| > ALLER / VENIR |
| Pas évident de se
déplacer dans le delta du Nil, qui se situe entre Le Caire et la
cote méditerranéenne. Les routes sont souvent en
piètre état, les panneaux indicateurs inexistants. Des
bus desservent les principales agglomérations, encore faut-il
pouvoir s’y retrouver. Pas de tours organisés dans toute la
région qui, on l’aura compris, est réservée aux
routards aguerris et débrouillards. |
| > DORMIR |
| Nous ne sommes pas en mesure de
recommander une adresse dans le coin. Mieux veut dormir à
Alexandrie. |
| > MANGER |
| Comme pour la rubrique
précédente, notre adresse fétiche est hors du
Delta, à Aboukir. Le restaurant Zephyrion. Grande
terrasse dominant la plage, excellents poissons au four
accompagnés de riz (cuit à l’oignon), mezzés,
crevettes, etc. |
| > BOIRE / DANSER |
| Au risque de passer pour un
extra-terrestre, tenter une chicha dans un des cafés
traditionnels de la ville de Rosette. |
| > LIRE |
Champions de "l'autre Egypte" Claudine
et Cyril Le Tourneur d'Ison ont parcouru la région du Delta, de Tanis,
capitale oubliée, un des grands sites pharoniques les moins
connus, aux Gardiens du lac de Burullus, une communauté
de pêcheurs au mode de vie ancestral. C'est dans leur dossier Egypte
Secrète Grands Reportages, n. 276, janvier 2005
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| Monuments de l'Egypte et de la
Nubie par Champollion le Jeune, 1845. |
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|
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Ce
n’est pas la région préférée des touristes.
Les agences de voyages poussent des hauts cris face au quidam qui
demande à s’y rendre. Si, avec ses amis il a les moyens
d’affréter un bus, il y a de
fortes chances que le chauffeur ne connaisse pas son chemin.
Le
Delta du Nil, c’est l’Egypte agricole. Les vastes plantations
de coton, reliées par des chemins boueux. Des
agglomérations plus ou moins grandes
(Tanta atteint les 335000 âmes) sans charme particulier.
Des
routes cabossées, dépourvues d’indications et
encombrées
de bus locaux et de tracteurs.
Point
de vestiges grandioses ou de paysages à couper le souffle. Mais
plutôt des localités et leurs modes de vies et leurs
traditions. Des maisons couvertes de toits en foin séché.
Des mamas égyptiennes lavant leur linge dans les eaux marron.
Une immense procession funèbre traversant les champs. Des
barques multicolores, des paysages de roseaux. Des immenses
palmeraies. Des plans d’eaux et de verdure contrastant avec les
paysages du reste du pays, bref, une autre Egypte que celle des
cartes postales.
Outre
des habitations vernaculaires, cette route permet de faire un
détour par des sites assez importants: Le Canal de Suez,
(à l’est), Tanis, ancienne capitale de Basse Egypte,
dont on peut admirer, parmi les vestiges, la fameuse statue de Ramsès
II, et, surtout, Rosette (Al Rashid). |
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Rosette
est célèbre dans le monde entier grâce à la
fameuse pierre qui permit à Champollion de
déchiffrer les hiéroglyphes. Encore faut-il savoir que
c’est d’une ville qu’il s’agit. Nichée sur l’un des bras du Nil,
Rosette ne reçoit qu’occasionnellement des visiteurs
étrangers. Evidement, ils ne viendront pas pour admirer la
pierre en
question puisqu’elle se trouve au British Museum. Une copie
trône à l’entrée du jardin public.
Aller
à Rosette, c’est toute une histoire. Les Egyptiens ont grand mal
à comprendre ce qui motive un tel voyage et ont tenté de
nous en dissuader. Cette panique peut être justifiée par
la crainte de groupes intégristes qui provoque une
véritable paranoïa de la part des services
de sécurité à travers tout le pays.
Quoi
qu’il en soit, nous sommes accueillis dans la ville par des panneaux
vantant, à travers des citations proverbiales, la
moralité de la ville
et de ses habitants, et par la police qui nous escorte tout au long de
notre visite!
La
ville de Rosette fut, jusqu’au XIXe siècle le plus grand port
d'Egypte. De
cette richesse perdue elle conserve un ensemble de maisons
patriciennes uniques qui rappellent celles du Yémen. Hautes
et relativement et
étroites. Leurs façades en brique sont rythmées
par
des encorbellements et des fenêtres à moucharabieh. La Maison
Al Amasyali est richement décorée. Dans la salle de
bal
au 1er étage, un petit balcon en mezzanine était
destiné
aux femmes qui vu les dimensions, avaient intérêt à
faire
attention à leur ligne! Plus loin dans la ville, à
côté
de la Maison Asfour, le Moulin Abou Chahine conserve
toujours ses immenses presses en bois.
Il ne
faut également pas manquer les mosquées,
très différentes de celles qu’on à l’habitude de
voir ailleurs. Les murs sont peints à la chaux et leur couleur
blanche contraste avec celles des poutres et des encadrements de portes
en bois. Il y a à l’intérieur une très belle
lumière qui pénètre à travers la minuscule
cour intérieure.
Par
ailleurs, un lecteur nous a informés de l'existence d'une
communauté juive
qui se trouvait à Rosette jusqu'au XVIIIe siècle et qui
était
principalement composée de pêcheurs. Nous n'en avons
repéré
aucune trace.
Se
balader dans les rues de Rosette est un véritable voyage dans le
temps. L’absence
totale d’infrastructure moderne, mais surtout de touristes permet
d’apprécier une ville traditionnelle égyptienne avec ses
rues en terre battue, ses carrioles à chevaux, ses marchands et
ses nombreux cafés arabes, sa saleté et ses odeurs...
Ceux qui recherchent une ambiance feutrée ne risquent pas de s’y
retrouver, pas de Hilton dans les
parages! |
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