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20 avril 2000 – Beyrouth / Le Caire
09h00:
rendez-vous à l'Aéroport International de Beyrouth.
11h10:
décollage sur le vol MEA, en pleine tempête de sable.
Après
un vol mouvementé, atterrissage, à 11h20 au Caire.
Accueil
intempestif de Mariette. En route vers la capitale, traversée de
la banlieue chic de Héliopolis, création du Baron
Empain (un ancêtre de Baron & Baron?) dont la
résidence est toujours visible: Une sorte de temple hindou.
Visite
de la ville avec le Palais Manyal, le magnifique Musée
d’Art Islamique ou tout le monde est de mauvaise humeur. Les souks,
marchands
de tapis et de tarbouches. Les nécropoles. Pour jeudi
saint,
au lieu de visiter sept églises, Baron & Baron et leurs
disciples
feront sept mosquées.
17h30,
le Ramses Hilton. Nos chambres ne sont pas encore prêtes.
Elles ne le seront qu’à 20h, après que Ralph
(coiffé de son tarbouche)
et Ed aient passé un savon au directeur de
l’établissement
convaincu du bien fondé de réserver deux fois la
même
chambre! Parmi ses relations, Walid réussi à
débrouiller
une réservation au Pomodoro, un endroit très
branché paraît-il. Tellement branché que ceux qui
ne portent pas des chaussures dites «de ville» sont
refoulés et que nous
devons libérer notre table avant le dessert! Les gens commencent
à arriver après minuit, mais, fatigués de notre
journée, nous décidons de quitter
après que Karine ait
pris soin de glisser une bouteille de vin dans sa poche (on ne sait
jamais)... Ballade nocturne et fin de soirée au Casino
pour Ralph, Walid, Carl et Baron. Gains respectifs: 20, 180, 5 et 70
USD.
vendredi
21 avril 2000 – Le Caire / Saqqara / Gizeh / Le Caire / Bahariya
Après
des plaintes auprès de ses supérieurs, Mariette
apparaît aujourd’hui sous ses plus beaux jours pour un
départ matinal vers
les incontournables sites pharaoniques qui entouraient l’antique
métropole de Memphis.
Monique
a disparu de la circulation. Visites de Saqqara, ou un
bédouin tombe amoureux de Baron, et de Gizeh, ou Karine
et Danielle tentent d’aborder un autre bédouin plus
récalcitrant. De temps à autre, le vent se lève,
faisant disparaître la visibilité. Entrée dans le
musée de la Barque Solaire de Kheops. Sympathique
ballade dans cet espace en chaussons blancs fournis à
l’entrée.
Entre
Saqqara et Gizeh, arrêt au Wissa Wassef Art Centre.
Très bel espace, très beaux tapis. Karine ne cesse de
faire des croquis, et tout le monde achète des poteries. Celles
de Joelle M n’iront pas bien loin. Retour au Caire pour une
après-midi libre. Musée Egyptien pour le gros des
troupes qui étaient prêtes à l’émeute si on
les en avait privées. Musée Mahmoud Khalil pour
les deux Baron et Myriam. Piscine et bronzage pour devinez qui...
Après
un déjeuner express et des courses poursuites en taxi,
rendez-vous au Ramses Hilton avec Dia’. Briefing dans le lobby sur les
conditions de voyage
et de vie dans le désert. Nadine est particulièrement
excitée
à l’idée de [CENSURE]. Enfin le départ à
bord
de cinq jeeps cherokee.
Au
delà de Gizeh, October City, ville nouvelle, cité
dortoir pour désengorger Le Caire. Des cités HLM, des
pavillons de banlieue et des luna-parks, puis plus rien. On passe
brusquement au monde grouillant de l’urbanisation galopante à
celui du désert. Ce dernier que les égyptiens sont
obligés aujourd’hui de conquérir et d’apprivoiser afin
d’étendre leur espace vital qui devient limite! La route du
désert est relativement récente. Elle permet, suivant une
boucle sud-ouest/ sud est de joindre les oasis de Bahariya, Farafra,
Dakhla et Kharga en revenant sur Louqsor.
Une bifurcation avant Bahariya
mène vers Sioua.
Nous
nous
dirigeons vers Bahariya, l’oasis la plus proche du Caire (360 km). La
nuit
tombe, les températures aussi. Malgré la faible
circulation, la route est bien entretenue, sans doute les gisements
pétroliers n’y
sont pas étrangers...
Arrêt
à Bahariya au Popular Restaurant, pour faire les
réserves de bière locale de la soirée. Camping
près des sources d’eaux sulfureuses. Bain nocturne pour les
moins frileux. L’eau est chaude, 40 degrés. Karine et Rana se
précipitent à l’eau. Les sirènes de la nuit
seront, immortalisées par la camera de Walid. Feu de camp,
dîner bédouin danse et chants, l’excitation de Nadine
augmente! Promenade archéologique de minuit pour Caline, Joelle
J,
Hala, Philippe et Baron, qui pensent avoir découvert une
pyramide inconnue et le feront savoir aux bulletins
télévisés du lendemain martin... Nuit blanche pour
Dia’ obligé de surveiller Nadine. Et pour Danielle à
cause du voisinage de Baron! Fou rire
de Baron et de Myriam qui excite Ralph à son tour.
samedi
22 avril 2000 – Bahariya / Désert Blanc / Bahariya / Le
Caire
Au
réveil, chacun dira qu’il n’a pas dormi à cause de son
voisin. Brossage de dents dans les buissons, petit déjeuner
bédouin, hospitalisation de Rana. Dieu sait ce qu’elle a fait la
veille...
Visite
de Bahariya. On reprend la route, direction Farafra, au
sud-est. Le
paysage alterne montagnes et dépressions. A 40 km de Farafra,
nous
quittons la route goudronnée pour nous enfoncer, en off-road
dans les sables du désert blanc. Dia’, bien que connaissant le
coin,
conduit avec une boussole à la main. Ici aucun point de
repère,
rien de plus facile de se perdre dans l’immensité, comme Dupont
et
Dupond dans Tintin au pays de l’or noir... Et de s’enfoncer dans le
sable.
A tour de rôle, les jeeps s’enlisent. Le désert
blanc
tire son nom des rochers en forme de champignons d’une blancheur
immaculée qui surgissent des sables. On croirait voir des
plaques de neige.
Déjeuner
gastronomique au pied d’un champignon blanc. Grillades de kafta et
délicieuses feuilles de vignes farcies. Ne seraient-ce les
grains de sable qui atterrissent dans nos assiettes!
Retour
au Caire, via les Crystal Mountains aux roches scintillantes
(on se croirait dans la caverne d’Ali Baba) et l’incontournable pause
au Popular Restaurant. Arrivée au Ramses Hilton vers 23h,
dîner sur place, Walid se précipite au casino ou l’attend
la fortune. 420 USD pour aujourd’hui.
Le Ramses Hilton lui déboursera un total de 700 USD!
dimanche
23 avril 2000 - Le Caire / Alexandrie
La
journée commence avec le petit déjeuner du Ramses Hilton,
suivi d’une drôle d’aventure: Carl et les deux Baron
décident de grimper au restau
panoramique du 39e étage pour y admirer la vue. C’est
fermé.
Pourquoi ne pas tenter sa chance au 38e? La porte de l’ascenseur
s’ouvre
sur une armoire à glace armée jusqu’au dents bloquant
l’accès
d’un espace encombré de caisses : «sorry! private
floor!».
Ne pas
discuter. Partir. Descendre à l’étage suivant, le 37e.
Les
portes s’ouvrent sur deux cerbères aussi peu accueillants que le
précédant, à la différence qu’à cet
étage
la déco est du style ‘Mille et une nuits’ avec murs
tapissés
de tentures bleues et de dorures...
Il
s’en passe des choses, dans ce caravansérail ! Après
maintes spéculations, nous sommes renseignés: Ces deux
étages sont loués
à l’année par le frère du Roi d’Arabie Saoudite,
qui
bien que possédant deux palais au Caire, préfère
séjourner ici. Quant à sa garde rapprochée, mieux
vaut ne pas s’y frotter. Ils auraient tué deux employés
de l’hôtel au cours d’une rixe il y a quelques mois,
paraît-il!
Après
toutes ces émotions fortes, départ pour le Delta du
Mékong (pardon, Philippe, du Nil), avec au volant, un chauffeur
complètement perdu qui ne connaît jamais son chemin et qui
parle seul.
Du
Caire à Alexandrie, deux routes peuvent être
empruntées. La route dite du désert, est la plus rapide
et la plus fréquentée. Il est possible, en chemin, d’y
découvrir les monastères coptes de Wadi Natrum.
L’autre route, celle du Delta, (al Tariq al Zirahi, la
route agricole), traverse des agglomérations plus ou moins
encombrées, des plantations de coton, des canaux reliant les
bras principaux du fleuve et des palmeraies, notamment près de
Rosette, ce qui vaut à cette dernière le surnom de
«cité aux millions de palmiers».
A Rosette,
nous sommes accueillis par la police. Le commissaire fait office de
guide
local tandis que ses subalternes encadrent le groupe. Visite des
maisons
du XIXe siècle à travers le dédale de ruelles
poussiéreuses qui ne manquent d’effleurer les âmes les
plus sensibles. Le trajet
entre Rosette et Aboukir s’avère beaucoup plus longe que
prévu,
l’état des routes étant assez lamentable (autre indice du
manque
d’intérêt que les autorités accordent à la
région).
Ca n’empêche pas Karine et Joëlle de nous faire leur show et
de
mettre le feu au bus, pendant que Ralph a reussi a nous remettre:"Alexandrie!
Alaxandra!..."
On
arrive enfin à Aboukir, ville côtière pas
vraiment passionnante, qui mérite d’être connue pour deux
choses: La bataille navale au cours de laquelle la flotte de Bonaparte
fut anéantie par les Anglais, et (surtout), Zephyrion,
une des meilleures adresses du
pays pour déguster le poisson. On arrive à temps pour
déjeuner face à un bucolique coucher de soleil sur la
Méditerranée. Précédé de crevettes
grillées, le poisson est accompagné de “tajin” et de riz
aux oignons (comme la sayadiyé libanaise).
Ces
agapes sont d’autant plus mémorables que tout le monde
déjeune aux frais du Ramses Hilton! Ou plus
précisément à l’invitation de Walid sur les gains
qu’il a amassé la veille au casino de l’hôtel!
Début
de soirée, entrée dans Alexandrie, en parcourant son
interminable corniche de 24 km. Au cœur de la ville, sur la place Saad
Ghalghoul, L’Hôtel Cecil aligne sa fameuse façade
vénitienne néo-baroque. Le hall et les salons sont un
échantillon admirable du style éclectique tendance
Art-Déco du début du siècle, avec lustres,
stucs etc. Malgré son entrée au sein de la chaîne
Sofitel,
le Cecil n’a pas du beaucoup changer... Sans être aussi
vétuste que le Baron à Alep, le Cecil reste un des
hôtels légendaires de l’orient, témoin d’une
époque révolue.
Premier
contact avec Alex, la nuit. Promenade dans le centre ville
(excepté pour Walid, parti inspecter le health spa de
l’hôtel). Le long de la corniche, jusqu’à Midan
el Orabi puis Midan el Tahrir, la plus grande place de la
ville animée par la circulation des calèches, qui une
fois n’est pas coutume, ne sont pas réservées aux
touristes, par ailleurs fort rares dans la ville! S’enfoncer dans les
souks, à partir de Zanett el Settat, la rue des Femmes!
Alexandrie n’a pas le pittoresque du Caire ou de Damas, plutôt
une certaine (mais relative) modernité la rapprochant de
Beyrouth. C’est là qu’on retrouve l’essence de la ville avec ses
échoppes animées, ses marchands de tissus et
d’épices, et au détour d’une ruelle, un mariage.
Célébration dans la rue ou rituel urbain
hérité d’une tradition ancienne, les gens du quartier se
rassemblent autour des mariés qui ont tout prévu
pour l’occasion. Bande sono tonitruante, effervescence de
néons. Il faut évidement aller féliciter les
nouveaux mariés (même si on ne les connaît pas)
avant de se joindre aux convives ravis de recevoir des “invités”
venus s”spécialement” de Beyrouth pour l’occasion!Il y a un
animateur pour mettre l’ambiance. Il n’hésite pas à faire
la part belle aux nouveaux venus (nous !), à déclamer la
beauté
de Leyla (Nadine?!) mais surtout à chanter les louanges de
Mustapha
(fameuse chanson), le tour leader du groupe (alias Baron!). Hala,
Caline
et Carole s'en donnent à coeur joie et risquent de trouver un
mari!
Malgré l’ambiance explosive, les nouveaux mariés semblent
contrariés
par le contretemps provoqué par notre arrivée inattendue,
qui
non seulement occulte leur importance aux yeux du public, mais surtout
retarde
d’heure fatidique de la fin des festivités de rue et du
début
de celles qui les attendent dans la chambre à coucher!
La
promenade continue à travers les souks de la ville. Au
coin d’une rue, un marchand d’oiseaux est en train de gaver (par le
bouche à bouche) ses bêtes. Ames sensibles s’abstenir.
Plus loin toujours dans la section des volatiles, rencontre du
troisième type avec des poules pour une Monique qui,
du cheval, trouve maintenant ici ses origines...
Finir
la soirée en prenant un verre, au Sahara, par exemple. Au bout
de la ville,
dans un étrange (du moins à cette heure ci) centre
commercial (entrée latérale et escaliers assez glauques),
au 1er étage. A l’intérieur, déco bédouine
avec tapis et coussins
des oasis du désert. Grande variété de
narguilés
(chicha), toutes sortes de parfums. Avec une tisane c’est très
bien,
les desserts sont fameux. Ambiance cool. Walid est satisfait, donc il
négocie
un contrat (narguile.com?) avec le proprio.
lundi
24 avril 2000 – Alexandrie
Joelle
J et Walid sont partis de bonne heure pour l’aéroport du Caire,
avec Alfred au volant. Monique a de nouveau disparu. Le
groupe, réduit mais invaincu, attaque sa visite d’Alexandrie qui
s’achèvera, après un déjeuner chez Mac Do, sur la
jetée de Montazah,
parmi les amoureux. En fin d’après midi, après avoir
affrété une peugeot 504 limousine-break et acheté
des gâteaux chez
Pastroudis, marché de brocante à Souk el Attarine.
Baron
nous ramène, comme à son habitude, une canne et un
portrait
(phot du siècle dernier, cette fois), Ralph et Joelle se
précipitent
sur les vases Gallé et Daum, Baron s’arrange pour acheter un
châle
indien. Les autres les rejoignent après avoir
dévalisé
les shopping malls, Benetton-Syrie (pardon, Egypte) etc.
Dernière
soirée. Tout le monde est fourbu et traîne pendant des
heures dans le lobby du Cecil à fumer des Cleopatra
(fournies par devinez qui)
avant d’aller, en logeant la corniche, au Grand Café fumer
des
narguilés...
Retour
en taxi décoré de lumières clignotantes
façon
blade runner. Fou rire de Baron et fureur du chauffeur.
mardi
25 avril 2000 – Alexandrie – Aéroport du Caire – Beyrouth
Lever
matinal. Route sans histoires vers l’aéroport. Heureusement, car
la route du désert est brumeuse et notre chauffeur
défaillant. Monique nous attend à l’aéroport.
Joelle a du trimbaler ses bagages. Alfred est aussi venu pour un
dernier au revoir. Au terminal 1, sticker
de bagages datant de 1962 (nos experts ont vérifié) et
pas
de dollars US au bureau de change. Embarquement sur l’Airbus A320 de la
MEA
et confusion dans la distribution des sièges. Ca aussi c’est
devenu
une habitude, sur les vols de retour de B&B. Nous aprenons, dans la
presse,
la prise d'otages de touristes en Malaisie... Arrivée à
l’Aéroport
International de Beyrouth en milieu d’après midi. Après
les
adieux de rigueur, tout le monde au boulot!
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