| > ALLER / VENIR |
La mosquée Ibn Tulun se trouve
au sud ouest de la citadelle du Caire, à 10 minutes à
pied de Midan Salah ed Dine. Ouverte tous les jours de 8h à 17h
sauf durant la prière du vendredi. Mêmes horaires pour le
Musée Gayer Anderson.
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| > ACHETER |
| Une
de nos adresses préférées se trouve en face de la
mosquée: Khan Misr
Touloun est une paradis pour la amateurs de châles, boiseries et
autres
objets d’artisanat. Attention, fermé le samedi. |
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Le
1er avril 2005, la guérilla irakienne a fait un poisson d’avril
d’un goût des plus douteux. Une explosion a détruit la
coupole qui couronne le sommet du minaret de la mosquée de la
Samarra, haut de 52 mètres. Construit en 852 par le calife
abbasside al-Motawakel, le minaret hélicoïdal de la
Malwiya, grande mosquée de Samarra est un des ouvrages les plus
fascinants de la civilisation arabo-musulmane. Sa forme a
inspiré celle de la tour de Babel véhiculée dans
l’imagerie occidentale (célèbre peinture de Peter
Breughel l’ancien au Kunsthistorisches Museum de Vienne) alors que la
«vraie» tour de Babel était une ziggourat de plan
carré et ressemblait d’avantage à une pyramide. Le
minaret de Samarra, on y arrive, est également à
l’origine de celui de la mosquée d’Ibn Tulun, une des plus
anciennes du Caire, construite entre 876 et 879.
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1. Le
Caire, mosquée Ibn Touloun. Le minaret (au centre) et le mur
d'enceinte (à droite)
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| Disons
le
d’emblée, le minaret d’Ibn Tulun est bien plus modeste que son
illustre
prédécesseur. Tant au niveau des dimensions, que de la
forme. Les
architectes ont ici réalisé une variante assez
étonnante du modèle
hélicoïdal avec une base carrée surmontée
d’une rampe en spirale
permettant d’atteindre le sommet. Le résultat est donc une
fusion entre
deux formes géométriques, le carré et le cercle ou
la spirale. Deux
formes que l’on retrouve également dans la cour de la
mosquée. Cette
dernière, de plan carré – c’est une rareté, la
majorité des cours de
grandes mosquées, de Damas à Kairouan, en passant par
Samarra, sont
rectangulaires – est encadrée par une galerie à portique.
Au centre de
la cour, un bassin aux ablutions – rituels purificateurs indispensables
aux fidèles avant la prière – est abrité par une
petite construction
carrée coiffée d’une coupole. Ce superbe objet dont la
symétrie est
absolument parfaite assure une continuité sémantique avec
le minaret:
base carrée, sommet circulaire. |

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2. Le
Caire, mosquée Ibn Touloun. La cour
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| Le
hasard fait
peut-être bien les choses.
Impossible de parler de hasard dans des architectures où chaque
détail,
chaque proportion et chaque forme ont été savamment
pensés. Les deux
éléments les plus visibles commencent en carré.
Pourquoi un carré? Car
dans le langage graphique et géométrique musulman, le
carré est la
représentation conceptuelle du monde terrestre. Non que les
arabes de
l’époque croyaient que la terre était carrée. Mais
le carré étant une
forme finie, limitée, il permettait d’exprimer l’idée de
monde
terrestre comme cadre de la condition humaine par opposition au monde
céleste qui lui est idéal et infini. Qui est
représenté par un cercle,
forme géométrique parfaite à un seul coté
ou à une infinité de cotés...
D’où les coupoles qui coiffent les sommets. Et entre le
carré et le
cercle, une forme intermédiaire dont le but est d’illustrer le
passage
du monde terrestre au monde céleste que l’on peut accomplir
notamment
dans la prière. La spirale pour le minaret, l’octogone pour la
fontaine
aux ablutions. |

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3. Le
Caire, mosquée Ibn Touloun. La cour, fontaine aux ablutions
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La
mosquée d’Ibn
Tulun est une architecture vouée à la
spiritualité.
Les jeux d’ombre et de lumière contribuent également
à cet
accomplissement, entre la cour, qui baigne sous le soleil, et la salle
de prière, beaucoup plus sombre et propice au recueillement.
Entre les
deux, la simplicité. L’ornement ici se réduit à sa
plus simple
expression. Des motifs circulaires qui viennent s’insérer entre
les
arcades, sur les murs enduits qui ont été
récemment restaurés. La
mosquée a été construite en brique crue, une
singularité qui s’explique
par l’influence abbaside d’Irak puisque ce matériau a toujours
été
d’usage en Mésopotamie. La rénovation qui a
redonné une fraîcheur à
l’édifice mais qui a fait disparaître le tracé des
lignes au sol qui se
concentraient vers la fontaine aux ablutions. |

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| 4. Le
Caire, mosquée Ibn Touloun. Galerie |
Question
de
parcours…
Faire le tour de la cour sous les arcades ou la traverser en ligne
droite? A l’ombre ou dans la lumière? Dans le silence et la
quiétude,
en tout cas, de la mosquée qui semble protégée de
l’agitation
tumultueuse de la ville. Peut être grâce à sa
seconde peau qu’est la
membrane intermédiaire séparée de
l’extérieur mur d’enceinte crénelé? |

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5. Le
Caire, mosquée Ibn Touloun. Salle de prière
|
Toujours
des sensations spatiales.
A proximité immédiate
de la mosquée, on visitera un autre espace avec des dedans et
des
dehors, des moucharabieh et des perspectives obstruées, un
espace dédié
au quotidien, puisqu’il s’agit de deux demeures cairotes du XVIIe
siècle réaménagées en musée, le
Musée Gayer Anderson. |
photos: Gregory Buchakjian (4),
Sary Tadros (1,2,3,5)
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