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> ALLER / VENIR
L’aéroport de Bhubaneswar se trouve au nord de la ville, 20 minutes de route à peu près. Le terminal, qui semble un peu trop grand par rapport à la taille du trafic, comporte une boutique d’artisanat de l’Orissa (textiles) proposant de beaux objets mais à des prix assez élevés, ainsi qu’un marchand de confiseries et chocolats (pas toujours frais) et un kiosque de téléphone à longue distance. Contrôles de sécurité draconiens (plus stricts que dans tous les aéroports du pays que nous avons emprunté). 
La gare de Bhubaneswar est sur le passage de nombreux trains. En provenance de Delhi (24h minimum de trajet), Chennai (autant) et Kolkata (7h minimum pour le Howrah Puri Express). Prendre le train pour Puri n’est pas vraiment une affaire, c’est beaucoup plus lent que les transports routiers.
Bhubaneswar est relié à Puri par une excellente route qui permet au trajet de ne pas excéder 1h. Sur ce parcours se trouvent les deux villages d’artisans de Pipli et de Ragurajpur. Au nord est de la ville se trouve le Nandankanan Zoological Park, le trajet dure entre 30min et 1h. Des bus partent du Lingaraj Mandir.
La ville de Bhubaneswar est assez étendue, et les temples et autres curiosités sont disséminés un peu partout. L’idéal est de faire un accord à la journée avec un chauffeur de taxi afin de pouvoir faire la visite à sa guise. 
> DORMIR
Bhubaneswar n’est pas une ville spécialement attrayante pour y faire un séjour prolongé et on lui préfère généralement Puri qui n’est qu’à une heure de route et qui bénéficie d’une ambiance sympathique et de son bord de mer. Ceci dit, la capitale de l’Orissa possède une infrastructure hôtelière qui permettra de loger dans des conditions décentes. Les deux meilleures adresses de la ville sont, de loin le Trident Hilton et le Mayfair Lagoon. Les deux établissements, qui sont d’ailleurs voisins, sont des resorts construits autour de jardins tropicaux avec piscines, restaurants de qualité et tout ce qu’on peut attendre d’un quatre étoiles. Le Trident est un peu plus cher que le Mayfair mais il est possible d’obtenir des offres à travers leurs sites internet ou des agences de voyages.
A ces deux adresses que nous recommandons vivement, citons deux autres qui sont beaucoup moins inspirantes, l’une pour son kitsch, l’autre pour son austérité. Le kitsch, c’est le Swosti Plaza. Si vous atterrissez sur Bhubaneswar en soirée, vous verrez de l’hublot un chose illuminée qui vous fera croire un instant que le pilote s’est trompé de destination et qu’il vous emmène à Las Vegas. Le Swosti Plaza (à ne pas confondre avec le Swosti tout court) se veut être la quintessence de l’extravagance et de l’opulence, on se demande à quel genre de clientèle il s’adresse. Pour le Kalinga Ashok, c’est tout trouvé. Cette bâtisse en béton brut au décor décrépi ravira les fonctionnaires en mal de bureaucratie!
> MANGER
Nous n’avons pas fait de repas pantagruélique à Bhubaneswar, juste grignoté des fruits et autres pâtisseries achetés dans la rue. Pour avoir une valeur sure, allez dîner (si vous n’y séjournez pas) au Trident ou au Mayfair, cités plus haut.
> BOIRE / DANSER
Un verre au bord de la piscine de votre hôtel.
> ACHETER
Des bondieuseries hindoues aux alentours du Lingaraj Mandir. Pour du shopping ethnique allez sur la route de Puri. Le village de Pipli est spécialisé dans la fabrication de lampions en tissu de toutes les couleurs. En soirée, la rue principale en est d’ailleurs entièrement illuminée et c’est vraiment charmant.

 

Capitale d’état de l’Orissa, Bhubaneshwar est un des hauts lieux de l’art et l’architecure indiens. La cité compte pas moins de 500 temples, dispersés un peu partout dans la ville, construits entre le VIIe et le XVe siècle. A moins de faire une thèse en histoire de l’art qui leur soit consacrée (et encore!), les visiter tous semble, à nos yeux, une idée saugrenue.
Bhubaneshwar, le Mukteshwar Mandir (à gauche, le torana)
-  petite leçon d’architecture -
Les temples de Bhubaneshwar sont reconnaissables grâce à leur sikhara, ou tour sanctuaire, de forme curviligne couronnée par un grand disque. Ils apartiennent à ce type d’édifices en hauteur que l’on retrouve en Inde du Nord, de Khajuraho à Konarak (cf. nos pages qui sont consacrées à ces endroits). Les édifices, généralement de dimensions assez modestes, sont toujours surelevés sur une plate forme et composés de trois parties: Une première salle, ou se déroulent des cérémonies de danse (à Konarak, la salle de danse est une structure indépendante de celle du temple), qu’on apelle aussi pronaos (1), la grande salle (naos) nommée jagamohan et enfin le saint des saints, le sikhrara, ou sanctuaire à proprement parler, dans lequel se trouve la statue du dieu auquel est dédié le temple. Cette distribution cloisonnée des espaces se retrouve dans plusieurs religions polythéistes. Ainsi, les temples de l’Egypte pharaonique sont formés d’une succession de salles hypostyles, et les temples grecs ont une composition tripartite (pronaos, naos, celle) dans un plan parfaitement rectangulaire. Ce qui distingue l’architecture des temples hindous, c’est que ce découpage en trois salles se distingue à l’extérieur par une composition formée de trois éléments distincts. Deux structures couvertes d’une pyramide (le pronaos et le naos) ainsi qu’une tourne en forme de montagne cosmique ou plutôt d’obus, couvrant le sanctuaire.

Bhubaneshwar, près du Lingaraj Mandir
- le lingaraj mandir -
Ou temple de Lingaraja, c’est le plus grand et le plus sacré de Bhubaneshwar. Il attire de nombreux hindoux qui y viennent en pélérinage, par conséquent, l’endroit est toujours plein d’animation et de couleurs avec ses foules de fidèles, ses marchands de bondieuseries et leurs incroyables étalages, ainsi que ses inévitables rabatteurs qui s’empresseront de vous proposer quelque chose. Le touriste étranger ne peut pas visiter le Lingaraj Mandir, dont l’accès est réservé aux seuls hindous (même restriction au Dham de Puri). Le seul moyen d’en voir quelque chose est de le contourner, vers la droite à partir de l’entrée, pour atteindre une plate forme d’observation aménagée sur le mur d’enceinte et qui est accessible depuis la rue. Il faudra, pour jouir de ce privilège, s’acquitter, espèces sonnantes et trébuchantes, d’une "donation" auprès de membres d’un clergé fort concerné par les affaires d’ici bas. L’opération sera enregistrée (comme partout ailleurs) dans un livre d’or qu’on vous fera consulter pour vous montrer les sommes mirobolantes qu’y ont versé vos prédecesseurs (vous devez être les voyageurs les plus pauvres que Bhubaneshwar ait vu). Bref, il faudra marchander, surtout que le préposé essayera de vous convaincre que l’investissement que vous faites au Linagaraj Mandir est le seul que vous devrez vous acquitter à Bhubaneshwar, ce qui est totalement faux, puisque vous devrez payer autant de fois que vous visitez de temples. Bref, une fois débarassés de ce poids qui encombrait vos poches, vous pourrez contempler cet impressionnant complexe hérissé d’une multitude de pyramides et de tours oblongues entourant le sanctuaire central. La décoration de ces batiments du XIe siècle est très riche mais la distance ne vous permettra pas de les apprécier à leur pleine valeur. En revanche, avec un peu de chance, vous pourrez tomber sur une pooja, prière hindoue. Dernier conseil. Faites cette visite le matin. La plate forme étant à l’est des temples, l’après midi vous aurez le soleil dans les yeux et le Lingaraj à contre jour.

- le bindu sagar -
Le Lingaraj Mandir est entouré d’une multitude d’autres temples, plus modestes. En partant sur le nord, vous pourrez contempler le lac sacré, ou, si le cœur vous en dit, vous y baigner. Ce bassin rectangulaire entouré de ghats et de chapelles en forme de sanctuaires miniature contiendrait de l’eau provenant de toutes les sources et rivières de l’Inde.


Bhubaneshwar, au Parashurameshwar Mandir
- le temple de parashurameshwara -
De l’autre côté du lac sacré, vous pourrez découvrir cet étonnant temple construit au VIIe siècle. Les sanctuaire tour est précédé d’un naos (ou jagamohan, cf. plus haut), sans pavillon de danse. Le naos est une salle allongée couverte non pas d’une pyramide mais d’un toit à double pente, comme une maison. La décoration des façades est intéressante. Elle comporte de nombreuses figures de la mythologie hindoue, comme Ganesh. On notera que les sculptures en bas relief ont moins de mouvement et de volume que dans les constructions plus tardives (photo ci-dessus). Les compositions graphiques ont encore une certaine rigidité, une simplicité et une clarté qui tendront, plus tard, à se perdre au profit d’une plus grande profusion ornementale.
- le temple de mukeshwara -
Construit au Xe siècle, le Mukteshwar Mandir est un temple (dans un complexe qui en comporte plusieurs, de moindre intérêt), petit en dimmensions mais immense par sa décoration. C’est un des plus beaux que nous ayons vus en Inde (Khajuraho inclus). Une des originalités du temple de Mukteshwara réside dans la présence du portail qui le précède, un torana qu’on verrait plutôt au Japon qu’ici. L’édifice lui même présente un programme iconographique exceptionnel avec des sculptures d’une qualité remarquable, comme le lion fantastique qui couronne la porte d’entrée et surtout les danseuses (photo ci-dessous) aux corps volptueux mais dont les visages ont malheureusement été abimés. Le cadre verdoyant dans lequel se trouve ce temple (comme nombre de ses similiaires) ne fairt que rendre la visite encore plus agréable. On est bien loin de la foule du Lingaraj Mandir

- l’orissa state museum -
On peut encore en visiter, des temples, ou bien approfondir ses connaissances des arts de l’Orissa en arpentant les salles de l’Orissa State Museum. Les salles du rez de chaussée abritent des sculptures de grande qualité provenant des sites de la région tandis que celles du 1er étage présentent une exposition de l’artisanat de l’Orissa et un aperçu de l’art tribal. Ouvert du mardi au dimanche, 10h-17h, guichet fermé entre 13h et 14h.


Bhubaneshwar, le Mukteshwar Mandir, figure de danseuse
- le nandankanan zoological park -
C’est l’attraction populaire qui fait le plein, la promenade du dimanche 7 jours sur 7. A une trentaine de km de Bhubaneshwar, ce parc zoologique est célèbre pour ses tigres blancs du Bengale et autres fauves. Les indiens viennent par milliers contempler les bêtes qui y sont exposées. De nombreuses attractions y sont proposées, notamment des safari. Ces excursions organisées dans des autocars munis de barreaux metalliques permettent au commun des mortels d’admirer tigres et lions en liberté. En fait liberté surveillée dirions nous plutot, ce qui est un peu plus chic que les animaux en cage. Cette activité est le best seller du zoo et il faudra beaucoup de patience pour attendre son tour. Pour le reste, vous pourrez vous contenter des pachydermes. D’adorables petits éléphantaux chevelus se feront un joie de venir vous dire bonjour avec leur trompe, au grand bonheur de Zeina
.
Ceux qui ont encore l’envie et le temps pourront faire d’autres promenades au départ de Bhubaneshwar. Il y a Dhauli, que l’on atteint depuis la route de Puri, un rocher au sommet duquel le roi Ashoka fit graver son fameux édit en 260 av-JC. Un stupa moderne s’y trouve mais ne présente pas un immense intérêt. Les amateurs de temples rupestres qui ne sont pas allés au Maharastra voir les sites d’Ellora, Ajanta et Elephanta pourront aussi visiter les grottes de Khandagiri et Udaigiri, au nord de la ville. Nous n’étions pas de ceux-là, nous avons préféré rentrer sur Puri et ses plages.
(1) Les termes naos et pronaos, utilisés à l’origine pour désigner les salles du temple grec sont devenu des termes génériques que l’on emploie dans les d’architectures du monde entier.
2004, Baron & Baron, Claude Abou Chedid (photos), Baron & Baron (texte), tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS