BARON & BARON > CARNETS & RECITS DE VOYAGEEGYPTE > 2000 [DU DESERT LIBYQUE A ALEXANDRIE]
LISEZ NOS RECITS DE VOYAGE EN EGYPTE: 2005 [SIWA] ET 2001'02 [LA NUBIE]
VISITEZ NOS PAGES ALEXANDRIE, LE DELTA DU NIL, LE CAIRE, GIZEH ET SAQQARA ET LE DÉSERT LIBYQUE
LES MEMBRES DE L'EXPÉDITION

Alfred: et les malheurs!
Caline: la jeune fille modèle.
Carl: l’ami des femmes.
Carole: Ombre.
Edouard: la force tranquille.
Greg: Baron
Danielle: la femme ami(e)
Dia’: Clooney
Hala: le professeur.
Joelle J: la discrète.
Joelle M: porte bagages de l'absente 
Karine:  Chicha.
Mariette: l’ennemie du rire.
Monique: l’absente.
Myriam: le fou rire.
Nadine: la groupie.
Patrick: Baron.
Philippe: victime du Vietnam.
Ralph: Dr Refka.
Rana: la sirène.
Walid: le nabab.

jeudi 20 avril 2000 – Beyrouth / Le Caire

09h00: rendez-vous à l'Aéroport International de Beyrouth.
11h10: décollage sur le vol MEA, en pleine tempête de sable. Après un vol mouvementé, atterrissage, à 11h20 au Caire.
Accueil intempestif de Mariette. En route vers la capitale, traversée de la banlieue chic de Héliopolis, création du Baron Empain (un ancêtre de Baron & Baron?) dont la résidence est toujours visible: Une sorte de temple hindou.

Visite de la ville avec le Palais Manyal, le magnifique Musée d’Art Islamique ou tout le monde est de mauvaise humeur. Les souks, marchands de tapis et de tarbouches. Les nécropoles. Pour jeudi saint, au lieu de visiter sept églises, Baron & Baron et leurs disciples feront sept mosquées.

17h30, le Ramses Hilton. Nos chambres ne sont pas encore prêtes. Elles ne le seront qu’à 20h, après que Ralph (coiffé de son tarbouche) et Ed aient passé un savon au directeur de l’établissement convaincu du bien fondé de réserver deux fois la même chambre! Parmi ses relations, Walid réussi à débrouiller une réservation au Pomodoro, un endroit très branché paraît-il. Tellement branché que ceux qui ne portent pas des chaussures dites «de ville» sont refoulés et que nous devons libérer notre table avant le dessert! Les gens commencent à arriver après minuit, mais, fatigués de notre journée, nous décidons de quitter   après que Karine ait pris soin de glisser une bouteille de vin dans sa poche (on ne sait jamais)... Ballade nocturne et fin de soirée au Casino pour Ralph, Walid, Carl et Baron. Gains respectifs: 20, 180, 5 et 70 USD.

vendredi 21 avril 2000 – Le Caire / Saqqara / Gizeh / Le Caire / Bahariya

Après des plaintes auprès de ses supérieurs, Mariette apparaît aujourd’hui sous ses plus beaux jours pour un départ matinal vers les incontournables sites pharaoniques qui entouraient l’antique métropole de Memphis
Monique a disparu de la circulation. Visites de Saqqara, ou un bédouin tombe amoureux de Baron, et de Gizeh, ou Karine et Danielle tentent d’aborder un autre bédouin plus récalcitrant. De temps à autre, le vent se lève, faisant disparaître la visibilité. Entrée dans le musée de la Barque Solaire de Kheops. Sympathique ballade dans cet espace  en chaussons blancs fournis à l’entrée.

Entre Saqqara et Gizeh, arrêt au Wissa Wassef Art Centre. Très bel espace, très beaux tapis. Karine ne cesse de faire des croquis, et tout le monde achète des poteries. Celles de Joelle M n’iront pas bien loin. Retour au Caire pour une après-midi libre. Musée Egyptien pour le gros des troupes qui étaient prêtes à l’émeute si on les en avait privées. Musée Mahmoud Khalil pour les deux Baron et Myriam. Piscine et bronzage pour devinez qui...

Après un déjeuner express et des courses poursuites en taxi, rendez-vous au Ramses Hilton avec Dia’. Briefing dans le lobby sur les conditions de voyage et de vie dans le désert. Nadine est particulièrement excitée à l’idée de [CENSURE]. Enfin le départ à bord de cinq  jeeps cherokee.

Au delà de Gizeh, October City, ville nouvelle, cité dortoir pour désengorger Le Caire. Des cités HLM, des pavillons de banlieue et des luna-parks, puis plus rien. On  passe brusquement au monde grouillant de l’urbanisation galopante à celui du désert. Ce dernier que les égyptiens sont obligés aujourd’hui de conquérir et d’apprivoiser afin d’étendre leur espace vital qui devient limite! La route du désert est relativement récente. Elle permet, suivant une boucle sud-ouest/ sud est de joindre les oasis de Bahariya, Farafra, Dakhla et Kharga en revenant sur Louqsor. Une bifurcation avant Bahariya mène vers Sioua.

Nous nous dirigeons vers Bahariya, l’oasis la plus proche du Caire (360 km). La nuit tombe, les températures aussi. Malgré la faible circulation, la route est bien entretenue, sans doute les gisements pétroliers n’y sont pas étrangers...
Arrêt à Bahariya au Popular Restaurant, pour faire les réserves de bière locale de la soirée. Camping près des sources d’eaux sulfureuses. Bain nocturne pour les moins frileux. L’eau est chaude, 40 degrés. Karine et Rana se précipitent à l’eau. Les sirènes de la nuit seront, immortalisées par la camera de Walid. Feu de camp, dîner bédouin danse et chants, l’excitation de Nadine augmente! Promenade archéologique de minuit pour Caline, Joelle J, Hala, Philippe et Baron, qui pensent avoir découvert une pyramide inconnue et le feront savoir aux bulletins télévisés du lendemain martin... Nuit blanche pour Dia’ obligé de surveiller Nadine. Et pour Danielle à cause du voisinage de Baron! Fou rire de Baron et de Myriam qui excite Ralph à son tour. 

samedi 22 avril 2000 – Bahariya / Désert Blanc / Bahariya / Le Caire 

Au réveil, chacun dira qu’il n’a pas dormi à cause de son voisin. Brossage de dents dans les buissons, petit déjeuner bédouin, hospitalisation de Rana. Dieu sait ce qu’elle a fait la veille...
Visite de Bahariya. On reprend la route, direction Farafra, au sud-est. Le paysage alterne montagnes et dépressions. A 40 km de Farafra, nous quittons la route goudronnée pour nous enfoncer, en off-road dans les sables du désert blanc. Dia’, bien que connaissant le coin, conduit avec une boussole à la main. Ici aucun point de repère, rien de plus facile de se perdre dans l’immensité, comme Dupont et Dupond dans Tintin au pays de l’or noir... Et de s’enfoncer dans le sable. A  tour de rôle, les jeeps s’enlisent. Le désert blanc tire son nom des rochers en forme de champignons d’une blancheur immaculée qui  surgissent des sables. On croirait voir des plaques de neige. 
Déjeuner gastronomique au pied d’un champignon blanc. Grillades de kafta et délicieuses feuilles de vignes farcies. Ne seraient-ce les grains de sable qui atterrissent dans nos assiettes!

Retour au Caire, via les Crystal Mountains aux roches scintillantes (on se croirait dans la caverne d’Ali Baba) et l’incontournable pause au Popular Restaurant. Arrivée au Ramses Hilton vers 23h, dîner sur place, Walid se précipite au casino ou l’attend la fortune. 420 USD pour aujourd’hui. Le Ramses Hilton lui déboursera un total de 700 USD!

dimanche 23 avril 2000 - Le Caire / Alexandrie

La journée commence avec le petit déjeuner du Ramses Hilton, suivi d’une drôle d’aventure: Carl et les deux Baron décident de grimper au restau panoramique du 39e étage pour y admirer la vue. C’est fermé. Pourquoi ne pas tenter sa chance au 38e? La porte de l’ascenseur s’ouvre sur une armoire à glace armée jusqu’au dents bloquant l’accès d’un espace encombré de caisses : «sorry! private floor!».
Ne pas discuter. Partir. Descendre à l’étage suivant, le 37e. Les portes s’ouvrent sur deux cerbères aussi peu accueillants que le précédant, à la différence qu’à cet étage la déco est du style ‘Mille et une nuits’ avec murs tapissés de tentures bleues et de dorures...
Il s’en passe des choses, dans ce caravansérail ! Après maintes spéculations, nous sommes renseignés: Ces deux étages sont loués à l’année par le frère du Roi d’Arabie Saoudite, qui bien que possédant deux palais au Caire, préfère séjourner ici. Quant à sa garde rapprochée, mieux vaut ne pas s’y frotter. Ils auraient tué deux employés de l’hôtel au cours d’une rixe il y a quelques mois, paraît-il!
Après toutes ces émotions fortes, départ pour le Delta du Mékong (pardon, Philippe, du Nil), avec au volant, un chauffeur complètement perdu qui ne connaît jamais son chemin et qui parle seul.

Du Caire à Alexandrie, deux routes peuvent être empruntées. La route dite du désert, est la plus rapide et la plus fréquentée. Il est possible, en chemin, d’y découvrir les monastères coptes de Wadi Natrum. L’autre route, celle du Delta, (al Tariq al Zirahi, la route agricole),  traverse des agglomérations plus ou moins encombrées, des plantations de coton, des canaux reliant les bras principaux du fleuve et des palmeraies, notamment près de Rosette, ce qui vaut à cette dernière le surnom de «cité aux millions de palmiers». 

A Rosette, nous sommes accueillis par la police. Le commissaire fait office de guide local tandis que ses subalternes encadrent le groupe. Visite des maisons du XIXe siècle à travers le dédale de ruelles poussiéreuses qui ne manquent d’effleurer les âmes les plus sensibles. Le trajet entre Rosette et Aboukir s’avère beaucoup plus longe que prévu, l’état des routes étant assez lamentable (autre indice du manque d’intérêt que les autorités accordent à la région). Ca n’empêche pas Karine et Joëlle de nous faire leur show et de mettre le feu au bus, pendant que Ralph a reussi a nous remettre:"Alexandrie! Alaxandra!..."

On arrive enfin à Aboukir, ville côtière pas vraiment passionnante, qui mérite d’être connue pour deux choses: La bataille navale au cours de laquelle la flotte de Bonaparte fut anéantie par les Anglais, et (surtout), Zephyrion, une des meilleures adresses du pays pour déguster le poisson. On arrive à temps pour déjeuner face à un bucolique coucher de soleil sur la Méditerranée. Précédé de crevettes grillées, le poisson est accompagné de “tajin” et de riz aux oignons (comme la sayadiyé libanaise).
Ces agapes sont d’autant plus mémorables que tout le monde déjeune aux frais du Ramses Hilton! Ou plus précisément à l’invitation de Walid sur les gains qu’il a amassé la veille au casino de l’hôtel!

Début de soirée, entrée dans Alexandrie, en parcourant son interminable corniche de 24 km. Au cœur de la ville, sur la place Saad Ghalghoul, L’Hôtel Cecil aligne sa fameuse façade vénitienne néo-baroque. Le hall et les salons sont un échantillon admirable du style éclectique tendance Art-Déco du début du siècle, avec lustres, stucs etc. Malgré son entrée au sein de la chaîne Sofitel, le Cecil n’a pas du beaucoup changer... Sans être aussi vétuste que le Baron à Alep, le Cecil reste un des hôtels légendaires de l’orient, témoin d’une époque révolue.

Premier contact avec Alex, la nuit. Promenade dans le centre ville (excepté pour Walid, parti inspecter le health spa de l’hôtel). Le long de la corniche, jusqu’à Midan el Orabi puis Midan el Tahrir, la plus grande place de la ville animée par la circulation des calèches, qui une fois n’est pas coutume, ne sont pas réservées aux touristes, par ailleurs fort rares dans la ville! S’enfoncer dans les souks, à partir de Zanett el Settat, la rue des Femmes! Alexandrie n’a pas le pittoresque du Caire ou de Damas, plutôt une certaine (mais relative) modernité la rapprochant de Beyrouth. C’est là qu’on retrouve l’essence de la ville avec ses échoppes animées, ses marchands de tissus et d’épices, et au détour d’une ruelle, un mariage. Célébration dans la rue ou rituel urbain hérité d’une tradition ancienne, les gens du quartier se rassemblent autour des mariés qui ont tout prévu pour  l’occasion. Bande sono tonitruante, effervescence de néons. Il faut évidement aller féliciter les nouveaux mariés (même si on ne les connaît pas) avant de se joindre aux convives ravis de recevoir des “invités” venus s”spécialement” de Beyrouth pour l’occasion!Il y a un animateur pour mettre l’ambiance. Il n’hésite pas à faire la part belle aux nouveaux venus (nous !), à déclamer la beauté de Leyla (Nadine?!) mais surtout à chanter les louanges de Mustapha (fameuse chanson), le tour leader du groupe (alias Baron!). Hala, Caline et Carole s'en donnent à coeur joie et risquent de trouver un mari! Malgré l’ambiance explosive, les nouveaux mariés semblent contrariés par le contretemps provoqué par notre arrivée inattendue, qui non seulement occulte leur importance aux yeux du public, mais surtout retarde d’heure fatidique de la fin des festivités de rue et du début de celles qui les attendent dans la chambre à coucher!

La promenade continue à travers les souks de la ville. Au coin d’une rue, un marchand d’oiseaux est en train de gaver (par le bouche à bouche) ses bêtes. Ames sensibles s’abstenir. Plus loin toujours dans la section des volatiles, rencontre du troisième type avec des poules pour une Monique qui, du cheval, trouve maintenant ici ses origines...
Finir la soirée en prenant un verre, au Sahara, par exemple. Au bout de la ville, dans un étrange (du moins à cette heure ci) centre commercial (entrée latérale et escaliers assez glauques), au 1er étage. A l’intérieur, déco bédouine avec tapis et coussins des oasis du désert. Grande variété de narguilés (chicha), toutes sortes de parfums. Avec une tisane c’est très bien, les desserts sont fameux. Ambiance cool. Walid est satisfait, donc il négocie un contrat (narguile.com?) avec le proprio.

lundi 24 avril 2000 – Alexandrie

Joelle J et Walid sont partis de bonne heure pour l’aéroport du Caire, avec  Alfred au volant.  Monique a de nouveau disparu. Le groupe, réduit mais invaincu, attaque sa visite d’Alexandrie qui s’achèvera, après un déjeuner chez Mac Do, sur la jetée de Montazah, parmi les amoureux. En fin d’après midi, après avoir affrété une peugeot 504 limousine-break et acheté des gâteaux chez Pastroudis, marché de brocante à Souk el Attarine. Baron nous ramène, comme à son habitude, une canne et un portrait (phot du siècle dernier, cette fois), Ralph et Joelle se précipitent sur les vases Gallé et Daum, Baron s’arrange pour acheter un châle indien. Les autres les rejoignent après avoir dévalisé les shopping malls, Benetton-Syrie (pardon, Egypte) etc.

Dernière soirée. Tout le monde est fourbu et traîne pendant des heures dans le lobby du Cecil à fumer des Cleopatra (fournies par devinez qui) avant d’aller, en logeant la corniche,  au Grand Café fumer des narguilés...
Retour en taxi décoré de lumières clignotantes façon blade runner. Fou rire de Baron et fureur du chauffeur.

mardi 25 avril 2000 – Alexandrie – Aéroport du Caire – Beyrouth

Lever matinal. Route sans histoires vers l’aéroport. Heureusement, car la route du désert est brumeuse et notre chauffeur défaillant. Monique nous attend à l’aéroport. Joelle a du trimbaler ses bagages. Alfred est aussi venu pour un dernier au revoir. Au terminal 1, sticker de bagages datant de 1962 (nos experts ont vérifié) et pas de dollars US au bureau de change. Embarquement sur l’Airbus A320 de la MEA et confusion dans la distribution des sièges. Ca aussi c’est devenu une habitude, sur les vols de retour de B&B. Nous aprenons, dans la presse, la prise d'otages de touristes en Malaisie... Arrivée à l’Aéroport International de Beyrouth en milieu d’après midi. Après les adieux de rigueur, tout le monde au boulot!

2000-2005, Baron & Baron, tous droits réservés. >> CONTACTEZ NOUS