, l’une de la cuisine indienne, l’autre de la cuisine
chinoise. On y fait la queue tous les
soirs. L’accueil est assuré par une livrée d’excellents
quinquagénaires british qui gèrent la salle avec style
et panache. La cuisine est excellente. Difficile de conseiller un plat
particulier, tout ce que nous avons mangé était
délicieux.
En face de ce dernier se trouve Peter Cat, un endroit à
l’ambiance
plus feutrée. La nourriture est très bien (sans atteindre
celle du Bar B Q) et l’endroit agréable. Exigez que votre
bière
soit servie dans une de ces magnifiques chopes en étain. |
| Toujours sur Park street se trouve Flury’s,
une des institutions les plus fameuses de la ville. Ce salon de
thé est une excellente adresse pour prendre un en cas pendant la
journée tout en contemplant l’animation perpetuelle de la rue.
Bonne adresse pour le petit déjeuner. |
| Si vous aimez l’ambiance
tamisée
des palaces, vous pouvez vous faire un gueuleton au Taj Bengal
ou au Oberoi Grand. La terrasse au bord de la piscine de ce
dernier est un endroit idyllique, en principe réservé aux
clients de l’hôtel (vous pouvez toujours tenter votre chance).
Les snacks (burger végétarien, bagels au saumon
fumé...)
sont divins. |
| Si vous aimez manger dans la rue, ne
manquez surtout pas de vous arrêter dans une des
pâtisseries qui se trouvent sur MG Road, près de Howrah
bridge. Faites une
sélection parmi les petits gâteaux qui sont
proposés.
Ce n’est pas diététique, mais très savoureux
(mention spéciale pour ceux qui sont recouverts d’une fine
couche
d’argent). |
| > BOIRE / DANSER |
| Calcutta est une ville qui vit la
nuit.
Il suffit de voir les embouteillages du samedi soir sur Park Street
pour
s’en apercevoir. Pour avoir une idée des lieux en vogue, des
soirées spéciales et des activités des DJ’s dans
les clubs, jetez
un coup d’oeil dans les rubriques mondaines du supplément local
de
votre journal ou allez traîner dans le hall du The Park. Cet
hôtel compte deux établissements intéressants. Le Someplace
Else, un bar pub à l’ambiance détendue ou officie en
week end un groupe de musique live blues ou rock et une boite de nuit
plus
sophistiquée, le Tantra, ou vous pourrez croiser les
plus
beaux top models du Bengale. L’entrée à tous ces endroits
est payante et donne droit à une modeste consommation
(bière
ou shot de vodka). Sachez qu’en Inde l’alcool est importé est
hors
de prix et qu’un shot de tequila au Someplace Else vous coutera 300R. |
| > ÉCOUTER / VOIR |
| Le Bengale est un des foyers les plus
actifs de la culture indienne contemporaine. De nombreuses
manifestations
artistiques (concerts de musique classique indienne, spectacles de
danse,
théâtre, lectures de poésie) se déroulent
donc dans différents théâtres et centres culturels
de Calcutta. Les programmes sont annoncés dans les
suppléments
locaux des journaux. L’ennui est que les journaux mentionnent le seul
nom de l’établissement et qu’il est parfois difficile, voire
impossible
d’en dénicher l’adresse. Cette rubrique, comme la
précédente,
est assez difficile à infiltrer par les étrangers tant
les
informations produites par les médias sont distillées et
semblent ne s’adresser qu’aux habitants de la ville. |
| > ACHETER |
| Le centre ville de Calcutta offre de
nombreuses tentations aux shopping addicts. Dans New Market et
alentours, vous succomberez aux charmes des châles et autres
textiles dont les rapports qualité / prix semblent plus
compétitifs qu’à New Delhi ou Mumbai. |
| Les mélomanes seront ravis.
Dans
le quartier de Rabindra Saran, près de la Bourse du Thé,
ils trouveront tous les instruments de musique indienne, dont les
tables, et chez Music World (Park street), il pourront choisir,
jusqu’à 22h, parmi une immense sélection de cds de
musique indienne (classique, traditionnelle, dévotionnelle,
disco, techno) ou internationale (standards pop rock etc. à
pratiquement 50% des prix européens). |
| Les bibliophiles non plus ne seront
pas
en reste. Calcutta compte un nombre phénoménal de
librairies et de marchands de livres sur le trottoir chez qui vous
pourrez, avec un peu de chance et de patience, trouver des choses
intéressantes. |
| > LIRE |
CARNETS & RÉCITS
Calcutta après Michaux, Julien
Roumette, ed. de l'Aube, 2003, un carnet de voyage sur les pas de
l’auteur d’Un barbare en Asie. Errance vers Calcutta,
Jean Pierre Lefèvre, ed. Points De Suspension, 1997 est un
ouvrage dont nous ne connaissons que la couverture, mais celle-ci est
si séduisante que nous avons choisi de le signaler. |
MERE THERESA & AL.
La bibliographie abonde en ouvrages évoquant à
la mission de Mère Térésa et à la
misère des rues de Calcutta, le best seller absolu étant
la Cité de la joie de Dominique Lapierre duquel
fut également tiré un film. Le photographe suisse
Benoît Lange a consacré deux albums à cet univers, Dans
Calcutta: Le médecin des oubliés, ed. Olizane,
où il accompagne un médecin de rue qui s’occupe des plus
démunis, et Calcutta, ed. Chêne, un
voyage à travers les rues de la ville avec des textes de Sunetra
Gupta. |
HISTOIRE
Calcutta, 1905-1971, Jean-Luc Racine,
Autrement-Mémoires, 1997, la traversée tumultueuse du XXe
siècle dans une ville rebelle à travers agitations,
mouvements de contestations et foisonnement intellectuel. |
LETTRES
Kali-katha, Alka Saraogi, ed.
Gallimard autour du monde, les remises en questions et
pérégrinations d’un commerçant
septuagénaire dans Calcutta. |
PHOTO
Calcutta: The Home and the Street, Raghubir
Singh, ed. Thames & Hudson, 1988, ouvrage aujourd'hui
épuisé.
|
BANDE
DESSINÉE
Calcutta, Sarnath Banerjee, 2007, Denoël
Graphic.
Prenant pour prétexte la recherche d’un livre mystérieux,
ce récit fleuve nous ballade dans la Calcutta du XVIIIe
siècle à celle d’aujourd’hui (avec des détours via
Paris et Londres), à travers des personnages dont les mille
frasques et scandales viennent saupoudrer les rumeurs de la ville
monde. |
SUR INTERNET
Deux excellents portails de la ville: Virtual Kolkata,
avec, entre autres, une excellente rubrique architecturale dans
laquelle sont répertoriés les bâtiments les plus
intéressants, et Catchcal
qui possède un plan interactif. |
Kolkata Travel, présentation de la
ville sur Lonely Planet, en anglais uniquement.
|
|
|
|
-
Howrah!
- Hourrah?
- Howrah, la gare de Calcutta! On pourrait aussi dire hourrah, surtout
si on arrive au terme d'un parcours de 22h (ou plus) en 3e classe.
Après avoir traversé des campagnes puis des petites
banlieues dont certaines, comme Chandernagor, ont des noms pleins de
nostalgie, on descend à Howrah, la plus grande gare d'Asie. Sur
les quais interminables, on a de la peine à suivre les porteurs
pressés en direction de la sortie. On traverse l'impressionnant
hall dans lequel un magnifique guichet de
renseignements en bois sculpté semble sortir d'une exposition
coloniale
pour atteindre le perron. Il y règne une grande agitation, avec
les taxis jaunes venus par centaines embarquer leur clientèle de
voyageurs. Bien que nous soyons en week end, c'est la cohue totale. Pas
de
doute, nous venons d'arriver dans une mégapole. Ou plutôt,
nous
arrivons. Dernière étape à franchir, et non des
moindres,
Howrah Bridge, pont métallique enjambant le fleuve Hooghly entre
la gare d'Howrah et la ville. Admirable ouvrage de construction en fer,
Howrah Bridge est un véritable landmark de Calcutta (1). La
circulation
y étant devenue tellement saturée, on a construit un
second
pont pour le désengorger. Réalisé en 1992, Vydia
Bridge
est un ouvrage suspendu en béton, plus léger mais moins
émouvant
que son ainé. Le pont de Howrah, sur lequel nous roulons,
débouche
directement au coeur de la métropole. Grands bouleverds,
enseignes
publicitaires, bâtiments coloniaux et immeubles modernes comme
celui
de la Bourse du Thé, l'élégant Tea Board, ou se
négocie
la fine fleur du produit des plantations de Darjeeling.
|
|
Kolkata (Calcutta), Howrah
Bridge
|
- calcutta
l'arménienne -
A deux pas de l'animation des grands boulevards, China Bazar est un
marché populaire et grouillant de jour, totalement désert
et glauque
de nuit. Quelle idée de trainer ici un dimanche soir?! Baron est
venu chercher, dans ces ruelles sombres, les origines de la ville:
L'église arménienne et son cimetière. Calcutta,
ville arménienne? Vous êtes en pleine science
fiction! Pas sur. Officiellement, Calcutta a été
fondée en 1690 par la compagnie anglaise des Indes Orientales.
Mais, dans le cimetière arménien,
une tombe porte la date de 1630! En fait, les arméniens en
question
auraient été les premiers occupants de ce comptoir
commercial,
sans doute pour le compte des britanniques. Le cimetière
arménien est donc le plus ancien vestige de la ville.
L'église est plus récente (XVIIIe s). Entièrement
enserrée dans un chaos urbain, il
faut vraiment la chercher pour la voir. Un de ses portails est
même
obstrué par des échoppes. La communauté
arménienne
de Calcutta se réduit aujourd'hui à une peau de chagrin.
L'église est toujours entretenue, mais l'accueil n'est pas des
plus
chaleureux, y compris pour les arméniens de passage.
|
|
Kolkata (Calcutta), China
Bazar: la vraie fausse entrée de l'église
arménienne!
|
-
the road to mandalay -
Changement de décor. Nous déambulons à
bord d'un taxi à travers les nombreux espaces verts de la ville,
à la recherche d'Eden Gardens, jardin public fort
apprécié des bengalis. Notre chauffeur ne connait
visiblement pas l'adresse et s'evertue de nous convaincre que l'endroit
n'existe pas. C'est un classique, chez taxis de Calcutta. Nous
atteignons finalement notre objetcif à pied. Outre la faicheur
et la quiétude des lieux, le but de la visite d'Eden Gardens est
la Pagode de Prone, plantée au bord d'un étang. Cet
édifice en bois a été ramené par les
anglais de Birmanie en 1854. C'était la grande époque ou
les puissances coloniales trimbalaient des monuments à travers
le globe. Entre l'obélisque de Louxor qui s'est retrouvé
place de la Concorde, l'Autel de Pergame et la Porte d'Ishtar à
Berlin
(cf. notre page sur l'ile des Musées,
http://www.baronbaron.com/allemagne/museuminsel.html), la pagode de
Prone fait peut être pâle figure. Construite en
bois, elle était plus facile à démonter que les
temples
hellénistiques. Elle est néammoins un exemple
intéressant de l'architecture tardive et flamboyante du Myanmar
(XVIIIe-XIXe s), celle que l'on retrouve à Mandalay. Comme le
célèbre temple d'Amarapura, elle a une forme de
fusée composée d'étages superposés (huit)
ornés, aux quatre coins, de créatures mythiques
destinées à la protéger des mauvais esprits et
dont la couleur dorée donne l'allure de flammes. Au sol, quatre
figures en pierre gardent la pagode. Celles qui se tournent vers le
levant sont souriantes, celles du couchant sont grimaçantes. |
|
Kolkata (Calcutta), la pagode
birmane prête à s'envoler
|
|
- petit
inventaire de grandes architectures coloniales -
Ces
deux petits lieux de culte sont aussi peu indiens l'un que l'autre.
L'un est peu (presque pas) utilisé, l'autre décore un
jardin public. Aucun ne se serait retrouvé ici sans le
colonisateur britannique. Calcutta ne serait d'ailleurs pas Calcutta,
sans cette empreinte coloniale qui colle tant à sa peau. Il
suffit de la parcourir pour contempler, à chaque coin de rue,
ces monuments grandioses construits lorsque la ville était la
capitale du Raj. C'est un véritable alignement d'édifices
victoriens, les uns plus imposants que les autres,
ou cohabitent tous les styles qui étaient en vogue dans l'Europe
de l'époque: Renaissance italienne pour l'Indian Museum et
l'hôtel Oberoi Grand dont l'horizontalité semble
s'étirer à
l'infini. Néo-gothique pour l'impressionnant High Court (palais
de
justice) qui serait sorti des Flandres du XVe siècle et pour la
Cathédrale (anglicane) Saint Paul dont l'intérieur
contient des vitraux du
peintre symboliste Edward Burne Jones et un tableau d'autel
signé
Alma Tadema. Alternance de brique et pierre de style plus british pour
le fameux Writers Building, sur BBD Bagh, ou les fonctionnaires
travaillent
dans des interminables labyrinthes envahis de paperasses. Cette
situation
poussiéreuse a quelque chose de pathétique, comme si tout
allait s'écrouler, tomber en ruines. Ruines modernes, vestiges
d'une
époque coloniale, que l'on retrouve dans toutes ces villes qui
ont
connu un âge d'or, comme l'Alexandrie d'avant 1956.
|
|
Kolkata (Calcutta), le
Metropolitan Building
|
- ruines
et pâtisseries à la crème -
Calcutta ne manque pas de son lot de palais (cf. notre page sur le
Marbe Palace), et autres immeubles abandonnés et
décrépis. Sur J. Nehru Road, près de
l'immaculé Oberoi Grand, se dresse un incroyable immeuble
à l'architecture eclectique et chargée (colonnes,
frontons, coupoles...) envahi par les arbres et les squatters. Ceux qui
connaissent Beyrouth ne manqueront pas de le rapporcher de l'Immeuble
Barakat (2), sur l'ancienne ligne de front. Mais il n'y a pas eu de
guerre à Calcutta. Comment cet immeuble a-t-il pu se retrouver
dans cet
état? Qui est son propriétaire? Que fait la police? Si on
le longe par la rue perpendiculaire, on constate qu'une partie vient
d'être
rénovée! Le bâtiment vit donc en état de
schizophrénie,
entre ruine et reconstruction. Ce n'est pas au Victoria Memorial
mémorial que l'on pourrait retrouver ce double language et cette
complexité. Ce monument construit pour honorer
l'impératrice des Indes, ne dit rien d'autre que sa
monumentalité. Son architecte a voulu faire un projet
inspiré de deux des plus beaux édifices du monde: le Taj
Mahal d'Agra et la cathédrale Saint Paul de Londres. Le
résultat est aussi laid que ses deux modèles, auxquels il
ne semble pas avoir compris grand chose, étaient des
réussites inégalées. La reine Victoria n'a jamais
fait le déplacement pour venir voir
cette indigeste pâtisserie plantée au beau milieu du
Maidan,
grand parc central de Calcutta.
|
|
Kolkata (Calcutta),
défilé sikh le dimanche matin
|
-
city life -
Cette empreinte coloniale et cosmopolite, Calcutta la
cultive encore mieux dans son quotidien. Moins internationale que
Bombay et Delhi, elle s'en distingue pourtant par un art de vivre
beaucoup plus glamour qui commence dans la rue. Certes, les trottoirs
sont défoncés, mais il est si agréable de
flâner dans ses artères, plus humaines que celles de New
Delhi, moins étouffantes que le Chowk d'Old Delhi. Le promeneur
peut dériver sur MG Road (Mahatma Gandhi), prendre des
savoureuses patisseries et déambuler dans les nombreuses
boutiques de textiles. Sur Park street, l'animation est continue jour
et nuit. Entre les restaurants bourgeois, les disquaires et les
très nombreuses librairies, on pourra prendre une pause chez
Flury's le plus fameux salon de thé de la ville. Calcutta est
une ville de commerçants, mais c'est aussi l'âme du pays,
sa capitale intellectuelle. C'est la ville de l'écrivain
Rabindranath Tagore et du cinéaste
Satyajit Ray, considérés comme deux des plus grandes
figures
de l'Inde moderne. Caclutta est aussi une ville politiquement active.
Traditionellement à gauche, elle est réputée pour
ses innombrables
manifestations qui viennent quotidiennement perturber son trafic
déjà
assez dense. La procession que nous avons croisé n'était
pas politique, mais religieuse. C'était un défilé
sikh organisé à l'occasion de l'anniversaire d'un
personnalité
(un saint? un prêtre?). Les hommes et les femmes
défilaient
séparément, avec beaucoup de rigueur et de
dignité.
Le service d'ordre nous a apostrophé pour demander aux hommes
(mais
pas aux femmes) de se voiler la tête.
|
|
Kolkata (Calcutta), dans le
village des sculpteurs de Kumartuli, le mythe de Pygmalion et
Galatée
version hindi!
|
- la grande fête de durga -
L'animation de Calcutta atteint
son paroxysme en automne, lors de la Durga Puja. Dédiée
à la déesse Durga, cette fête se déroule
à
l'echelle de la ville et se prépare à longueur
d'année,
notamment dans le quartier de Kumartuli. Kumartuli, c'est plutôt
un
village dans la ville, habité par une caste de sculpteurs, dont
le
travail consiste à réaliser des effigies de la
déesse
Durga, ainsi que d'autres divinités. Lors des festivités,
les statues sont promenées à travers les rues de la ville
sur des chars nommés pandal. Chaque pandal est commandé
par
un quartier ou une association, et il y a évidement une
concurrence
à qui aura le pandal le plus beau, le plus spectaculaire et le
plus
kitsch. Au point culminant de la fête, les pandals se retrouvent
sur les bords de l'Hooghly. C'est alors que les statues, oeuvres
ephémères des sculpteurs de Kumartuli, achèvent
leur voyage sur terre en étant immergées dans les eaux du
fleuve. |
|
Kolkata (Calcutta), le matin,
sur les ghats
|
L'Hooghly, fleuve qui arrose Calcutta est un bras du Gange.
Ses eaux sont sacrées, ce qui explique les
cérémonies aquatiques décrites plus haut. Comme
toutes les villes qui bordent le Gange, de Hardwar à
Bénarès, Calcutta possède des ghats, quais
aménagés en marches, ou les hindous se rendent pour
faire le bain purificateur. Loin de l'ambiance feutrée des
palaces de Park Street, les ghats offrent une autre vision de la ville.
On retrouve cette ferveur hindoue qui se conjugue au quotidien dans ces
rituels collectifs qui sont, somme toute, d'une grande
simplicité. Un peu plus loin, près de Howrah Bridge, se
tient le marché aux fleurs. C'est un endroit riche en couleur
qui connait une animation ininterrompue. On vient y acheter des fleurs
composées en sortes de colliers pour les offrir en offrandes.
C'est donc une autre manifestation de cette dévotion
ancrée dans la vie urbaine. Troisième et dernière
étape de ce parcours dans la Calcutta religieuse, le temple de
Kali. Kali est la déesse de la destruction et de la mort. On l'a
vu, chez les hindous, les dieux "mechants" sont particulièrement
craints, donc vénérés. Le temple de Kali est un
important lieu de pélérinage. On y vient à
longueur d'année honorer la déesse dans une ambiance
d'excitation dont le folklore n'est pas sans rappeller les processions
de
dimanche des rameaux au Moyen Orient.
|
|
Kolkata (Calcutta), le
marché aux fleurs
|
A
proximité du Temple de Kali et de sa bourdonnante
activité se trouve un des hôpitaux fondés par
Mère Thérésa pour venir en aide aux
nécessiteux. Nous n'avons plus besoin de présenter cette
illustre figure, dont le nom est automatiquement associé
à celui de la ville (et vice versa) et sa lutte infatiguable
contre la misère. Ces institutions (il y en a plusieurs dans
Calcutta) sont des havres d'humanité. Le secours apporté
aux enfants par les volontaires indiens ou étrangers pourra un
jour changer le monde. Encore faut-il qu'il y ait suffisament de gens
pour le vouloir. Cette action est exemplaire, mais il faut savoir que
si c'est ici qu'elle est célèbre, elle est
répandue partout dans le monde. Certains croient que toutes la
misère de l'humanité se concentrent à Calcutta
alors qu'ils ne voient pas celle qui se trouve dans leur ville, sous
leurs yeux!
|
(1) Il y a pas mal de villes
associées à des ponts: San Francisco et son Golden Gate,
Porto et sont pont de Gustave Eiffet (cf. www.baronbaron.com/portugal/porto.html)
aussi surnommé Tour Eiffel horizontale, Hanoi et son pont Paul
Doumer (cf. www.baronbaron.com/vietnam/hanoi.html).
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(2) l'immeuble Barakat (bien
fonds 1237) se trouve à l'intersection de la rue de Damas et de
l'avenue de l'Indépendance, à Beyrouth. Pour en savoir
plus sur son histoire et son état, cf. le projet Machines
Cébataires réalisé par l'Atelier de Recherche ALBA
www.alba.edu/ar/machines).
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Baron & Baron (texte), Baron & Baron, Rana Haddad, STAD
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