| > ALLER / VENIR |
| L'aéroport International de Dubai
est un des plus actifs du monde. Il fonctionne 24h sur 24, avec des
heures de pointe la nuit. Pour aller de et vers l'aéroport, de
nombreux taxis sont disponibles. Il sont toujours climatisés et
abordables par rapport au cout (très élevé) de la
vie. Des bus navettes circulent entre les
hôtels et certains points de la ville, se renseigner
auprès
de concierge sur leurs horaires et parcours. |
Autrefois ramassée autour de la
crique, l’agglomération s’étale depuis dix ans le long de
l’axe Sharjah-Abou Dhabi, la Cheikh Zayed Road. Si cette artère
autoroutière roule généralement bien, les
secondaires et sorties sont souvent très encombrées
surtout aux heures de pointes. L’accroissement démographique a
fait de Dubaï un enfer de la circulation que les autorités
tentent de soigner a travers des solutions - instauration de
péages, construction d’un métro aérien – qui
laissent les résidents sceptiques. Le climat rend la promenade a
pied impossibles au moins neuf mois sur douze.
|
| La
crique de Dubai est traversée à longueur de
journée
par des embarcations rustiques manoeuvrées par des iraniens et
des
pakistanais. Prix modique et ambiance garantis. |
| > DORMIR |
La palette hôtelière de
Dubaï s’étale habituellement en palaces clinquants aux
tarifs astronomiques, auberges mal famées pour trafiquants des
ex. républiques soviétiques pas très amicaux et
pensions sordides pour ouvriers originaires du sous-continent indien.
|
Le coup de cœur Baron & Baron
La XVA Gallery est une superbe
guesthouse installée dans une ancienne demeure restaurée
du vieux quartier de Bastakiya. Autour d’un magnifique patio
(idéal pour prendre une collation), neuf chambres adorables
à l’étage (150 à 200 USD, ce qui est très
bon marché pour le pays) avec boiseries et déco de style
contemporain. Comme l’endroit abrite des expositions d’art
contemporain, on a de fortes chances d’y faire des rencontres
intéressantes. |
Les palaces en bord de mer
Ils sont, en majorité, dans la région de Jumeirah. Le
plus célèbre et le plus cher est Burj al Arab
ou, pour plus de 600 USD / nuit, on aura droit à un
étalage de kitsch impossible et au privilège d’être
dans une tour plantée dans le mer. Plus attrayants sont le One &
Only Royal Mirage et le Madinat
Jumeirah.
Ces deux établissement sont construits selon le même
principe: Reconstitution d'un village arabe avec des pavillons
andalous, des patios, des salons, des jardins plantés, une
multitude de restaurants, bars, salons de thé, boutiques, et
plage de sable. Ça a peut être un côté
Disneyland, mais ça fonctionne. Madinat Jumeirah est
composée de plusieurs parties, Mina Salam, la plus populaire, et
Al Qasr (le palais), au luxe tapageur. Si vous préférez
l'architecture plus conventionnelle de style contemporain, optez pour
un des deux resorts de la chaîne Le Meridien: Le
Meridien
Mina Seyahi Beach Resort and Marina et Le Royal
Meridien Beach Resort & Spa, plus récent et plus
luxueux. |
Plus
éloigné du centre, le Jebel Ali Golf Resort & Spa
reste une adresse de grand prestige. Niché dans des jardins, il
est doté d'une marina privée, d'un spa magnifique et de
restaurants réputés dont le Signatures.
|
Le
plus kitsch
Le plus extreme, le plus radical, le plus colossal, le plus sous marin,
le plus mauvais gout, celui qui laisse les hotels casinos de Las Vegas
au rang d'une auberge de charme, c'est Atlantis
The Palm.
|
Les palaces urbains
Si vous passez à Dubaï pour affaires ou que vous
préférez loger en ville, l'hôtel Emirates
Towers occupe une des tours éponymes.
Très grand standing, l'hôtel est situé au coeur du
plus beau centre commercial de la ville avec les plus belles enseignes
de la mode et de la joaillerie: l'endroit rêvé pour les
fashion vicitms. Le Sheraton
Dubai Creek Hotel and Towers
occupe un emplacement moins glamour mais plus bucolique. Son
inoubliable façade en forme de triangle est posée sur la
crique de Dubaï avec une vue imprenable sur la navigation des
boutres dans le vieux port. Le Sheraton est un des hôtels les
plus anciens de Dubaï (près de 30 ans) mais son
architecture est une des interventions contemporaines les plus
intéressantes de la ville. Il a été
récemment rénové (un peu trop à notre
goût) pour maintenir son standing face à la
compétition des nouveaux établissements. |
| Le
Qamardeen Hotel, de la chaine
Southern Sun est une curiosité de design: Très
particulier, avec de superbes salles de bains integrées à
la
chambre et un lobby à tentures sur trois etages. Et dans un lieu
pour l'instant
totalement baronnien: au beau milieu de l'immense chantier de Burj
Dubai...
1 km de chantier pour arriver a l'hotel, seul batiement en etat de
fonctionnement du "most prestigious kilometer on earth!". |
Hôtels d’aéroport (au cas
ou)
Si vous
êtes à Dubai pour une correspondance et que vous devez y
passer la nuit, il y a un hôtel à l'intérieur
même de l'aérogare, le Dubai International. Les
chambres sont facturées la somme mirobolante de 180USD et ne les
valent pas du tout. Cette option n'est valable que pour les personnes
qui sont obligées de la prendre, celles n'ayant pas de visa et
dont la nationalité ne permet pas d'entrer automatiquement dans
le pays. Sinon, vous pourrez descendre au Le Meridien Dubai
(à ne pas confondre avec ceux cités plus haut), en face
de l'aéroport et très confortable.
|
Escapades
dans le désert
A une heure de route de Dubai on
peut se delasser au Hatta Fort Hotel, un Relais et
Chateaux niché dans les montagnes près du sultanat d'Oman
ou au Emirates Al Maha Desert Resort & Spa,
un sanctuaire romantique pour revivre les fantasmes exotiques de
l'orient lointain dans des suites inspirées des tentes
bédouines.
|
| > MANGER |
Dubai offre une palette de saveurs
à la hauteur de son cosmopolitisme. Vous aurez le choix entre
les cuisines moyen-orientales arabes (beaucoup de restaurants libanais)
et iraniennes. L'Inde occupe, avec son immense communauté
locale, une place de choix. Les pays d'Asie du Sud Est sont eux aussi
très bien représentés. Du côté de
l'occident, ça va des pizzas aux restaurants français
(certains sont excellents et horriblement chers) et, évidement,
bien plus bas, à toutes les chaines de restauration rapide
américaines, toutes présentes ici. Mention
spéciale pour les poissons et fruits de mer,
particulièrement savoureux. Les eaux du golfe sont très
poissoneuses et de nombreux hôtels
proposent un 'fish market', buffet de produits de la mer, un vrai
délice.
|
| L’endroit
le plus séduisant de Dubaï est probablement Pierchic, à Al Qasr, Madinet
Jumeirah. Après avoir traversé les salons de
l’hôtel, on vous embarque sur une golf car jusqu’au bord de la
mer. Là, une jetée en bois mène au restaurant
construit sur pilotis au milieu de la mer. On a le choix entre la salle
intérieure comportant un bar lumineux en brique de verre qui
change de couleur et la terrasse. On choisit la terrasse pour l’air
marin et la vue incroyable sur le littoral, Madinet Jumeirah et Burj al
Arab. La carte comporte peu de plats, principalement de la mer. Ces
derniers sont précédés de apetizers
étonnants, dont un servi dans un immense saladier vide avec
juste une cuillère contenant une bouchée de quelque chose
de non identifié. La nourriture est de qualité mais pas
transcendante et le prix astronomique de l’addition se justifie bien
plus par le cadre exceptionnel et la mise en scène. |
| Le
Teatro (Towers
Rotana Hotel, Sheikh Zayed Road) est une des adresses les plus
appréciées pour ses plats européens et sa bonne
ambiance (réserver longtemps à l’avance). Le décor
n’est, en revanche, pas aussi spectaculaire que le nom pourrait
l’indiquer. |
| Le
patio de la XVA Gallery (voir
dormir) est une excellente adresse pour déjeuner léger ou
prendre le thé. Un choix de salades et de sandwiches organiques
est proposé. Eviter le fetta eggplant burger, lui
préférer le halloumi and grilled vegetables qui est
excellent. Le service peut être lent mais toujours amical. |
Une confiserie locale à ne pas
manquer, ce sont les dattes fourrées (aux oranges amères,
c'est un rêve). A acheter chez Bateel, le meilleur
chocolatier de Dubai, plusieurs adresses en ville.
|
| > BOIRE / DANSER |
| Prendre en verre en fin d’après
midi / début de soirée se conjugue dans de nombreux
endroits. Le spot le plus glamour du moment est Momo’s (Mall of the Emirates, chez
Harvey Nichols), un restaurant salon de thé marocain (on peut
aussi y déjeuner ou dîner). Les luminaires dessinés
par Annabel Kassar donnent au lieu une touche ethnico-hype et les
petites pâtisseries sont des pêchés mignons. |
| Les bars, pubs et boites de nuit sont
de plus en plus nombreux à Dubaï. Ils s'adressent à
des clientèles variées, certains risquant d'être
assez sordides, comme les lieux de perdition animés par des
"artistes" des pays d'Europe de l'Est. On peut honnêtement
prendre un verre dans un endroit sympa et bien fréquenté,
les adresses changeant assez souvent, le mieux est de se fier au bouche
à oreille. Souk Madinet Jumeirah comporte plusieurs spot pour
prendre un verre et / ou danser, dont le JamBase, un lounge ou se produit
parfois de la music live. Possibilité de grignoter des
bouchées. Posé au milieu de la mer en face du Jumeirah
Beach Hotel, le 360° est un
bar lounge terrasse sur un ilot avec canapés blancs et vue
imprenable sur la mer et
Burj al Arab. |
| > ÉCOUTER / VOIR |
| Les Emirats sont passés du
stade de désert culturel à une étape quasi
incontournable pour ce qui se passe dans ce monde. La ville bouge au
rythme de nombreux évènements tels que le Dubaï Film Festival, le Gulf Art Fair, plus grande foire
d’art contemporain du monde arabe, des concerts de rock, de jazz et de
musique electro, des tournois sportifs, etc. Voir la programmation dans
Time Out Dubai ou dans la presse locale. |
| > LIRE |
| Lonely Planet propose un guide
(en anglais) sur Dubai. L'éditeur australien avait
déjà Istanbul, Le Caire, Delhi et bien d'autres. Mais un
guide sur Dubai, rien que sur Dubai, il faut le faire! Certes, il y a
les bonnes adresses, les conseils pratiques, et les choses à
voir, mais quand même! Dubai est une ville petite, facile
à maitriser et dans laquelle il y a très peu de choses
à visiter. C'est sans doute le LP le plus superflu que nous
connaissions, mais, parait-il, comme Dubai est à la mode, il se
vend comme des petits pains. Un petit aperçu de la ville est
disponible en français sur le site www.lonelyplanet.fr |
| Time Out, autre référence
anglo saxone, a aussi jeté son dévolu sur Dubai. Sa
version en ligne propose un carnet d'adresses de restaurants, bars et
autres activités. |
Les mirages de Dubaï,
Patrick
Jourdain, Routard Mag,
12
janvier 2005, une reportage dont l'esprit est assez proche de celui-ci,
on
comment Dubai fait sont entrée sur le site du Guide du Routard.
|
On peut
également consulter le site internet du Dubai Department of
Tourism and Commerce Marketing.
|
Page non officielle du Dubai
Museum
|
| > ACHETER |
| Deux sortes de shopping sont possibles
à Dubai: Celui des shopping malls, à commencer par celui
de l'aéroport, ou vous trouverez tout ce que produit la terre en
matière d'articles, des vêtements italiens aux articles
électroniques. Dubaï se veut une Mecque de la consommation,
organisant à grands renforts de publicité des shopping
festivals, mais il faut savoir que les prix ne sont pas
spécialement attrayants. Les malls les plus intéressants
sont Mall of the Emirates
(architecture hideuse mais excellent choix de magasins, de Camper
à Harvey Nichols) et Ibn Batuta,
le summum du kitsch avec son décor à thèmes de
voyages (Inde, Egypte, Iran, Tunisie, Chine). L'autre façon
d'acheter, c'est de déambuler dans les souks de la vieille
ville, sur les bords de la crique, et de Deira, chez les marchands
d'épices, de textiles ou autres articles exotiques (indiens,
africains) parfois inutiles mais toujours charmants. Le souk de la
ville voisine de Sharjah est encore plus typique que celui de
Dubaï. Sachez enfin qu’il existe des endroits hybrides, comme le
shopping mall chinois, immense Chinatown à ciel couvert. |
|
- airport
city -
A travers le hublot de l'avion qui entame sa descente, la ville
déploie ses lumières. Ça brille de partout. Sur le
tarmac, des gros porteurs du monde entier et ceux de la compagnie
Emirates sont agglutinés le long d'un terminal allongé
à l'allure futuriste. Débarquement. Moquette moelleuse et
palmiers en or. Des préposés asiatiques en uniforme
à la Spirou attendent des V.I.Ps. A la sortie, c'est la tour de
Babel: Des occidentaux, des indopakistanais, des africains et pas
autant d'arabes qu'on ne pourrait l'imaginer. Travailleurs, hommes
d'affaires, femmes du monde et vacanciers se sont donnés
rendez-vous ici. L'aéroport est le premier contact avec une
ville, les autorités de Dubaï l'ont bien compris. Tout est
fait pour donner au voyageur l'impression qu'il arrive au "centre du
monde". Débauche de moyens, formalités d'entrée
ultra rapides, etc. Mieux que ça, l'aéroport de
Dubaï est la pièce maîtresse dans cet ambitieux
projet de "ville monde". Avec la compagnie Emirates, une des plus
performantes du monde, Dubaï est devenu un noeud aérien
majeur entre l'Occident (Europe, USA) et la région Asie
Pacifique. Objectif en vue: détrôner les tigres asiatiques
que sont Singapour, Kuala Lumpur, Bangkok et Hong Kong.
Pour y arriver, Dubai s'est lancée dans un rythme de
construction effréné et surréaliste. La ville a vu
sa surface se multiplier par dix en dix ans, couverte de gratte ciels,
de shopping malls et d'hotels les uns les plus luxueux que les autres.
Des constructions totalement hors échelle par rapport à
la demande et largement alimentées par la spéculation
immobilière. Une bulle qui a gonflé, gonflé,
gonflé et qui, avec la crise financière de 2008-2009, a
éclaté.
|
|
| 1. Autoroute Abou Dhabi –
Dubaï. En face, Dubai Marina,
à 30 km du centre ville, vers Jebel Ali. |
La photo est "ancienne": il y a aujourd'hui dix fois plus de
gratte-ciels
|
-
blade runner (1) -
La ville, la nuit. Une vaste autoroute - Cheikh Zayed Road -
fonce sur quatre vois. De part et d'autre de la voie, s'alignent des
gratte-ciels illuminés aux formes étranges parfois
fantaisistes, inspirées parfois de châteaux gothiques ou
de minarets. On se croirait dans une ville virtuelle ou dans un film de
science fiction. En roulant à toute vitesse dans ce
décor, on retrouve l'ambiance du film Blade Runner ou d'un jeu d'arcade
sur un écran d'ordinateur. Retour au même endroit, le
lendemain matin. Ces immeubles sont bien réels, mais ressemblent
à un décor de théâtre, non seulement
à cause de leur architecture, mais tout simplement parce qu'il
n'y a rien derrière, si ce n'est des terrains vagues. Terrains
qui seront bientôt occupés par d'autres tours qui
longeront une autre autoroute. Car le facteur temps est
déterminant. Dubaï est une ville en perpétuelle
mutation. Le présent se conjugue au futur sans conditionnel.
Vous croyez que Berlin et Beyrouth, villes en reconstruction, sont des
villes qui changent? Vous n'avez rien vu. Dubaï vit depuis une
dizaine d'années avec des projets de construction les uns plus
hallucinants que les autres. Les tours, c'est évidement ce qu'on
voit en premier. Les plus hautes sont celles d'Emirates Towers. Deux
tours jumelles, comme à New York (non, trop tard) et à
Kuala Lumpur. En fait presque jumelles. D'une facture sobre à
coté des atroces bâtisses des hôtels Dusit et
Westin, elles abritent des bureaux, un hôtel de luxe, et une
centre commercial de grand standing. La crème des joalliers et
des couturiers du vieux monde expose les collections les plus
prestigieuses. Des tours vous en verrez partout, le long de la crique,
avec cet intéressant immeuble des Telecoms qui a la forme d'un
plan courbe. Mais il y a les tours et il y a LA tour. Burj Dubai ou
tour de Dubaï. Signée par l’agence S.O.M (Skidmore, Owings
& Merrill), a qui conçu certains des plus hauts gratte ciels
comme le Sears Tower à Chicago et la Tour Jin Mao à
Shanghai et qui a raflé à Daniel Libeskind le projet de
reconstruction du World Trade Center de New York, Burj Dubaï
a commencé à sortir de terre. Son plan étrange est
supposé reprendre la forme d’une fleur, l’hymenocallis
(voilà qu’on parle botanique, à présent!). Haute
de 705 m pour 160 étages, elle abritera un hôtel de luxe
entre autres prestations. Il n’y a pas de doute que dans un lointain
(?)
avenir, Dubaï offrira aux amateurs d’archéologie de belles
ruines.
|
|
2. Jumeirah: Burj el Arab vu
depuis Madinat Jumeirah
|
- la croix e(s)t la bannière -
En attendant l’achèvement de Burj Dubaï, il y a une tour
dont la notoriété dépasse, et de très loin,
celle des autres. C'est Burj el Arab, ce qui signifie, "la tour des
arabes". Dubai se veut donc être la nation phare du monde arabe.
Après la révolution nasserienne, les frasques de Kadhafi
et la chute de Saddam, il y a peut être une place à
prendre pour le leadership d'un monde arabe en plein désarroi.
Burj el Arab est d'ailleurs le symbole de Dubai, puisque
l'édifice est dessiné sur les plaques d'immatriculation
de l'émirat. C'est vrai qu'elle a fière allure, cette
tour construite sur un ilot artificiel en pleine mer. Sa silhouette
inoubliable qui semble émerger des flots a la forme d'un grand
arc qui vient s'accrocher à un pylône, avec au sommet, une
plate forme. (les mauvaises langues disent que la structure s'enfonce
et que Burj el Arab serait la prochaine tour de Pise mais nous n'en
savons pas grand chose). Le pylône étant vertical et la
plate forme
horizontale, leur accouplement forme une croix. Ce sont les douaniers
saoudiens qui ont découvert cette lecture chrétienne
(voire croisée) au dépens des premiers automobilistes
dubaoites dotés de ces plaques minéralogiques qui
tentaient de franchir la frontière entre les deux pays. Et qui
se sont vus refuser l'accès au royaume wahabite. Cet
épisode, aussi cocasse soit-il, reflète le fossé
idéologique qui sépare les monarchies
pétrolières du Golfe. Dubai, ville internationale, fait
tout pour se donner une image de tolérance et d'ouverture.
Européens et asiatiques sont les bienvenus, avec leurs us et
coutumes, leurs religions et leurs habitudes vestimentaires. Temples
hindous côtoient églises catholiques. Tandis que l'alcool
coule à flots dans les nombreux bars et que les djs les plus en
vue viennent animer des soirées explosives, dans les shopping
malls, les jeunes femmes sont en shorts et sur la promenade maritime
les baigneurs se promènent carrément en maillot de bain,
comme sur dans les stations balnéaires de la
Méditerranée. Mais à regarder une carte de
géographie, difficile de ne pas se poser de questions.
Dubaï a beau faire pour se donner des airs d’Ibiza, elle est
située entre l'Arabie Saoudite, l'Iran et l'Irak. Sans aller
aussi loin, il faut savoir que dans l'émirat de Sharjah, distant
de moins de 40km de la ville lumière, la prohibition est de
rigueur. Cette occidentalisation à outrance semble
surréaliste dans cette partie du globe et contribue à
donner à Dubaï son image de cité virtuelle. "C'est
trop beau pour être vrai", "ça a l'air faux",
"jusqu'à quand ça va durer?" sont des phrases qui
reviennent souvent dans la bouche des expatriés ou des voyageurs
de passage. Et ils n'ont pas toujours tort, car Dubaï est
schizophrène. Tandis que l'alcool y coule à flot, la
tolérance zéro est de rigueur sur les routes. Tout
alcootest positif vous emmène droit en prison!
|

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3. Les luminaires signés Annabel Kassar chez Momo's,
Mall of the Emirates
|
Pour
le moment, le mirage fonctionne, et à plein
rendement. Alors que les pays voisins sont au bord du chaos, Dubaï
connaît un boom hôtelier fulgurant. D'ailleurs Burj el Arab
est un hôtel. Pour le symbole, c'est tout dire. Un hôtel
pas comme les autres. Le premier 7 étoiles du monde. Bon, c'est
un peu n'importe quoi,
ces classements par étoiles. D'ailleurs, on est passé
à 7 alors que 6, ça n'existe pas (même 5, c'est pas
dans tous les pays). L'hôtel étant, depuis sa
construction, un landmark et une curiosité touristique,
l'entrée est payante. A moins d'y loger (nuitée à
partir de 600USD) ou de rendre visite à un résident, il
faut s'acquitter d'un droit de passage d'environ 50USD (pouvant
être réinvestis en consommations) pour avoir droit aux
halls, salons et bars décorés dans une profusion d'ors
digne du plus kitsch des mille et une nuits. Les prolétaires que
nous sommes se contenteront de l'extérieur. Au Jumeirah Beach
Hotel voisin, reconnaissable par
son dessin en forme de voile, il y a dans le hall à la
déco de
mauvais goût, une immense carte avec Dubaï
éclairant le monde.
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|
4. Jumeirah: boutre échoué et sapin de noel
dans
la (fause) lagune de Madinat Jumeirah
|
- sous
les hôtels, la plage -
Le miracle - ou le génie - de Dubaï est d'avoir su
créer un environnement favorable aux vacances et aux loisirs
dans une partie du monde plus habituée aux affaires
d'hydrocarbures (dans le meilleur des cas) et aux "conflits de
civilisations". Le quartier de Jumeirah en est devenu la "côte
d'azur", avec son charmant boulevard de bord de mer longeant une plage
- publique - de sable fin que fréquentent des vacanciers
insouciants. Un peu plus loin, ce sont les palaces qui prennent le
relais. Outre ceux cités plus haut, on en a construit dans un
style arabo-mauresque, évoquant des médinas d'Afrique du
Nord ou des palais persans, Madinat Jumeirah et Royal Mirage. Ça
frise
souvent le burlesque, notamment avec cette fausse lagune ornée
d'un boutre échoué et dans laquelle on plante
également, en saison de fêtes, un immense sapin de
noël. Dubaï veut tirer profit de toutes ses ressources, y
compris ses superbes plages, pour concurrencer les stations
balnéaires de la Méditerranée et de la Mer Rouge.
Le problème est que, avec tous ces chantiers de Palm Islands et
autres archipels, la mer a été totalement
bousillée. Un, à la plage, au lieu de voir l'horizon,
vous avez droit à une vue sur des alignements d'immeubles
hideux, Deux, l'eau, quand on y entre, a une consistance bizarre -
comme de la vase - poisseuse. On y préfère presque la
piscine. Alors, pour voir la mer, la vraie, il y a une excursion
inoubliable, c'est Khor Fakkan. En longeant la côte vers l'est,
la route traverse une portion de territoire appartenant au Sultanat
d'Oman pour redescendre vers la mer dans un paysage grandiose: On est
entouré de montagnes noires dont la couleur forme un contraste
saisissant avec les bleus intenses du ciel et de la mer. A Khor Fakkan,
on ne baigne plus dans le Golfe Arabo Persique mais dans la Mer d'Oman.
C'est un excellent endroit pour la plongée sous marine.
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5. Dubai éclaire le monde dans l'atrium de
l'hôtel
Jumeirah Beach
|
|
- dubai
e(s)t le monde sur la carte du monde -
Les promoteurs de Dubai ne se sont pas contentés
de ce que la nature leur a donné. Il fallait frapper un grand
coup, créer quelque chose de tout à fait exceptionnel. Ce
fut le projet de Palm Island, une opération pharaonique
visant a faire sortir des eaux une ile artificielle en forme de palmier
dont les branches sont des ilots bordés par des lagons
tropicaux. Mega coup de pub, Dubai attire l'attention du monde entier.
Méga opération foncière, les villas pieds dans
l'eau (de style colonial, art déco, chinois, selon le gout du
client) se vendent comme des petits pains malgré (ou grâce
à?) leur prix mirobolant. Cerise sur le gateau, au coeur de Palm
Island émerge une tour double style chateau fort hollywoodien
avec une grande arche au milieu: Atlantis The Palm, un resort de tous
les excès.
Alors que Palm Island était
en cours d'achèvement on lança, The
World,
un archipel tout aussi artificiel que le précédent, en
forme de planisphère. Re
méga campagne de pub avec le
slogan suivant:
|
"The Palm a placé Dubai sur la
carte du monde, The World place le monde dans Dubai"
|
The World sera un gigantesque paradis voué aux
loisirs et au luxe. Alors que les autres pays tirent profit de leurs
attractions naturelles, à Dubaï, on les invente. Alors
qu’en été, la température extérieure
atteint des pointes difficilement supportables, c’est, la haute saison
des sports d’hiver grâce à Ski Dubaï, un complexe
installé dans un centre commercial - Mall of the Emirates - avec
des pistes de ski
couvertes avec neige artificielle et moniteurs venus d’Europe et du
Liban. Sans
aller jusque là, on ne peut manquer de constater à quel
point l’environnement à changé. Parcs, jardins, lagons
tous artificiels ont fait passer la ville d’un paysage
désertique à un mélange hybride entre les
campagnes irlandaises et les jungles tropicales.
|
- [pomme (ou ctrl) c / pomme (ou ctrl) v] (2)
-
Et on ne cesse de revenir à cet aspect illusoire et utopique de
Dubai. En roulant sur l'autoroute de Jebel Ali, on voit des alignements
de maisons dont on ne sait plus si elles sont staliniennes ou
orweliennes. Sur des kilomètres de superficie, des villas grand
luxe pour yuppies ou familles arabes, dans un style postmoderne alliant
des éléments orirntaux à des détails
classiques. Sauf que ces villas, c'est exactement la même. Sur
des kilomètres, la même villa reproduite en milliers
d'unités, comme si, sur un ordinateur, on a avait
appliqué les commandes copier / coller à l'infini.
Ça, c'est pour l'habitat "de prestige". Encore que, nombreux
usager se sont plains de la qualité approximative de la
construction comme ce pas très heureux propriétaire qui a
décrit dans un quotidien local comment la porte entière
de la maison s’est détachée lorsqu’il a tenté de
l’ouvrir! Ce chapitre de la construction nous pousse à aborder
un problème bien qu’il relève plus de la sociologie que
du guide de voyage: Les ouvrier en bâtiment, issus du sous
continent indien, qui travaillent pour des salaires inversement
proportionnés aux gains des promoteurs et ce, dans des
conditions assez inimaginables sans aucune protection sociale. On a
d’ailleurs vu ces derniers temps des manifestations de travailleurs,
une chose assez inimaginable dans ces émirats dont l’essentiel
de la main d’œuvre est immigrée.
Un
autre concept que Dubaï adore, ce sont les quartiers à
thème. On a
commencé
avec Media City, pour attirer les agences de presse. Il y a
aussi Internet City, qui se veut la Silicon Valley du
monde arabe. Comment penser encore concentrer en un lieu des cyber
activité alors que leur spécificité même est
la dissémination? Un autre avatar, pas mal dans son genre, c'est
Knowledge City ou, si vous tenez à traduire
en français, la "cité de la connaissance". A voir un nom
pareil, on se replongerait dans ce monde de
la cité idéale et du siècle des lumières
avec
l'encyclopédie de tous les savoirs et les premiers musées
alors
nommés museums. Goethe, Schiller, Buffon, Voltaire, le Baron
Dominique
Vivant Denon (3)... Non mais quelle blague!? (En fait ce n’est pas
vraiment une blague, c’est un complexe universitaire qui va faire de la
ville l’Oxford de l’orient). La blague finale de ce texte (on ne peut
pas toutes les énumerer), c'est le centre commercial Ibn Batuta:
Un truc supposé évoquer les périples d'un grand
voyageur arabe du moyen age: Voyez ces architectures indienne (taj
mahalesque), chinoise (rouge rouge rouge), égyptienne (mi
arabe mi pharaonique), tunisienne (sidi bou said?) et persanne!
|
|
6. boutres amarrés dans la crique de Dubai, sur la
rive
de Deira
|
- face
à l'histoire -
Knowledge city peut être une blague, mais Dubaï ne l'est pas
tout à fait. Cette cité mégalo qui transforme la
science fiction en réalité n'est pas surgie de nulle
part. On a toujours l'idée que tout cela est sorti des sables du
désert et qu'avant 1980, il n'y avait rien du tout. Pas vrai.
Pour s'en rendre compte, direction, la crique, ce bras de mer
séparant Dubaï de Deira. Certes, il y a ici aussi des
façades ultramodernes en béton ou en mur rideau, mais il
y a aussi, dans l'eau, plein de boutres, ces embarcations en bois qui
assurent le transport de marchandises avec l'Iran. Et c'est un voyage
dans le temps dans ce lieu qui ne manque pas de dégager une
certaine magie, rappellent un peu le Bosphore ou le Grand Canal. Ce
trafic sur les boutres se perpétue depuis des centaines
d'années. Dubaï a toujours profité de sa position
géographique comme lien commercial entre la perse, la
péninsule arabique et l'Inde. De part et d'autre de la crique,
sur les deux rives, on retrouve un tissu urbain arabe traditionnel avec
des souks, des ruelles, des mosquées. On distingue
historiquement Deira de Dubaï car cette localité
appartenait à l'émirat de Sharjah avant d'être
conquise par le cheikh de Dubaï.
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7. souk arabo-indien à Deira. Noter les tours des
vents
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Les
souks de Deira sont hauts en couleur, riches en produits venant de tout
l'orient et offrent une image moins aseptisée que celle des
shopping malls ultramodernes. C'est un peu l'extension, en moins crade,
du chandni chowk d'Old Delhi. L'Inde et partout. Enseignes
géantes de la Bank of Baroda (une des plus grandes du
sous-continent), présente ici comme si elle était chez
elle. Sur la rive de Dubaï, un immeuble d'apparence ordinaire
abrite un temple hindou. Nous sommes dans le marché aux tissus,
le plus grand au monde dans son genre. Dans tout le quartier, des
marchands, tous indiens, vendent, en gros et en détail, des
tissus venus de l'Inde et de toute l'Asie. Du bas de gamme
synthétique aux pashminas rares, toute la planète du
textile se retrouve dans ce quartier à l'apparence modeste. Des
millions de dollars se brassent loin le faste des palaces. Un peu plus
bas, on débouche sur Bastakiya, le plus vieux quartier de la
ville dans
lequel se regroupe un ensemble de maisons traditionnelles. Ces
habitations sont un témoignage unique d'une architecture arabe
mal connue. Les maisons sont organisées autour d'une cour
centrale avec un patio ombragé et sont surmontées d'une
tour dont l'allure rappelle celles de Notre Dame de Paris. Ce sont des
tours à vent qui servent à assurer une circulation d'air
à l'intérieur de la maison et rafraîchir
l'intérieur. On retrouve ce type de maisons dans certaines
régions orientales de l'Iran, notamment dans la ville de Yazd.
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8. Dubai, quartier de Bastakiya, ancienne maison
rénovée
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Les
autorités locales ont longtemps négligé ce
patrimoine, ne s'intéressant qu'aux buildings ultramodernes. Ce
n'est qu'au cours de dernières années qu'une
véritable politique a été
engagée pour préserver ces témoignages du
passé
de la ville. De nombreuses maisons, qui avaient été
laissées
à l'abandon et qui tombaient en décrépitude, ont
été rénovées. Certaines ont
été
transformées et hébergent des institutions diverses
comme,
par exemple, un centre de recherche sur la calligraphie arabe.
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9. ruelle du vieux Dubai
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| L'ancien palais des emirs Dubai a été
transformé en musée, le Dubai Museum. Le
bâtiment à conservé son allure extérieure
avec ses murs extérieurs fortifiés. On y a
aménagé, au sous sol, des salles modernes dont le
parcours, très didactique, permet de découvrir les us et
traditions populaires, les anciens métiers, ainsi que la faune
et la flore de la région. La présentation est peut
être surfaite mais elle a au moins le mérite de raconter
des histoires et de créer un lien, qui semblait perdu, avec le
passé de la cité. |

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10. Dubai, quartier de Batakiya, XVA Gallery
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| Et ce passé ouvre à son tour sur l’avenir.
Depuis un moment, Dubaï, comme Abou Dhabi, Doha et Bahreïn,
commence à se passionner pour l’art contemporain. Une ancienne
demeure de Bastakiya est devenue une galerie d’art de premier rang, la
XVA Gallery (http://www.xvagallery.com/).
Fondée au début des années 2000 par Mona Hauser,
c’est un espace de rencontre (qui fait aussi café et petit
hôtel de charme) et une vitrine pour des artistes
émergeants du monde arabe comme la très talentueuse
égyptienne Nermine El Ansari. XVA est pionnière mais pas
un cas isolé. Autre quartier, autre décor : The Third
Line Gallery (http://www.thethirdline.com)
a été se nicher dans la zone industrielle d’Al Qoz. Il
faut compter une bonne heure de dérive dans les steppes
poussiéreuses et glauques, longer entrepôts et ronds
points qui se ressemblent tous pour arriver à bon port. La salle
d’exposition est dans le style hangar, idéal pour des
pièces de grandes dimensions. La programmation assez
éclectique de la maison - photo / objets de design /
installations - rappelle un peu les événements de feu
l’espace SD à Beyrouth. Ces deux lieux assez alternatifs – il y
a plein de galeries beaucoup plus classiques et moins
intéressantes en ville – font de Dubaï une étape de
choix sur la scène artistique moyen orientale, situation qu’est
venue confirmer la tenue du Gulf Art Fair. Manifestation annuelle de
standing international (la Third Line était en 2007 le seul
exposant local) regroupant des galeries de Los Angeles, Moscou, Damas,
New Delhi, Londres, Pékin, Tunis, Helsinki, Istanbul,
Séoul, Mumbai et Paris, la foire présente des œuvres du
monde entier, certaines atteignant plusieurs millions de dollars. La
création du Gulf Art Fair est un pas de plus dans cette
instrumentalisation des arts et de la culture aux Emirats Arabes Unis,
initiée avec la Biennale d’Art Contemporain dans la ville
voisine de Sharjah et dont le point de mire est le mega projet
multi-muséographique qui devra voir le jour dans la capitale
Abou Dhabi.
Et
le mot de la fin, dans tout ça ? Quelle image garder de
Dubaï ? Quelle impression ? Peut être celle de Karim, qui me
disait : « cette ville est
fatigante. Ni je l’aime, ni je ne l’aime pas. C’est cette absence de
sentiment et de passion qui la rend fatigante »
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(1) film culte de Ridley Scott (1982)
d'après la nouvelle de Philip K. Dick Do Androids Dream of
Electric Sheep? dont le titre (Blade Runner) est repris de William
S. Burroughs. L'action du film se déroule à Los Angeles
en 2019 dans un environnement postmoderne peuplé de cyberpunks.
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(2) Action de copier / coller (copy / paste). [Pomme] sur
Mac
OS, [ctrl] sur Windows, _c pour copier, _v pour coller.
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(3) Baron Dominique Vivant Denon (1747-1825), figure
marquante la la vie culturelle en France avant et après la
révolution, il fut directeur du Musée du Louvre dont une
des ailes (celle qui longe la scène) porte son
nom.
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Texte:
Gregory Buchakjian. Photos: Gregory Buchakjian (1-7), Rana Haddad (9),
Patrick Kassardjian (8, 10). Merci
à Nathalie et Ghazi Aboujaoudé et à Karim Kik pour
nous avoir fait
découvrir la ville, et à Ghassan Kotait pour ses updates.
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