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26 janvier 2001 – LE CAIRE -
Et
voilà, c’est reparti! Un an après leur première
visite, Baron, Baron & party débarquent à dans la
plus grande métropole d’Afrique et d’Arabie. Sauf que depuis,
beaucoup de choses ont changé. Il y a eu les
évènements du 11 septembre et leur suite. Les
hôtels sont vides, seuls libanais et français ont
répondu présent. Baron, qui n’a pas digéré
les agapes de Noël, est dans un état assez lamentable, il a
passé tout le vol
BEY-CAI dans les toilettes! Le reste du groupe fait la connaissance de
Salwa,
notre sympathique guide qui semble avoir un penchant particulier pour
le
verbe et un amour particulier pour la région de Louxor. Elle
aura
l’occasion de l’exprimer avec grandeur lors de la visite du
Musée
Egyptien du Caire, qui, comme à son habitude est toujours aussi
poussiéreux et passionnant!
C’est
dans l’après midi, après un déjeuner
expédié en vitesse chez Mac Do, que ça commence
à chauffer. Direction la vieille ville arabe, vers Bab el
Foutouh et Bab El Nasr, la mosquée El Hakim, pour un premier
défilé de chaussettes du groupe (noter les bas sexy en
filet de Joëlle!), avant de s’enfoncer dans des ruelles tortueuses
et de dévier dans des quartiers pas vraiment habitués
à recevoir les touristes. Salwa ne manque de faire remarquer
qu’il vaudrait mieux se rendre dans des endroits mieux
fréquentés, mais on y découvre Beit Suheymi, un
joyau du Caire fatimide, très bel exemple de restauration. On
finit éparpillés à Khan el
Khalili, toujours bruyant et attrape touristes, pour un thé
à la menthe (Lipton!) au Resto Naguib Mahfouz.
La
soirée doit commencer au Palais Ghouri, où se
déroule, en principe, le spectacle des Derviches Tourneurs Al
Tannoura. Entretemps, le
spectacle a été transféré à la
Citadelle
et tout le monde s’est perdu dans une folle course poursuite de taxis
à
travers les rues de la ville! Nous perdons aussi Philippe et Aline que
nous
devions retrouver au Palais Ghouri. Les messages que nous leurs avons
laissés au Cosmopolitan Hotel, où ils descendent, sont
demeurés sans réponse. Dans la folie de ce
capharnaüm, tout le monde se retrouve au Conrad, au chevet du
Baron agonisant. On décide d’aller dîner au Splendido du
Blue Nile, un resto à la mode dans une péniche
ancrée à Zamalek, où nous découvrons les
talents de chanteur mais aussi de coureur de jupons de notre futur
Ramses. Wannous essaye en vain de chanter aussi !!! Entretemps, le
Baron malade aura un dîner royal au restaurant du Conrad pour lui
tout seul:
«
boiled rice... with nothing! »
«
boiled potatoe... with nothing! »
A
23h30, le téléphone sonne. C’est Philippe. Il vient
d’arriver, avec Aline, de Louxor et loge au... Mariott! On l’aurait
attendu pour rien, comme à Berlin...
jeudi
27 janvier 2001 – LE CAIRE -
Aujourd’hui
ce sera les Pyramides, de Saqqara à Gizeh, sauf pour Jean Paul,
Yasha et les deux Baron. Ce sera l’occasion de plonger à nouveau
dans les fastes et les mystères de l’Egypte Pharaonique. Salwa
ne ratera aucune occasion de mentionner les splendeurs de la
Nécropole Thébaine et d’autres chefs-d’oeuvre des
environs de Louxor, ce qui ne tombera pas
dans l’oreille d’un sourd. C’est ainsi que commence à
germer,
dans l’esprit de certains, la tentation de détourner le voyage,
ou
de modifier le parcours en direction de Louxor. C’est à ce
moment
que certains ont réalisé que Louxor ne figurait pas dans
le
parcours!
Pendant
ce temps,
les autres ont pris un taxi à la journée pour se balader
en
ville, avec un chauffeur autoritaire qui n’hésite pas à
engueuler
les policiers. On commence à la Citadelle, avec les groupes
scolaires. La vue sur la ville aux mille minarets vaut vraiment le
déplacement. Visite de la célèbre mosquée
de Mohamed Ali dans le
style ottoman, puis du Palais Al Gawhara (le bijou) qui ne
mérite
vraiment pas son nom: Résidence aujourd’hui vétuste des
khédives, avec des salons peints à la patine verte! Nous
descendons ensuite
vers la mosquée Rifai, dans laquelle il y a des tombeaux, des
tombeaux
et encore des tombeaux: Des khédives, des pachas, le roi Farouk,
le
Chah d’Iran. Le préposé ne manque pas de nous raconter la
vie
de toutes les personnes concernées. Sur la tombe du Chah, un
fidèle (au Chah) a installé une camera vidéo sur
trépied qui le filme en train de prier! La mosquée Rifai
est un pastiche récent de la madrassa du Sultan Hassan. Les deux
bâtiments se font face et son presque symétriques. La
madrassa Sultan Hassan (photo ci-dessus) est un lieu exceptionnel, avec
des élévations de plafonds presque gothiques. Ensuite,
après de longues recherches, nous découvrons enfin le
Mausolée Cheikh Hassan Saqada, aménagé au XIXe
siècle en théâtre de derviches tourneurs. C’est
l’institut culturel italien qui s’occupe actuellement de la
restauration: Ouverture prochaine,
avec des spectacles, en 2003. Après une visite en patins de la
mosquée
Ibn Touloun, elle aussi en restauration, la caverne d’Ali Baba qu’est
le
Khan Misr Touloun (en face) tenu par un égyptien
marié
à une française, et le musée Gayer Anderson, pour
finir
dans les jardins du Mariott à déguster un succulent
chawarma.
Après-midi
à Zamalek, chez les galeries et antiquaires, Alf, Beit Sherif,
Caravanserail, Bizarre Bazar, qui restent nos adresses
préférées.
Yasha déniche un lustre grandiose qu’elle veut emporter.
Entretemps,
le groupe dissident tente d’organiser le détournement du
voyage...
Ce
soir, nous dînons au FLUX, un des adresses les plus
intéressantes du
Caire. Caché dans les ruelles d’un quartier résidentiel,
l’endroit
est une vitrine du design contemporain, tout comme la carte, avec une
cuisine
fusion. Le jeune patron, Salah Maklad, ravi de nous recevoir,
évoque
les tendances actuelles de la jeunesse égyptienne qui court de
plus
en plus dans les lieux à thème de la capitale. Ses
prochains
projets sont le Saffronia (french café) et le Pulp (bar à
jus
frais). Ca bouge de plus en plus, au Caire!
vendredi
28 décembre 2001 – ABOU SIMBEL -
Nuit
blanche.
Inutile de dormir quand on a un vol à 5h du matin. Baron et
Joëlle
sont allés prendre un verre au Sangria, un bar très
branché,
en plein air sur les rives du Nil. L’hôtel nous fournit des colis
de
petit déjeuner pour la route: Dans une boite en carton,
croissants,
confiture, yaourt et Sprite. Qui a envie de Sprite à une heure
pareille?
Proteste Rana qui réclame (en vain) un jus de fruit! Les boites
en
carton sont conçues de manière à ne pas tenir en
mains
sans se démanteler. Du déconstructivisme industriel.
Chacun,
déjà encombré de ses bagages, s’empare de sa boite
avec
pour mission de la maintenir en équilibre et fermée. En
arrivant
à l’aéroport du Caire, nous remarquons que les passagers
provenant
des autres hôtels (Sheraton, Le Méridien, Hilton) sont
pourvus
de boites aussi déconstruites que les nôtres. Le package
design
a un grand avenir au pays des pharaons. Le transport aérien
aussi.
Il suffit de voir l’aérogare des vols intérieurs et la
pagaille
incommensurable qui y règne. Un passager fait remarquer que
l’heure
annoncée pour le décollage de l’avion est en fait celle
où
les passagers commencent à être enregistrés.
Arrivée
donc à Abou Simbel après une escale à Assouan. A
Abou Simbel, il n’y a rien d’autre qu’un hôtel, le Visitors
Center permettant d’accéder aux temples et les
embarcadères des navires. Embarcadère, c’est un grand
mot. En fait, il s’agit de descendre jusqu’à l’eau
sur un chemin de pierrailles et d’arriver au Prince Abbas, notre
magnifique
navire, construit dans le style des anciens bâtiments de
navigation
fluviale, avec ses ponts en bois massif.
La
visite des temples. Tout est caché derrière la colline
artificielle, qui est plutôt une chape de béton,
contre laquelle ils ont été remontés. Plus on
avance, plus on découvre.. Un grand moment. On se demande ce que
ces colosses sont venus faire dans cet endroit au bout du monde. La
création du Lac Nasser n’a fait qu’accentuer l’aspect
surréaliste des lieux. Les deux temples, les eaux du Nil
à
perte de vue, le désert! On retourne au Prince Abbas, faire une
pause
arrosée de cocktails, au bord de la piscine. Nous remettons
ça
pour la soirée, avec le son et lumière. En arrivant, dans
l’obscurité,
on devine les silhouettes des colosses au clair de lune. C’est magique.
Le
spectacle de son et lumière est annoncé en espagnol, mais
des
écouteurs permettent de le suivrent dans la langue voulue. Un
régal,
chaque séquence est un tableau. Baron essaye de les prendre en
photo,
mais subira les plaintes de ses voisins et la malédiction de
Ramses
II qui brûlera tout son film.
Comment
passer une fin de soirée dans un endroit pareil? Le bar du
Prince Abbas
étant le seul endroit à 500 km à la ronde! C’est
calme.
Très calme. On va sur la terrasse, on revient, et puis on se
retrouve.
Sur la table d’à côté, 4 français semblent
achever
une partie de cartes avec ennui. Nous leur proposons de jouer à
«
Psychologue » (aussi appelé psychiatre). Et dans le
rôle du psy, ce sera Joëlle. La partie s’annonce
mémorable. Déjà que le jeu est assez loufoque,
mais quand on est avec des inconnus, ça devient un petit
délire. La décence nous interdit de reproduire les
questions – et les réponses! – qui furent posées, mais
c’est
dans des circonstances assez fameuses que nous fîmes la
connaissance de Anne, Gwendoline, Julien et Marc. Attention, Ramses va
entrer en action!
samedi
29 décembre 2001 – dimanche 30 décembre 2001 - LE LAC
NASSER
Il
est sept heures, Abou Simbel s’éveille! Le Prince Abbas va
appareiller et faire un dernier passage devant les colosses d’Abou
Simbel. Tout le monde sur le pont, pour faire les adieux à
Ramses et Néfertari qui baignent dans la lumière
dorée du levant. Ils sont moins sensibles au froid que Rana qui
s’est vêtue de trois manteaux et 5 châles comme pour
affronter l’hiver londonien. Baron est monté en boxer
short. Il disparaît aussitôt et réapparaît
déguisé en mammouth!
La
croisière sur le Lac Nasser prend alors son cours. C’est une
alternance d’activités très fatigantes: D’abord les
repas, toujours gargantuesques, parfois en buffet, parfois en menu
servi. C’est succulent, contrairement à ce qu’on entend au sujet
de la bouffe des autres croisières. Les
arméniens ont la surprise de voir ici du subeurek, leur plat
national!
De temps en temps, on débarque pour visiter quelque monument
antique
sauvé des eaux lors des fameuses opérations menées
sous
l’égide de l’Unesco. Mais, incontestablement, la plus belle
chose
à faire est la contemplation. Même les plus urbains
d’entre
nous, ceux qui avaient peur de s’ennuyer avec un programme aussi oisif,
n’échappent pas à la séduction de ces paysages
surréalistes à tous les sens du terme. Les couchers de
soleil et levers de lune sont des moments particulièrement
spéciaux, surtout quand ils sont simultanés. Quel
rêve de voir le soleil à gauche, la lune à droite
dans cet univers aquatique et minéral!
Que
dire du 1er arrêt à Kasr Ibrahim, le seul édifice
à ne pas avoir été déplacé?
Autrefois sur une colline, il est aujourd’hui un
petit îlot au milieu du Lac nasser. Le plus important, c’est le
soleil,
et le bronzage en bikini de Joëlle! La visite du temple d’Amada,
avec
son merveilleux décor? L’occasion pour Wannous de se livrer
à
son sport favori, une partie de foot – torse nu avec son patch anti
tabac
– avant d’adopter un petit crocodile. Qui se ressemble,
s’assemble...
Et Wadi el Seboua? Nous l’avons découvert la nuit, depuis le
bateau,
avec un soi disant son et lumière. Peu de lumière et pas
de
son du tout. Le lendemain matin, visite du site par temps maussade,
avec
le désert à perte de vue, l’allée des sphinx...
Comment
oublier le dîner d’adieux aux chandelles, la soirée club
med avec tout le crew du bateau joua faisant son spectacle, et
l’ambiance
à la libanaise qui a ravi tout le monde! L’anglaise et Ramses,
Joëlle
et la danse orientale (un spectacle en soi), tout cela fut finalement
bien
chargé, et couronné par les remerciements du Capitaine
Nasr
et la pause photo avec ce dernier sur le trône du Prince Abbas
(pas
le bateau, le prince!).
Assouan
approche, et un casse-tête avec lui: la soirée du Nouvel
An! Le nouvel an a toujours cristallisé les passions. Pour
beaucoup, c’est une soirée très importante qui doit
être réussie. Baron et Baron avaient
réservé, par téléphone, une table au 1901,
le fameux restaurant du Old Cataract. Mais il semble
à présent que cette réservation ne soit que
du
pipeau. Suspense!
lundi
31 décembre 2001 - ASSOUAN -
Le
Prince Abbas est amarré face au terminal maritime et ferroviaire
du Haut Barrage,
au Sud d’Assouan. Paysage industriel assez grandiose. On dirait Le
Havre,
dixit Gwendo. Escapade en barque pour aller voir le temple de Kalabcha
et
le Kiosque de Kertassi (photo ci-dessous), puis débarquement
définitif et adieux avec le Capitaine Nasr. Nous n’allons pas
tarder à retrouver l’eau puisque notre prochaine étape
est le Temple de Philae, sur sa nouvelle île, entre les deux
barrages d’Assouan. Ensuite, les amateurs de transports aquatiques ne
seront pas déçus, puisque notre hôtel, l’Oberoi,
est sur l’île d’Eléphantine. Il faut donc
emprunter un vaporetto pour chaque aller et venue!
L’après
midi, nous faisons un tour, avec Amel, guide autoritaire de chez
Nouvelles Frontières, du côté des deux barrages, de
la Nécropole Fatimide
et de l’Obélisque inachevé, pendant que le soleil de
cette
fin d’après midi donne à la ville des couleurs ocres et
dorées. La journée s’achève dans les rues de la
ville, les souks,
grand marché hétéroclite et coloré, pour
acheter
des bonnets en laine de chameau, des cannes, des instruments de
musique,
les épices. Le Baron barbu se fait interpeller par un barbier
"Hey
Father Christmas" tandis que Joëlle est abandonnée par ses
compagnons... Et ce sont les ondes négatives qui commencent
à se faire sentir.
Il
est 19h. Réunion de crise dans la chambre 307. Tous les
téléphones sont débloqués pour entrer en
contact avec M. Fathy Sallam du
Cataract. Pendant la journée, Fady et Wannous avaient
tenté, sans résultats tangibles, de négocier la
réservation de la table au 1901 avec le mystérieux Fathy
Sallam. Mais sans résultats tangibles. Les rumeurs les plus
contradictoires circulent. « Il faut avoir des ondes positives
», dit Joëlle! Mais les ondes du téléphone,
elles, elles sont nulles. Ou aller? Dans la salle vert pistache de
l’Oberoi? Traîner dans les rues ? Mais Assouan n’est pas
Barcelone! Tenter un restaurant typique en ville pour une ambiance
authentique? On risque de nous chasser des 22h! Bref la situation est
critique. Fady tente une médiation qui ne reçoit pas un
accueil favorable chez tout le monde. Ca se
gâte! Le seul consensus acceptable est l’Oberoi."Restons sur nos
terres!"
dit Rana.
Le
Réveillon du Nouvel An à l’Hôtel Aswan Oberoi
La
salle des fêtes est peinte en vert pistache avec un mobilier
blanc. Pour l’occasion,
elle a été décorée de guirlandes jaune
pipi.
Elle se remplit petit à petit. Des autochtones (la bourgeoisie
assouaniote?)
et des étrangers qui sont venus du monde entier pour participer
à
cette soirée mémorable. Un couple de japonais. Des
indiens.
Une famille italienne... Et puis une dizaine de libanais qui
semblent
avoir été parachutés par erreur. Certains ont fait
l’effort de se préparer: Coiffeur, costume cravate, robes
longues...
d’autres sont vetus comme s’ils allaient à un combat de Tai
Chi. On a même vu un énergumène avec un
collier de... un collier de quoi au fait? des trucs
végétaux rougeâtres achetés sur le Lac
Nasser. Mais le spectacle est
là, avec un danseur africain torse nu qui ressemble à un
sumo
(il entraîne d’ailleurs Yasha, Eliane et le couple de japonais
sans
ses performances bizarres), puis un danseur dont on ne sait pas
s’il
est nubien, mais qui porte une immense jupe en couleurs. C’est la
compagnie
de derviches tourneurs annoncés! A la queue leu leu autour d’une
danseuse
du ventre, danse nubienne (?), partage de cannes entre Jean Paul et
Eliane,
et enfin, les prix de la tombola: un porte clés griffé du
logo
de l’hôtel à Yasha et un plateau plaqué chrome
à
Mira!!!
Le
Réveillon du Nouvel An à l’Hôtel Old Cataract
tel
qu’il nous a été rapporté par Sona Aouad: "La
soirée a magnifiquement commencé dans les jardins. On
nous a servi des cocktails autour d’un feu. C’était très
beau. Puis, vers 21h, nous sommes passés au restaurant 1901.
L’ambiance n’était plus au rendez-vous. Glaciale,
guindée. Vous avez tellement bien fait de ne pas venir!"
Le
Réveillon du Nouvel An à l’Hôtel Bassma
tel
qu’il nous a été rapporté par Gwendo: "Une grande
salle éclairée par des néons genre hall
d’aéroport. Le spectacle annoncé? Rien! Tout le monde a
protesté et a demandé à se faire rembourser. Ils
ont promis de nous offrir la soirée festive pour
le lendemain!"
mardi
1 janvier 2002 – KOM OMBO – ASSOUAN -
Interlude
romantique: En ce jour de nouvel an, Yasha et Baron découvrent
un grand
coeur composé de pétales de roses sur leur lit.
Pour
prendre
la route Assouan – Louxor, les étrangers ne peuvent circuler que
dans
des convois escortés par la police touristique et qui partent
à
heures fixes. Si on arrive en retard, on doit attendre le prochain
départ!
Ce n’est heureusement pas le cas. Nous nous joignons donc à ce
convoi
pour les 40 premiers kilomètres, jusqu’à Daraw, petit
village
ou se rassemble, tous les mardi matin, un marché aux chameaux.
Le
spectacle est un peu décevant, surtout pour ceux qui ont vu des
marchés
vraiment spectaculaires comme ceux de Douz, dans le Sud Tunisien. C’est
quand
même l’occasion de rencontrer des gens du pays, avant de
continuer
vers le temple de Kom Ombo, non loin de là. Kom Ombo n’est pas
un
des plus grands temples de la Haute Egypte. Il constitue
néanmoins
une visite intéressante justifiée tant par son
emplacement
agréable sur un promontoire verdoyant dominant le Nil, que par
sa
forme symétrique qui lui est spécifique. Kom Ombo est en
fait
un temple double, consacré aux deux divinités: Horus, le
faucon
et Sobek, le crocodile. Temple double implique donc un corps double
avec
deux entrées (au lieu d’une) et deux axes parallèles de
salles
hypostyles. Il est très rare de voir une façade de lieu
de
culte arborer une composition en pare plutôt que centrée
sur
un axe principal. En se baladant dans le temple, on peut apercevoir,
sur les
murs d’une des salles, des hiéroglyphes assez uniques puisqu’ils
comportent
la plus ancienne représentation d’instruments chirurgicaux
(photo
ci-dessous).
A
Assouan, pendant que les uns visitent le musée de Nubie, les
autres se rendent à l’Old Cataract, à la recherche, non
pas de l’Arche d’Alliance, mais de Fathy Sallam.
Une
après midi en felouque à Assouan, c’est mémorable.
Nous empruntons ce moyen de navigation pour visiter les îles et
la rive gauche. Mais non. Avant tout, M. Jean Paul doit passer à
l’Oberoi changer de souliers, vu qu’il vient d’un endroit chic!
Après avoir tourné un quart d’heure autour
d’Eléphantine, nous y voilà. Et puis, on repart,
direction un village nubien, sur la rive gauche, pour une visite
guidée par la police. On repart de nouveau. Ile Kitchener ou
Monastère Saint Siméon? Les deux! Ah oui? Oui! Et par
quoi on commence? Vous comprenez, nous sommes à deux pas de
l’Ile Kitchener, mais il vaut mieux commencer par Saint Siméon,
dont on ne sait pas à quelle heure il ferme! Donc, on va
à Saint Siméon. Eh bien, non! Non? Oui, non! Le courant
s’arrête, et toutes les felouques avec. Panne sèche en
plein Nil. Kaput. Et puis ça repart doucement. Mais trop tard,
Saint
Siméon vient de fermer, nous dit le gendarme, alors que les
méharistes
nous proposent quand même de nous y emmener ! Bon on retourne
à
l’Ile Kitchener. Non! Non? Trop tard, aussi fermé. De toutes
façons,
nous sommes de nouveau en arrêt total. Mais pas pour longtemps.
Un
navire à moteur nous remorque vers l’embarcadère alors
que
nous sommes tous devenus fous, en train de danser et de chanter des
chansons
débiles! Finalement, ce fut un moment grandiose. Saint
Siméon
et Lord Kitchener attendront pour la prochaine fois!
On
fait quoi ce soir? On dîne quelque part! Ah! Allons essayer le
Isis Island, il paraît que c’est sympa. 2 trajets en vaporetto et
1h plus tard, on revient (presque à la nage). L’Isis Island est
aussi romantique que l’ancien terminal de l’Aéroport d’Abou
Dhabi. Reste le New Cataract, vu que l’Old ne veut pas de nous. Encore
faut-il pouvoir y accéder. A force d’y entrer pour passer
à l’Old Cataract (c’est la tactique pour fuir les vigiles!),
pour une fois que nous entrons au New Cataract pour dîner au New
Cataract, les gardes ne nous croient plus et veulent nous
convaincre de dîner à l’Old Cataract. Bref, c’est
très compliqué. Heureusement, que Baron, qui
connaît tout le monde, tombe dans les bras du chef de la
sécurité (qui travaille en journée au musée
juste en face). Retrouvailles émouvantes, on finit par avoir une
table à la terrasse et passer une soirée un peu plus
civilisée que celle de la veille. Le mezzé y est
très bon, le cadre agréable. Certains continuent les
after hours au café Nubia House, d’autres dans
la cabine téléphonique du lobby de l’Oberoi, en
conférence avec l’hôtel Bassma, paraît-il...
mercredi
2 janvier 2002 – LE CAIRE -
Retour
au Caire et retrouvailles avec Salwa pour retrouver le quartier copte.
Ca tombe particulièrement bien, vu que notre guide fait partie
de cette communauté. Cette promenade est une véritable
découverte d’un monde aux racines millénaires, avec des
églises fascinantes, des rituels ancestraux, des traditions qui
se perpétuent. Ce quartier, aussi appelé Vieux Caire,
semble un vase clos, très loin de l’agitation explosive de la
capitale. Pour clôturer les festivités, notre cher Ramses
prononce alors un discours mémorable sur le conflit entre les
églises catholique et orthodoxe.
Après
avoir tenté de photographier la synagogue, où, pour
chaque photo
prise, il faut acheter un book de cartes postales, la journée se
termine
par quelques achats chez Khan Misr Touloun. Notre Jean Paul y
achète
le mobilier de sa maison mais surtout un masque fameux qui semble
voué
à une histoire prometteuse. Taxi pour le Nile Hilton, on emporte
des
sandwichs à consommer en route vers l’aéroport.
Embarquement
à bord d’un airbus A340 d’Egypt Air. A quelle heure allons nous
décoller?
Et le stewart de répondre: Inch’Allah!
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