| Ce
parcours est une rencontre avec la Grèce continentale.
Athènes,
d’abord: Capitale grouillante, une des plus polluées du
monde,
mais aussi passionnante, avec ses quartiers vivants, ses monuments
antiques
et byzantins, et ses musées. Outre les incontournables,
Musée
National, Musée Benaki, et Musée d’Art Cycladique, citons
également la Pinacothèque Nationale (pour les amateurs de
peinture) et le Musée d’Art Contemporain aménagé
dans
une ancienne usine, peu connu des touristes, qui organise des
expositions
très intéressantes. Ensuite c’est la campagne, l’antique
Delphes et sa superbe Aurige en bronze, les monastères byzantins
de d’Ossios Loukas et ceux des Météores, perchés
sur
des pitons rocheux dans un cadre insolite et grandiose. Enfin,
après
la pittoresque Metsovo, Ioanina et sa mosquée ottomane au
bord du lac, le voyage s’achève à Corfou, une des
îles
les plus charmantes du pays. La ville de Kerkyra et ses influences
vénitiennes
(et son musée d’art asiatique!), et, pour finir, le farniente
des
plages et la fête tous les soirs! |
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| Récit
du voyage en Grèce avec Baron & cie, 19-25 août
2002 |
| par
Karim el
Dahdah* |
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Lundi 19
Il est
3h du matin,
à l’aéroport. J’ai bien dormi, je suis en forme, mais une
question: OU SONT LES AUTRES? Des autres, je ne connais que Greg (qui
ne
vient pas d’ailleurs), et la voix de Patrick au
téléphone.
Mais lui n’a aucun mal à me reconnaître et je fais
connaissance
avec le reste du groupe qui arrive. L’avion bouge beaucoup, Carine,
à
coté de moi a peur, et moi aussi. |

| Arrivée
à
Athènes. Notre guide s’appelle Vicky, elle est jolie,
pétillante
et potelée. Le bus prévu est immense et c’est tant
mieux
(on voit grand, chez Baron & Baron) et son chauffeur (Adonis ou
Antony
j’ai jamais su) un vieux play-boy bon vivant. Il pleut, la
météo
a prévu du mauvais temps toute la semaine et je commence
à
paniquer. Mais la pluie a cessé lorsqu’on arrive à
l’hôtel
Astor, place Syndagma. Patrick, Carl et moi allons visiter des
musées
alors que le reste des dix qui n’a pas si bien dormi la nuit se repose.
Musée Benaki, musée des Cyclades et de l’Art grec ancien,
le Parlement grec et ses pigeons sont au programme de Vicky. |

Pita
au poulet et
salade grecque _à faire soi-même_ sont a un autre
programme,
celui du déjeuner, qu’on prend tous ensembles dans un petit
resto
au coin d’une rue, avant d’attaquer le Musée
Archéologique
National, dans un poussiéreux état, en attendant la fin
de
la rénovation prévue pour les Jeux Olympiques de 2004. Et
puis, enfin, l’incontournable, la fameuse Acropole, que l’on voit de
très
loin. Le Parthénon a beau être minus, presque
décevant,
j’ai la sensation émouvante de me trouver en face d’un des
berceaux
de la civilisation. Vicky est prise d’une diarrhée verbale, mais
nous laisse quand même flâner seuls sur la colline, d’ou
l’on
a une vue panoramique splendide sur tout Athènes, notamment sur
la vieille ville, la Plaka, où l’on décide d’aller
flâner
un peu. La Plaka ressemble un peu à Montmartre avec ses
charmantes
ruelles, ses maisons coquettes, et ses touristes. Un esprit libre a
même
aménagé un petit coin pour abriter son univers fait
d’objets
recyclés: Tom’s Café avec, au menu, toast sur XXX,
anthrax
coffee, atomic pancakes, Bin Ladin’s soup et le today’s special pussy
cat
stew with vegetables. Quel phénomène! Un peu plus loin,
Patrick
hésite sur un pantalon en lin blanc, la vendeuse s’entête,
je m’impatiente en français et me prend une belle diatribe de la
nana non moins belle et qui en plus maîtrise bien les langues…
Le
soir, Athènes
brille dans la nuit, et les restos sont pleins à craquer, pas de
place au Il Parmigiano, dommage... On y mange très bien, aux
dires
des athéniens et la déco est superbe. On marche beaucoup,
un ami à Lara propose de dîner au Pirée, le port
d’Athènes
ou il parait c’est charmant. On va au Pirée mais on termine
finalement
dans un fast-food. C’est bon, et on rigole bien lorsque
Carine-qui-est-tres-drôle
appuie trop fort sur le robinet à pression et se prend une belle
giclée de ketchup sur les habits.
Au
fait il est ou
le Pirée? |

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Mardi 20
Petit
déjeuner
grandiose avec vue panoramique sur l’Acropole depuis la terrasse de
l’hôtel,
puis, départ pour le monastère d’Ossios Loukas, deux
heures
de route. Le bus est très grand et c’est très pratique
pour
dormir. Le monastère est un joyau de l’art byzantin, avec ses
mosaïques
et ses superbes peintures murales dont certaines ont les yeux
crevés
par les Turcs, mais je ne peux m’empêcher de frissonner devant le
cercueil en verre d’Ossios Loukas lui-même. Mais passons. Nous
achetons
du miel et du thym pour les mamans de quelques-uns uns, à vrai
dire,
il a le même goût que le miel Akiki! |

| Tout
le monde en
route pour Delphes, un village à très haute altitude. La
Taverna Vakchos ou l’on déjeune à d’ailleurs une vue
imprenable
sur les vallées. La salade grecque est toujours moins grecque
qu’à
Beyrouth, et es délicieux plats typiques grecques valsent sur la
table, sauf pour Lara qui préfère des
spaghettis
bolognaises. Sur une tasse de yoghourt au miel, nous allumons une
bougie
pour fêter l’anniversaire de Muriel.
Mais
c’est le site
antique de Delphes, dédié à Apollon et qui
fut
autrefois le “nombril du monde” car il attirait des visiteurs du monde
entier venus consulter son oracle, qui retient surtout notre attention,
avec ses colonnades, le rocher de la Pythie, prêtresse d’Apollon,
et la fontaine ou, parait-il, les jeunes filles qui s’y baignent
retrouvent
leur virginité (blagues de circonstances bien sur). Il faut
grimper
sur un sentier interminable pour atteindre l’immense stade, mais la vue
de la haut est à couper le souffle. Au musée, on admire
le
fameux aurige de Delphes, pendant que Walid fait son strip-tease avec
ses
fameux pantacourts et tailles basses achetés pour l’occasion et
désormais célèbres.
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| 3h
15 de route et
l’on arrive à hôtel Antoniades, à Kalambaka, une
petite
bourgade qui a le mérite de voisiner avec les
Météores
(mais ça c’est pour demain). Je prends ma douche lorsque Mumu,
qui
occupe la chambre voisine, m’accompagne à travers la cloison sur
“En chantant” de Sardou. Fou rire garanti. Au Koka Roka, on savoure les
délicieux souvlakis de porc ou de boeuf, arrosés de
l’alcool national (dont j’ai oublié le nom).
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Mercredi 21
Journée
d’intense
piété aujourd’hui pour la visite des monastères
des
Météores. Les monastères sont en quelque sorte des
reconstitutions de petits villages, à la différence
près
qu’ils sont perchés comme des nids d’aigles sur des pics
vertigineux
quasi-inaccessibles, et que leurs habitants, hommes ou femmes
s’habillent
toujours de noir et ne sont pas très souriants. Je suis
frappé
par la sérénité du lieu et l’extrême
degré
d’ascétisme des religieux. Les filles doivent
impérativement
se vêtir d’une jupe à l’entrée parce que la Vierge,
idéal de la femme chrétienne, parait-il, ne connaissait
pas
le pantalon… Mais Carine se plait tellement dans sa nouvelle jupe
qu’elle
oublie même de s’en défaire à la sortie! Visite du
Roussanou, le plus pittoresque, d’Haghios Nikolaos Asapavsas, le plus
petit,
où le grand artiste Vlassis Tsotsonis était en train de
restaurer
des icônes et des fresques. Ce dernier est également en
charge
au Monastère de Sainte Catherine au Sinaï. Nous allons
enfin
au Grand Météore, où une fabuleuse exposition des
oeuvres de la célèbre photographe grecque Balafas
était
au rendez-vous.
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Départ
pour
la Thessalie ou l’on s’arrête au village de Metsovo, à
1160
m d’altitude, charmant avec ses maisons coquettes aux balcons fleuris,
ses petites vieilles en noir et ses délicieuses saucisses du
pays.
Et là, c’est toute une histoire, parce que Patrick, grand
amateur
de cannes artisanales, se tape une ‘Pyksari’ au prix fort après
de longs marchandages défectueux, ce qui suscite les railleries
de Jix qui s’en est quand même offert une lui-même. Mais
quand
on aime, on ne compte pas… Déjeuner au restaurant Galaxias, dans
un grand jardin, pour une cuisine traditionnelle arrosé de bon
vin
blanc de la région. Walid en a pardessus la tête des
trajets
en bus et veut à tout prix un taxi pour rejoindre le soleil et
les
nanas de Corfou (chez qui on est supposés arriver demain mais
qui
n’en finissent plus d’arriver) alors il appelle Avis –Beyrouth pour
s’enquérir
de Avis-Metsovo… Peine perdue. Patience Walid…
En
route, les saucisses
de Metsovo se révèlent particulièrement lourdes
sur
mon estomac et incompatibles avec les virages à 90
degrés.
Mais Mumu-qui-est-pharmacienne-heureusement a toujours des
pilules-miracles
sous la main. On redescend enfin pour arriver à Ioannina,
située
au bord d’un lac pittoresque. Check-in à hôtel Palladio,
puis
ballade dans la vieille-ville turque. On prend le bateau pour rejoindre
l’île, flâner devant les boutiques d’argenterie qui font la
réputation de la ville, et puis surtout dîner Cuisses de
grenouille,
anguilles et autres poissons du lac sont au menu, sauf pour moi qui
digère
toujours mes saucisses de midi. On chante tous ensembles Becaud,
Aznavour
et Cabrel, et c’est là que notre joyeux brouhaha attire
l’attention
de Hagop et Hannah, un couple de français qui dînent
à
la table d’à coté. On fait rapidement connaissance, elle
est d’origine juive égyptienne, lui arménienne, et ils
sont
tous deux très gentils. On parle de tout et de rien, et on
embarque
ensembles en chantant Barbara, pour rejoindre Ioannina, où l’on
se sépare. Promenade sur la jetée, on s’éclate aux
auto-tamponneuses où Carine s’en prend de partout, on assiste
même
à un petit spectacle en plein air de chant et de danses
folkloriques,
avant d’aller prendre un verre dans une boite animée. C’est tard
dans la nuit qu’on rentre à hôtel, Jix insiste quand
même pour aller goûter à la meilleure glace de
Grèce
que fait la célèbre pâtisserie Diethnes. Baron et
Carl,
tôt le matin, ne la rateront pas. |

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Jeudi 22
Trajet
ensommeillé
en bus pour arriver à Igoumenitsa. En route, Vicky raconte
l’histoire
de son père, un riche commerçant d’Izmir chassé
par
la révolution kémaliste. On a juste le temps d’acheter
les
billets et d’embarquer sur le ferry pour Corfou. Depuis les quais,
Vicky
nous envoie des baisers d’adieu et part vite rejoindre son beau
chauffeur.
Enfin
la mer, le
soleil et les shorts, délaissés à contre-cœur des
jours durant pour les pudiques pantalons des pudiques
monastères.
Sur le pont, on aperçoit les cotes de l’Albanie toute proche, et
puis Corfou se dessine au loin, se précise et s’exhibe enfin
devant
nous. C’est Walid qui va être heureux…
Notre
nouvelle guide
s’appelle Wadad, elle est d’origine libanaise, toujours pressée,
parle fort avec de grands gestes, et j’ai soudain l’impression bizarre
que Vicky me manque beaucoup…. Check-in à hôtel Arion (la
réceptionniste est particulièrement antipathique). On
découvre
Corfou-ville, ou Kerkyra, avec ses piazza et ses vieilles
bâtisses
décrépies au charme typiquement italien, avec du linge
tendu
d’un immeuble à l’autre au-dessus de nos têtes.. Mac Do
pour
changer, puis visite de Kassoni (célèbre carte postale de
Corfou), puis de l’Achilleion, le superbe palais d’été de
l’impératrice Sissi, dédié au héros grec
Achille,
dont l’immense statue surplombe un panorama de rêve.
Le
soir, cruel dilemme:
les trajets jusqu’aux plages sont longs, alors faut-il ou non louer des
scooter pour le week-end? C’est la qu’on rencontre bien plus qu’un
personnage,
un vrai phénomène, qu’on appellera Lovely Kawly
(littéralement
Jolie Bite, terme qu’il ne cesse de répéter, visiblement
ivre), proprio de scooters à louer. Nos permis de conduire sont
restés au Liban, si bien qu’on cherche à duper Lovely
Kowly.
Mais Lovely Kawly n’est pas crédule, s’entête, refuse les
cartes-bidon qu’on lui tend et sort littéralement de ses gonds
devant
les prouesses malheureuses de Baron sur scooter, qui a bien
failli
lui écraser sa femme, ou de Jix qui n’arrivait pas à
faire
démarrer le sien. Bon ben finalement peut-être que les
scooters
c’était pas une très bonne idée, on trouvera autre
chose… Direction Ipsos en taxi, dans le restau le plus branché
de
la ville, le Phoebus. Délicieux! Et nous finissons dans la
série
des pubs-dancings tout le long de la plage. Ambiance de tonnerre et
shots
à gogo.
|

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Vendredi 23
Le
lendemain, maillots
et sacs de plages pour savourer enfin le soleil qui est au rendez-vous.
On prend le bus pour Paléokastritsa. C’est une étroite
bande
de plage super-bondée, alors on décide d’embarquer pour
un
petit coin perdu, à l’abri des touristes. Et la, le
rêve…une
petite crique de galets fins, une eau turquoise… il n’en faut pas plus
pour passer une délicieuse journée.
Walid
et Ed nous
rejoignent dans le mini-bus qu’ils ont loué pour le
week-end.
Jix et moi on découvre qu’on a en commun les trois-quarts du
répertoire
de la chanson française, puis Yasha me raconte en bronzant ses
péripéties
de maîtresse d’école, alors que Carine, plus loin,
fait
du topless sur sa bouée gonflable, à l’abri des
soi-disant
regards. Avant de plonger dans un profond sommeil à l’ombre,
couvert
de sa serviette orange fluo pour ne pas prendre froid, Walid profite de
faire chanter Mumu en lui prenant des photos assez artistiques sous
l’eau.
Le soir, on dîne dans un resto qui fait de délicieux
poissons.
“Badna nwale3a” est le leitmotiv de la soirée. Du Club Med au
Privilège,
la boite la plus techno, on est servis avec une foam-night des plus
animées.
C’est Mumu qui s’en pris partout, du foam! |

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Samedi 24
La
journée
de samedi est un enchantement. Notre mini-bus a beau sentir le pourri,
il se révèle très pratique pour découvrir
Corfou.
Plage, soleil, topless et farniente à volonté à
Glyfada,
que dire de plus? Le resto italien La Cuccina, dans une ruelle, ou l’on
dîne ce soir, est très charmant, et les délicieux
petits
plats valsent à volonté, tout comme valse la pâte
à
pizza dans les mains du cuisinier. Mais je commence à sentir des
picotements dans la gorge, préludes à un gros rhume qui
va
m’accompagner jusqu’au bout (et bien plus après)… |

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Dimanche 25
Dimanche,
le groupe,
mon rhume et moi on s’entasse dans le bus. La plage de Sidari qu’on
gagne
n’est pas très propre, et la moyenne d’âge plutôt…
âgée
et british., Alors, après une tournée en kayak, retour au
bus pour une nouvelle virée en quête d’une plage
meilleure.
On profite pour faire les fous… Patrick a soudain le coup de foudre
pour
une petite crique rocheuse avec une vue superbe sur la mer.
Paleokastritsa,
au bar de la grotte, sandwichs, musique et plongeons à
volonté
pour notre dernière journée à Corfou. Le soleil se
couche, il faur rentrer, descendre les valises déjà
bouclées.
Le blues du retour, vol Corfou-Athènes, puis
Athènes-Beyrouth.
Mes tympans vont exploser au dessus de Beyrouth, il est trois heures du
matin, je rentre chez moi.
Adios
les amis,
le rêve est fini… |
| *Karim
el Dahdah est étudiant en publicité (option illustration)
à l'Académie Libanaise des Beaux-Arts ALBA et
lauréat
du 1er au Festival International de la Bande Dessinée de
Beyrouth
2003. |
| 2002-2004,
Karim Dahdah (texte), Baron & Baron (photos), tous droits
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