| > ALLER / VENIR |
| A moins de disposer d’un
véhicule avec chauffeur, le seul moyen de rejoindre Siwa est le
bus de la West Delta Bus Company. Depuis Le Caire, prendre le bus de
7h30 pour Marsa Matrouh au départ de la station Turkomen. Il est
recommandé de passer prendre les billets à l’avance. Le
trajet dure cinq heures. A Marsa Matrouh, bus à 13h30 pour Siwa,
arrivée vers 17h00. Pour le retour, même formule, avec un
départ de Siwa à 7h00. Depuis Alexandrie, plusieurs bus
directs assurent des liaisons: Départs d’Alexandrie à
8h30, 11h30 et 14h30. A peu près 7 heures de trajet. |
| Les bus sont équipés de
postes vidéo qui diffusent
à tambour battant des prêches religieux ou des films
égyptiens. Certains véhicules offrent aussi les services
d’hôtesses qui proposent boissons et sandwiches. Sachez que ces
prestations ne sont pas gratuites et qu’elles sont facturées
à la tête du client, c'est-à-dire que vous risquez
de payer un jus de chaussette infâme plus cher qu’un capuccino au
Café de Flore à Paris ou au Florian à Venise. |
| A partir de Siwa, de nombreux tour
opérateurs locaux proposent
des promenades dans le désert libyque avec ou sans nuitée
sous la tente. Ne vous inquiétez donc pas si vous tenez à
votre coucher de soleil sur les dunes et que vous n’avez rien
prévu: vous pourrez toujours vous débrouiller sur place. |
| Pour circuler dans la ville de Siwa,
pas de véhicules à
moteur. Les taxis sont des charrettes tirées par des mules. Un
mode de découverte très agréable est le
vélo. Nombreux magasins de la place en louent. |
>
DORMIR
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| Nous avons séjourné au Shali
Lodge et nous en sommes ravis. Construit en matériaux
traditionnels au cœur d’une palmeraie, c’est une réussite en
matière d’écotourisme et de développement durable.
Les sept chambres immenses sont protégées de murs
épais. Accueil sympa, déco berbère, cadre
splendide au cœur de la ville de Siwa. info@eqi.com.eg
|
| L’organisme qui gère Shali
Lodge est aussi à l’origine
d’une réalisation beaucoup plus ambitieuse qui a atteint une
notoriété planétaire: Adrére Amellal. En plein
désert (17 km de route), cet établissement est un
château romantique de sable ou électricité et
téléphone sont bannis. Ici aussi matériaux
traditionnels, déco splendide, le tout éclairé par
des bougies. Cette retraite du bout du monde est idéale pour les
amoureux et autres personnalités romantiques. Il faudra
toutefois payer le prix : 300 USD la nuitée en pension
complète. Précision, c’est l’hôtel qui a le plus
grand nombre d’étoiles au mondes. Infini, puisque les chambres
n’ont pas de plafond! |
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MANGER
|
| Le développement du tourisme a
vu l’augmentation du nombre de
restaurants à Siwa. Au typique Abdu
Restaurant de la place centrale se sont ajoutés le Nour al-Waha (en face du Shali
Lodge) et le Dunes, tous deux
dans un cadre de palmeraie, mais sans grande gloire culinaire. |
| La meilleure expérience
gastronomique de Siwa sera le restaurant
du Shali Lodge.
Spécialités berbères (remarquable couscous) et
égyptiennes (somptueux Oum Ali, le dessert national).
Possibilité de manger dehors, dans les palmiers, ou dedans, bien
au chaud, lorsqu’il fait bien froid le soir. Les repas de
l’Adrére Amellal sont décrits comme somptueux mais
réservés aux clients de l’hôtel. On mange de
très bonnes olives a Siwa. |
| >
BOIRE |
| On pourra prendre un verre ou une
chicha dans un des
établissements cités plus haut ou dans un petit
café traditionnel sur la place du village. Ambiance
colorée et sympathique. On ne sert pas d’alcool à Siwa. |
| >
ACHETER |
| Les
magasins regroupés autour de la place permettront de
découvrir le
très bel artisanat local. Vannerie, poterie, tapis et surtout
des
textiles (voiles) repris des costumes traditionnels que portent les
femmes de l’oasis. |
| >
LIRE |
| Siwa,
David B, in L’Association en Egypte,
ed.
L’Association, 1997. Un récit en bande dessinée. Le bus,
la forteresse de Shali, des rencontres, des mythes et du délire.
Risque de ne pas être au goût des âmes bien
pensantes. |
Dans Le point
d’eau de Alain Blottiere, Gallimard, 1985, le narrateur part
s’installer dans la solitude de Siwa pour écrire la tragique
aventure de son frère qui se déroula a Bali. Vue sur le ciel, du même
Alain Blottière, 28/06/01, Routard.com est un reportage à
l’hôtel Adrére Amellal.
|
Siwa Oasis fournit des
informations pratiques, des adresses d'hotels et un aperçu sur
la culture et l'histoire de l'oasis.
|
EQI est un organisme qui
prépare des projets de developpement durable dans les oasis de
Siwa et Adrére Amellal
|
L'oasis de Siwa, une
légende à l'autre bout de
Tamazgha?, récit de voyage de Belkacem Lounes.
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Siwa,
février 2005.
Par Gregory Buchakjian.
7h30, gare de Turkomen, Le Caire.
Départ du bus pour Marsa
Matrouh.
Le jour est à peine levé mais les rues de la capitale
grouillent déjà de monde. Le bus se remplit de passagers
et Sary fait des spéculations sur l’identité du voisin
auquel il aura droit. Les indicateurs donnent plus de
probabilité à la grosse dondon qui repart en province
qu’à un clone de Angelina Jolie. Le Caire - Marsa Matrouh, cinq
heures de route, quel ennui! Route de Gizeh, puis le désert
jusqu’à la côte, un peu plus à l’ouest
d’Alexandrie. La vidéo diffuse des comédies et des films
d’action pastichant les séries américaines: mafieux en
costard blanc, gonzesses sexy et cascades de bagnoles. L’acteur
principal est toujours l’insupportable Adel Imam. Le service du bord
est assuré par une «hôtesse de terre». Une
jeune dame voilée mais en pantalon moulant qui vient faire les
doux yeux aux passagers –et les tripoter un peu aussi - en leur
proposant café, thé ou sandwiches industriels, comme dans
un avion. Sauf que quelques minutes avant l’arrivée à
Marsa Matrouh, elle se pointera avec la note. Et la note est à
la tête du client. Pour nous richissimes touristes, le jus de
chaussette et le gâteau tricatel sont facturés au
même prix que le thé de Darjeeling et ses mignardises dans
le salon de l’hôtel de Crillon à Paris.
|

|
1. Sur
la route entre Marsa Matrouh et Siwa
|
Marsa
Matrouh, petite ville en bord de mer à
l’extrémité occidentale de l’Egypte, juste avant la
frontière libyenne. Un endroit mortellement ennuyeux qui porte
bien son nom: Matrouh en arabe peut signifier «n’y vas
pas». La seule personnalité qui s’y soit
intéressée est Erwin Rommel, chef de l’Afrikacorps,
troupes allemandes en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre
Mondiale. Il y avait installé son quartier général
avant d’être défait par Montgomery à El Alamein.
Marsa Matrouh. Une gare routière et puis plus rien.
Une heure
d’attente pour prendre le second bus, celui qui part pour Siwa, la
destination finale.
L’état dégradé du bus est révélateur
de l’éloignement de la capitale et du monde moderne. La
programmation de la vidéo qui s’apprête à rendre
l’âme passée à des programmes religieux. Les
passagers sont en majorité des fellahs auxquels on a
parachuté trois coréens munis de i-pod.
Cinq autres heures de route. Au milieu du désert, deux passagers
descendent. Il n’y a pourtant rien à proximité. Autre
arrêt au milieu de nulle part, la pause dans une
cafétéria. Boissons chaudes et clopes pour tuer l’ennui.
Près de la bicoque, un petit amoncellement de pierres en arc de
cercle sert de mosquée à ciel ouvert.
Siwa est loin, Siwa se mérite.
En 525, le roi perse Cambyse qui voulait la mater décida d’y
envoyer un corps expéditionnaire. Cinquante mille hommes, selon
Hérodote, qui furent ensevelis par une tempête de sable.
L’historien grec a peut être exagéré sur le nombre
de victimes et les troupes furent sans doute piégées par
des guides locaux, n’empêche que l’évènement est
avéré et rappelle les dangers du désert. En 331,
Alexandre le Grand fut lui aussi mal renseigné sur la
durée du parcours et la quantité de vivres à
emporter. Il pu néanmoins atteindre l’oasis saint et sauf et
consulter le célèbre oracle qui lui confirma qu’il
était bien le fils de Zeus et d’Amon.
|

|
2.
Siwa, palmeraie et lac vus depuis le temple de l'oracle
|
Siwa
apparaît, au loin.
D’immenses étendues de verdure, les palmeraies, se
déploient entre des pitons coniques et des lacs salés.
Une vision presque irréelle. L’oasis de Siwa est immense, elle
enserre la ville du même nom. Comme nombre de villes
berbères, Siwa était une ville forteresse. Construite au
XIIIe siècle sur une colline, c’était un ensemble de
dédales desservant maisons, mosquées et points
d’observation. Le tout construit avec un matériau local à
base de brique crue que l’on nomme kershef.
Cette cité connue
sous le nom de Shali fut habitée jusqu’au début du XXe
siècle. Aucun étranger ne pouvait s’y aventurer avec
l’espoir d’en ressortir vivant. En 1926, une pluie diluvienne qui dura
trois jours transforma la ville fortifiée en gruyère.
Elle fut alors abandonnée et les habitants s’installèrent
à ses pieds, dans ce qui forme l’actuelle agglomération
de Siwa.
Qu’il
s’agisse de l’architecture, des us et coutumes ou de la nourriture,
Siwa appartient à un autre monde que celui de l’Egypte de la
vallée du Nil. C’est un monde du désert, un monde
berbère, dont les ramifications s’étendent sur tous les
pourtours du Sahara, jusqu’au Niger et la Maurétanie. Depuis une
dizaine d’année, Siwa s’ouvre au tourisme. Restaurants,
guesthouses et boutiques d’artisanat fleurissent. Mais la
société reste très repliée par rapport
à l’Occident. Le voyageur de passage n’aura, par exemple, aucune
chance de rencontrer des femmes. Ces dernières ne sortent de
chez elles que voilées de la tête aux pieds, comme dans
l’Afghanistan des talibans. Leur costume est en fait effrayant
puisqu’il s’agit d’une sorte de cape couvrant les cheveux en dessous de
laquelle apparaît le voile cachant le visage. Lorsqu’elles
circulent, on dirait des fantômes. Elles circulent très
rarement à pied et seules. En général, on les
verra sur une charrette tirée par un mulet et pilotée par
un enfant. Drôle de contraste culturel avec les jeunes
occidentales qui se baladent dans le coin avec en tee shirts moulants.
|

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| 3.
Siwa, forteresse de Shali |
Siwa,
place centrale, la nuit.
Les magasins, le café et la forteresse de Shali dont les ruines
énigmatiques sont mises en perspective et
éclairées. Un décor de cinéma pour Star
Wars. La forteresse se visite, mais de préférence
le
jour. Parmi les maisons en ruine, une mosquée est toujours en
activité. Un peu plus loin, du linge sèche au soleil. Des
enfants vendent des objets de pacotille et un groupe d’italiens entame
l’ascension du sommet. Ils sont moins bobo que le français
rencontré la veille qui avait abondamment commenté et
critiqué l’aspect immoral de l’œuvre du dessinateur BD David B.
Au sommet, la vue est grandiose. En face, une autre colline en
cône sur laquelle se déploie le reste de la ville
fortifiée. On dirait une termitière. Partout, autour, les
palmeraies, les lacs salés et d’autres collines.
|

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4.
Siwa, forteresse de Shali, le minaret de la mosquée
|
Promenade
à vélo.
La dernière fois que j’avais fait du vélo, c’était
dans le parc du château de Versailles. Il y avait aussi eu cette
course à Amsterdam à trois heures du matin. Nous avions
semé les clés de notre piaule dans un bar et il avait
fallu refaire la tourné pour les retrouver. Rebelote pour le
vélo à Siwa avec Sayyed, un jeune guide local
rencontré sur la place. Sayyed nous emmène d’abord
à un lieu nommé Jabal
Dakrour. C’est une colline en
dehors de la ville sur laquelle des maisons semblent
abandonnées. Chaque année, en octobre, les chefs de
tribus convoquent une grande réunion. Tout le monde vient se
retrouver à Jabal Dakrour et y cohabite quelques jours au cours
desquels sont organisés une grande fête. A cette occasion,
ils doivent tous mettre à plat les conflits qui les opposent les
uns aux autres et les régler. Cette jolie coutume qui perdure se
nomme Eid el Solh, la fête de la concorde.
|

|
5.
Siwa,
Aghurmi, sur le chantier de restauration de la forteresse en brique crue
|
La prochaine
étape sur notre parcours est le temple d’Amon.
Bâti par un pharaon pas très connu (un certain
Nectanébo), on ne peut pas le considérer comme un des
vestiges les plus grandioses de l’antiquité. De dimensions
modestes, il n’en reste qu’un mur couvert de bas reliefs et de
hiéroglyphes. Nous poursuivons ensuite vers la colline d’Aghurmi
sur laquelle se dressent les ruines d’un village qui rappelle celui de
Shali. Des maisons en brique crue, une mosquée. L’attraction la
plus célèbre d’Aghurmi est le temple de l’Oracle,
construit au VIe s siècle av. JC. C’est un édifice de
plan rectangulaire dont on n’arrive à distinguer s’il est de
style égyptien ou grec mais on ne manque de s’émouvoir
à la pensée qu’on foule les traces de l’illustre
macédonien.
La vue est fantastique.
|

|
6.
Siwa, Agurmi. Caisse des donations pour la mosquée de la zawiya
|
| Après
cette visite,
nous faisons l’impasse sur les tombes de Jebel el Mawta pour aller nous
rafraîchir dans une des sources de la palmeraie dont l’eau est
fraîche le jour et chaude la nuit. Sayyed nous emmène
à la source de Jubba plus connue sous le nom de Bains de
Cléopâtre (je doute que la célèbre reine s’y
soit baignée). Un bassin circulaire, des palmiers autour.
Rencontre avec un couple de routards. Elle est argentine – et
très belle, il est espagnol et ils vivent à Las Vegas ou
il est pilote d’hélicoptère pour des excursions
aériennes au dessus du Grand Canyon. Quand nous apprenons qu’ils
sont arrivés en Egypte via Beyrouth et qu’ils doivent passer
quelques jours dans notre ville sur le chemin de retour, nous leurs
donnons nos numéros de téléphone. Nous n’aurons
cependant pas de leurs nouvelles. Leur voyage devait tomber avec
l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri (le 14’02’05),
Beyrouth allait être ville morte et ils auront probablement
abrégé leur séjour au pays du cèdre. |

|
7.
Siwa, shali lodge, dans la chambre
|
| Dîner
à Shali
lodge, de loin la meilleure adresse du coin. Nous faisons la folie de
prendre du Oum Ali - sorte de crème brulée aux raisins
secs et noix de coco - pour le dessert. L’endroit est cosy et on
est bien au chaud à l’intérieur. C’est vrai que ça
caille la nuit, et
Claude et moi avons dormi chacun sous une montagne de couvertures en
laine. Nouvelle rencontre avec des voyageurs. Une américaine, un
grec,
un arménien, des français. Je propose à ce beau
monde d’achever la
soirée par une partie de psychologue, mon jeu
préféré à pratiquer avec
des inconnus (cf. nos récits en Egypte
2001, Liban
2004 et Sri
Lanka
2004) mais tout le monde prend la
poudre d’escampette.
Débarquent par
des jeunes égyptiens. Ils ont l’air cool et branchés du
genre on est
venus passer le week end entre potes, mais une seule fille n’est pas
voilée. Ils sont étudiants en architecture à
Alexandrie et filent à
Sary des adresses de magasins de musique dans cette ville ou nous nous
rendons demain. L’admiration qu’ils portent à l’égard des
médiocres
peintures accrochées en dit long sur la qualité de
l’enseignement des
arts en Egypte. |

|
| 8.
Siwa, lever de soleil |
Le
lendemain, justement.
Le soleil n’est pas encore levé. Sayyed est venus nous
accompagner à la
gare routière de Siwa dont la billetterie est un balcon au rez
de
chaussée d’un immeuble d’habitations. Il nous a offert aussi en
souvenir des pierres fossilisées que l’on nomme roses du
désert. Le bus
est encore plus glauque que celui de l’allée. Il fait gris, le
paysage
est maussade et il faudra sept heures pour rallier Alexandrie.
Alexandrie !
La corniche, les palmiers, la mer. C’est la vue que nous avons depuis
notre chambre au Cecil. Nous dévalons les escaliers pour partir
à la conquête de la ville et profiter de cette fin
d’après midi glaciale. Chacun part de son côté,
tout le monde est excité. Je sors mon carnet de croquis que
j’avais commencé à noircir les jours
précédents. Premier dessin, des immeubles jaunes, une rue
et un tram. Deuxième dessin, des statues de facture
néoclassique ornant le consulat de France. La police, toujours
sur ses gardes, se pointe. Je suis emmené au poste de police de
Manchiya et mis en état d’arrestation pour avoir porté
atteinte à la sécurité de l’état. |
photos: Gregory Buchakjian (2-7),
Sary Tadros (1,8)
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| 2005,
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