| > ALLER / VENIR |
| Le seul moyen de découvrir le
Lac Nasser et ses sites archéologiques est la voie maritime. 9
navires au maximum assurent la liaison entre Abou Simbel et Assouan. Il
est possible de rejoindre Abou Simbel en avion depuis Le Caire, Assouan
et Louxor. La croisière du 4 jours / 3 nuits,
avec un forfait pension complète. |
| > DORMIR |
| Nous avons passé les 4 jours de
croisière à bord du MS. Prince Abbas, un des
meilleurs navires du Lac Nasser. Moins célèbre que l’Eugénie,
il est aussi bien plus abordable. Son architecture privilégie
l’usage du bois, ce qui lui donne un coté retro craquant.
Très belles terrasses pour prendre le soleil, se détendre
en contemplant le paysage insolite et grandiose. Petite piscine sur le
pont supérieur, salons, bar, chambres très confortables,
service attentionné et confort digne d’un vrai 5 étoiles. |
| > MANGER |
| Les 3 repas inclus dans le forfait
sont de très bonne qualité. Buffet ou dîner servi,
ce sont toujours des mets variés allant des
spécialités égyptiennes à la sole
meunière. |
| > BOIRE / DANSER |
| Le navire offre tous les après
midi un 5 o’clock tea avec mignardises. Pour les soirées, les
boissons alcoolisées ne sont pas inclues dans le forfait et
peuvent s’avérer onéreuses. Un conseil aux buveurs:
acheter à l’avance une (ou des) bouteille(s) et demander
à payer le bouchon au bar (prévoir un petit pourboire).
Autre plan à la Baron & Baron: Prévoyez votre choix
de cassettes audio pour vos soirées au bar ou sur le pont
supérieur. Cesaria Evora ou Om Koulsoum en plein Lac Nasser,
c’est vraiment le pied! |
| > ECOUTER / VOIR |
| Les voyageurs auront droit à
l’illumination nocturne (un lumière sans son) des temples de
Wadi es Sebou et de Dakka depuis le pont du bateau. Au programme aussi,
une soirée nubienne, au cours de laquelle l’équipage joue
les ballets vernaculaires dans la grande tradition club med! Ambiance
garantie! |
| > ACHETER |
| De petites bricoles colorées et
drôles à l’entrée des sites archéologiques. |
| > LIRE |
Egypte Nubienne, la renaissance
d'un pays
sauvé des eaux,
un des 15 articles préférés des lecteurs de la
revue Géo (n. 248), un grand dossier à travers
les temples deplacés.
|
| Le Secret des Temples de Nubie,
Christine Desroches Noblecourt, Stock 1999, rééd. Livre
de Poche 2001. Un ouvrage passionnant et passionné, par
une des plus grandes égyptologues du XXe siècle, qui fut
partie prenante des opérations de sauvetage des temples. |
| Nubia Submerged through their eyes,
with their own words, Giuseppe Marino, Constanza De Simone.
Catalogue d’une exposition organisée par l’Ambassade Italienne
au Caire (2000). Relevé photo avec une anthologie de textes des
monuments de Nubie dans leurs emplacements d’origine. Disponible au
musée d'Assouan. |
| Le musée de Nubie, guide
édité par le ministère de la culture sous la
direction de G.A. Abdallah, disponible en français, un bon
apreçu général. |
Mirages nubiens, Nicolas
Jouriot, Qantara, n. 53, automne 2004. Un carnet de voyage de
Assouan
à Khartoum. Remonter le Lac Nasser pour aller à la
rencontre
du Nil Blanc et du Nil Bleu.
|
Egypte: le rêve fou d'une
seconde vallée du Nil et le pays poursuit sa
conquête des sables, Jean-Louis Péninou, Geo, n.308,
octobre 2004, dans le dossier "Nil". Les projets pharaoniques de
l'Egypte d'aujourd'hui pour irriguer son désert et y
sédentariser 10 millions d'agriculteurs.
|
|
|
|
| La
Nubie a toujours été un ailleurs. Bien qu’on en connaisse
l’existence des les temps les plus reculés (Ve millénaire
av-JC), ce territoire demeure étranger, sauvage, même
lorsqu’il est sous la domination des pharaons égyptiens. La
Nubie, c’est ce qui se trouve en amont (au sud) de la 1ere cataracte du
Nil qui est située près
d’Assouan. Ou plutôt, c’était. Car la Nubie est un pays
dont
on ne peut parler qu’au passé. Elle a entièrement disparu
sous les flots lors de la mise en marche du Haut Barrage d’Assouan.
Sacrifiée
pour sauver le reste de l’Egypte – on l’espère au moins. La
construction du Haut Barrage, un ouvrage pharaonique voulu par Gamal
Abdel Nasser a
provoqué la création d’un lac de retenue de 800 km de
long
avec 40 km de large par endroits, inondant tout se qui se trouvait sur
les
rives du Nil. On sauva ce qui pouvait l’être: Les populations
furent
installées autour d’Assouan, y reconstituant, tant bien que
possible,
leur habitat traditionnel, les monuments les plus importants furent
déplacés au cours d’une gigantesque opération de
sauvetage organisée sous l’égide de l’Unesco (cf. Abou
Simbel et Philae). |
|
| Le
voyage
en Nubie, ou plutôt sur le Lac Nasser est une expérience
étrange. 3 jours de navigations entre Abou Simbel et Assouan,
dans un paysage surréaliste. De l’eau, à perte de vue, et
puis, des montagnes, abruptes, sans plaine côtière, sans
cultures, sans villages. RIEN. LE NEANT. Dans le désert, il y a
des oasis. Ici c’est le choc entre un monde aquatique et un monde
minéral, sans l’ombre d’une vie. Quoique...
Le Lac Nasser est peuplé d’oiseaux, sans doute migrateurs, avec
de
beaux spécimens de pélicans... et puis il y a les fameux
crocodiles du Nil, qui ont pratiquement disparu du fleuve en aval, mais
qu’on peut
croiser dans les parages... Et puis il y a quelques sites
archéologiques.
3 sites sur lesquels ont été groupés 3 monuments. |
- l’ex.
colline de Kasr Ibrim -
Le
1er arrêt au départ d’Abou Simbel, c’est Kasr Ibrim. C’est
le seul site encore existant sans avoir été
déplacé. Occupé des l’époque pharaonique,
il s’agit d’un complexe
chrétien dont l’élément principal est une
basilique
byzantine à 3 nefs avec des arches assez bien conservées.
Située originellement au sommet d’une colline, elle ne fut pas
engloutie
mais se trouve aujourd’hui sur un modeste îlot que viennent
accoster
les navires de croisière... On ne débarque pas, on
regarde
d’en haut, depuis le pont. Assez curieux. Kasr Ibrim comptait nombre de
structures rupestres très intéressantes, un mini
Pétra,
que l’on ne verra plus qu’en photos. |
- Amada
& co -
Plus
au nord, sur une grande boucle du Nil, ont été
rassemblés plusieurs monuments sur le site dit d’Amada. On y
trouve la Tombe de Pennout, sous un tumulus pyramidal, le temple de
Derr, fondation modeste et peu élégante de Ramses II et
le temple d’Amada. Amada est un petit bijou qui a été
sauvé in extremis. Fondé par Thoutmosis III, sa
construction fut poursuivie par son fils Aménophis II puis par
Thoutmosis IV
qui le fit agrandir en transformant la cour en salle hypostyle. Le
temple
est conçu comme une basilique avec une nef centrale et deux
collatéraux. Les murs sont couverts de fresques admirables en
excellent état
de conservation. C’est là tout le problème. La
délicatesse des peintures excluait, lors des opérations
de sauvetage la possibilité de démonter le temple. En
1963, Amada était condamné à disparaître.
Mais l’archéologue française
Christiane Desroches Noblecourt n’était pas prête de
lâcher
le morceau. Après avoir obtenu des crédits
supplémentaires
à De Gaulle, elle réussit à déplacer le
temple
d’un seul tenant de 52 x 13 m en le détachant du sol et en le
faisant
glisser sur des rails! Le voyage dura 4 mois pour franchir 2800 m! |
- Wadi
es-Seboua -
Un
peu plus en aval, à mi-chemin entre Abou Simbel et Assouan, on a
reconstruit les temples de Wadi es-Seboua et de Dakka. Ces temples sont
loin de figurer au rang des chefs-d’œuvre de l’art égyptien. Le
plan est assez sommaire, la décoration est un peu
grossière...
La visite des lieux est bien plus mémorable pour l’environnement
dans lequel ces deux édifices ont été
reconstruits.
Vraiment grandiose. Entre les deux temples, une petite marche de 15 min
dans
le désert, très agréable... On notera quand
même
que Wadi es-Seboua, en très bon état, est
précédé
d’une allée de sphinx assez intéressante. |
- Kalabcha-
Last
but not least, près d’Assouan. Les bateaux sont amarrés
à des docks en face d’une gare de marchandises. Le décor
est saisissant, on se croirait au Havre! s'exclame Gwendo. Une petite
embarcation longe le Haut Barrage, interminable, permettant d’en saisir
la démesure, pour atteindre, sur la rive gauche, le Temple de
Kalabcha, le plus grand de Nubie. L’entrée du Temple, avec son
imposant pylône, est face à l’eau. Le temple, reconstruit
en 1962, s’est séparé de son petit portique qui a pris le
chemin du Musée Egyptien de Berlin. Kalabcha est de loin, le
plus beau monument du Lac Nasser [excepté Abou Simbel, bien
sur!]. La cour a portique précède la salle hypostyle,
magnifique, et le sanctuaire. Très beaux détails. Ne pas
manquer de faire le tour du temple, par le déambulatoire, pour
voir le nilomètre et les détails de poutres en pierre qui
supportent
le plafond. On adore. On adore aussi le tout petit kiosque de
Kertassi
(ou Qertassi), juste à côté, situé au-dessus
de
l’eau, avec ses chapiteaux hathoriques. Pour la petite histoire,
Kalabcha
et Kertassi qui sont aujourd’hui voisins, étaient à
l’origine
distants de 10 km! 3e structure reconstruite sur le site,
l’hémispeos de Beit el Wali, un temple creusé dans le
roc, la première fondation
du grand Ramses II en Nubie. Le chemin qui y mène est
balisé avec des luminaires Guzzini alliant design et technologie
(saluons le, pour une fois!) et jouit d’une vue imprenable sur le Haut
Barrage avec le monument à l’amitié soviétique qui
y fut érigé, un autre vestige d’une époque
révolue... |
| Reste
que, dans ce périple de 4 jours – fort agréable par
ailleurs, demeure de manière obsédante l’absence de ce
pays perdu. Les opérations de sauvetage qui
bénéficièrent d’une participation internationale
ont permit de sauver un patrimoine inestimable. Les pays participants
furent remerciés pour leurs efforts. L’Allemagne reçut le
portique de Kalabcha (cité plus haut), la France
un colossal Akhenaton, les Etats Unis le petit temple de Dendur,
reconstruit sous une serre dans le Metropolitan Museum of Art de New
York et l'Espagne a récupéré le gros lot, le
temple de Dabod, reconstruit dans le parc de Rosales à Madrid.
Mais que sites disparus à tout jamais. Le petit temple de
semi-rupestre de Gerf Hussein qui surplombait joliment le Nil, avec ses
statues colonnes de Ramses II. La Nécropole de Wadi Allaqi, un
cercle creusé dans le sol, véritable pièce de land
art avant l’heure. Aucun édifice chrétien ou
arabo-musulman ne fut démonté, ni le cimetière
islamique de Gebel
Adda, avec ses petits marabouts, ni les églises
médiévales de Faras (dont on a toutefois sauvé les
fresques)... Les dessins
rupestres préhistoriques de Abka ont aussi été
transférés à Assouan, mais détachés
de leur cadre naturel, ils
semblent devenus un corps sans organe! Que le lecteur ne nous prenne
pas
pour des nostalgiques. Nous regrettons simplement ne plus pouvoir voir
de
nos propres yeux des endroits qui devaient être merveilleux.
Notre
préféré demeure le château de Ukma East, au
sud
de la seconde cataracte (en territoire soudanais), avec des murs en
mille-feuilles
de granite et de schiste. Fascinant. Mais enfin, cessons de nous
lamenter
et mieux vaut se satisfaire de ce qu’on a encore sous la main, ce qui,
déjà,
est énorme. |
| 2002-2005,
Baron & Baron, Rana Haddad, (photos), Baron & Baron (texte),
tous droits réservés. >> CONTACTEZ
NOUS |
|