| > ALLER / VENIR |
| Alexandrie
dispose de deux aéroports: Al Nozha, tout près du centre
(pratiquement
dans le centre) avec son ancienne aérogare art-déco, et
Borg el Arab,
à l'ouest de la ville, pratiquement 1h de route
(vérifier l'aéroport
de départ et d'arrivée de votre vol). Alexandrie
Nozha est reliée à:
Abu Dhabi (Egypt Air), Amman (Royal Jordanian), Beyrouth (Egypt
Air), Dammam (Egypt Air), Doha (Qatar Airways),
Dubai (Egypt Air), Djedda (Egypt
Air, Saudi Arabian), Koweit (Egypt
Air, Kuwait Airways) et Shrajah
(Air Arabia). Alexandrie Borg el Arab est
reliée à Francfort (Lufthansa). |
| Deux
routes permettent de parcourir
les 220 km qui séparent Alexandrie du Caire. La route du
désert, rapide mais un peu morne, et la route agricole, via le
Delta du Nil, beaucoup plus pittoresque. Nombreux bus et taxis
collectifs assurent une liaison par la route du désert. Aboukir
et Rosette sont accessibles par la route côtière,
très mal entretenue. |
| Le
train
part de la gare centrale d’Alexandrie et peut être une
alternative amusante. Egypt Air assure des liaisons avec la capitale
qui, à nos yeux, ne présentent aucun
intérêt. |
| Outre la marche et les taxis
(privés et collectifs), il est possible d’emprunter dans
Alexandrie deux moyens de transports originaux: Le tramway, qui
suit un parcours parallèle au front de mer depuis
la place Saad Zaghloul, et la calèche, qui contrairement
à
ce qu’on pourrait croire, n’est pas une attraction pour touristes (de
toutes
façons, des derniers ne courent pas les rues). |
| > DORMIR |
| Certains hôtels d’Alexandrie
sont des musées vivants et évoquent, avec une certaine
nostalgie, les fastes de son age d’or. Le Métropole (rue
Saad Zagloul) n’a pas du beaucoup changer depuis le début du
siècle. Charme retro et nostalgie garantis. Dans le même
registre, le Cecil
(en face du précédent) est notre adresse
préférée. Façade de palais vénitien,
salons
art-deco avec frises en stuc, ascenseurs à grillages. Beaucoup
d’ambiance.
De grandes célébrités y ont séjourné
(Elvis
Presley, Oum Koulsoum, Lawrence Durell...). Repris par la chaîne
Sofitel,
mais pas grand chose n’y a changé. |
| L’hôtel
phare d’Alexandrie est aujourd’hui le Four
Seasons Hotel Alexandria at San Stefano. Vu de l’extérieur,
le bâtiment est une immense et hideuse masse tarabiscotée.
Vu de l’intérieur, l’établissement est d’un luxe à
couper le souffle, plus tendance opulente (lustres et dorures) que
minimalisme zen. Prestations nombreuses (restaurants, spa. etc) et
service impeccable. |
| A Montazah, (hors
du centre-ville), le
Salamlek est une autre adresse pour nababs.
Située face
à la mer dans le parc, cette
ancienne
maison d’hôtes du roi au décor somptueux se veut le nec
plus
ultra.
Orchestre de chambre dans le salon. Entrée payante pour les
non-résidents. Pour ceux qui tiennent à
séjourner à Montazah, deux hôtels modernes sans
histoires: Le Monatazah
Sheraton, un peu tristounet, et le Helnan
Palestine,
architecture sovietique des années 60 au beau milieu du parc! Il
a quand même les pieds dans l’eau... |
| > MANGER |
| Impossible de faire l’impasse sur les
légendaires patisseries-salons de thé d’Alexandrie.
Même si on est pas adepte de ce rituel un
peu désuet, ils font partie ici, au même titre que les
hôtels cités plus haut, du patrimoine historique de la
ville. Pastroudis (rue El Horriya) est une des adresses les
plus fameuses. Rien n’a changé depuis plus d’un
demi-siècle, ni le décor ni les (délicieux)
gâteaux, qui sont chacun une madeleine proustienne. Même
ambiance chez Délices et au Trianon, place Saad
Zaghloul. |
| Pour des repas plus consistants,
excellentes opportunités pour manger du poisson. Le Fish
Market est un immense endroit sur la
Corniche, très grand choix. Encore plus réputé, Samakmak
(rue Kasr Ras el Tin, tel:4811560) Notre adresse
préférée est hors de la ville: Zéphyrion,
à Aboukir (la seule raison valable de se rendre dans cette
localité). Grande terrasse
dominant la plage, excellents poissons au four accompagnés de
riz
(cuit à l’oignon), mezzés, crevettes, etc. |
| > BOIRE / DANSER |
| Le Grand Café, sur la
corniche (adjacent au Fish Market) est un endroit assez sympa ou on
peut fumer un narguilé (chicha) en extérieur ou
intérieur, et grignoter de petits mezzés (pas
fantastiques). Le Sahara est plus original. Situé au 1er
étage d’un centre commercial (Smouha & Zahran),
décoré de tapis bédouins, on y consomme
d’excellents narguilés (grand choix de parfums) vautré
dans des coussins arabes. Desserts mémorables. Le Sporting
Club est le lieu de rencontre par excellence de la
société alexandrine. On peut y accéder moyennant
un droit d'entrer (vu que c’est un club privé) et s’adonner aux
nombreuses activités
qui sont proposées, ou prendre un verre (ou un repas) au club
house. |
| > ACHETER |
| des antiquités, pas forcement
égyptiennes, à Souk el Attarine. Mieux vaut
prendre son temps pour trouver la perle rare et marchander ce qu'il
faut. Les prix sont très intéressants. |
| > LIRE |
REPORTAGES & RECITS
Alexandrie,
Le Caire-sur-Mer, Éric Lang, 9/05/03, Routard.com. |
ALEXANDRIE ANTIQUE
La Gloire d'Alexandrie, exp. Paris, Musée du
Petit Palais, 1998. Alexandrie IIIe s AV-JC, tous les savoirs du
monde ou le rêve d'universalité des ptolémées,
Autrement-Mémoires, 1992. Alexandrie Retrouvée,
Jean Yves Empereur, Stock 1998. |
ALEXANDRIE MODERNE
Alexandrie l'egyptienne, un magnignifique album avec
des photos de Carlos Freire et un texte de Robert Solé (1998,
Stock), Alexandrie 1860-1962, un modèle
éphémère de convivialité,
communautés et identité collective,
Autrement-Mémoires n.20, 1994. Alexandrie, une Babel
Architecturale, M.Adamantis, Elle Décoration, n.31,
1992. Carnets de Voyage d'Alexandrie, Philippe Delord, Grands
Reportages n.218, mars 2000. Mémoire Alexandrine,
Daniel Lançon, Qantara, 44, été 2002. |
INTERNET
Bibliotheca
Alexandrina site officiel. The
Graeco-Roman Museum,
page non officielle. |
|
|
|
Ville
des gloires perdues, ville endormie...
Fondée
par Alexandre le Grand au cours de ses conquêtes, la ville a un
destin d’exception. Elle devient, au IIIe s AV JC, une des plus grandes
métropoles du monde hellénisé. Elle se vante de
compter, autour
de sa célèbre Bibliothèque, la plus grande
concentration de savants et d'être dotée d'une des
Sept Merveilles du Monde, le non moins fameux Phare. |
|
| Alternant
les
hauts et les bas, la ville va connaître, à la fin du XIXe
s, un second age d’or. Elle devient un melting pot inédit
ou se rencontrent et cohabitent italiens, grecs, juifs et
évidement, arabes. De ces
mélanges communautaires, Alexandrie va tirer les richesses et
les
diversités et devenir symbole d’un art de vivre qui sera
vanté
par les auteurs qui y séjournent, de Constantin Cavafy
à Lawrence Durell. La révolution de 1952 et les
nationalisations vont sonner le glas, avec le départ des
commerçants
étrangers, de cette dolce vita. Alexandrie sombre alors dans une
monotonie
provinciale d’où elle n’est pas encore sortie. A Alexandrie, le
temps
semble s’être arrêté. La seconde ville du pays est
boudée
par les tours opérateurs, donc par les hordes de touristes.
Donc,
contrairement au Caire, les palaces ultra modernes n’ont pas
poussé
comme des champignons et, sur l’interminable corniche menant de
Montazah
au Fort de Qaytbay, les anciens immeubles fin-de-siècle et
art-nouveau
sont toujours la, exhibant leurs façades
décrépies.
Seuls quelques centres commerciaux, par ailleurs hideux viennent briser
cette
alchimie, et depuis peu, un corps nouveau est venu se greffer dans le
paysage. |
|
| La
nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie,
dessinée par le cabinet Snøhetta (C.Dykers,
C.Kapeller, K.Thorsen). Immense section de cylindre tronqué
ouvrant sur la ville et sur la mer. D'une superficie de 5500m2,
l'intérieur, agencé en terrasses, est couvert d'un toit
en nid d'abeille en aluminium orienté vers le nord. La
façade est recouverte pierres taillées d’inscriptions
relevant des différentes écritures du monde. Alexandrie
se remet à rêver. L’Antique bibliothèque
n’avait-elle pas contribué à affirmer la puissance de la
cité?
Pourra-t-elle retrouver cette gloire perdue? Nul ne le sait encore. Sa
construction
et la constitution de ses collections ont mobilisé une dynamique
internationale, notamment de la part de la France. Ses collections de
base compteront 400000 ouvrages, avec une capacité
ultérieure de 10 millions de volumes. Pour l’instant,
malgré l'ouverture de la bibliothèque, Alexandrie dort,
ou plutôt, somnole. Les chauffeurs de taxi se plaignent de la
rareté des clients. La ville n’a pas à offrir des
vestiges aussi
grandioses que ceux de la Haute Egypte, mais sa visite est pourtant
inoubliable.
Alexandrie
a beaucoup fait parler d’elle, ces derniers temps, grâce, entre
autres, aux fouilles de Jean Yves Empereur. La plus
spectaculaire fut sans doute celle de la Necropolis, le plus
grand cimetière urbain de l’antiquité, avec des milliers
de loculi. Découverte au hasard
du percement d’un pont autoroutier, elle eut un sursis de trois ans
avant
de re-disparaître à jamais sous les piliers en
béton! Le Centre d’Etudes Alexandrines (dirigé
par Jean Yves Empereur) est aussi à l’origine des fouilles
sous-marines qui, après
voir débuté dans l'urgence, ont permis de retrouver les
restes
du fameux Phare, dont une statue colossale qui en gardait
l'entrée.
Ces blocs de pierre, qui peuvent paraître ridicules en regard de
l’immensité de l’édifice dont ils faisaient partie, ils
ont toutefois permi de confirmer aux plus sceptiques sont existence et
même d'en reconstruire une image exacte. Ils ont
été déposés sur le site du Théâtre
Romain, une des plus fameuses attractions de la ville. Un peu plus
loin, en dehors du centre, la Colonne Pompée, haute de
27m, est quasiment tout ce qui reste du Serapeum, l’antique temple de
Sérapis, dont le culte était représentatif
de ce mélange des cultures égyptienne et
hellénique, comme l’illustrent aujourd’hui les sphinx
trônant au pied de la colonne corinthienne (dont le chapiteau
est, avouons le, pas des plus raffinés qui soient). Ce
mélange des cultures qui cohabitaient dans l’Alexandrie antique
est omniprésent dans la décoration et l’iconographie des Catacombes
de Om el Chougafa. Cet ensemble est sans doute le vestige le plus
impressionnant de la ville. Un escalier en spirale dessert trois
niveaux autour d’une rotonde centrale. Outre les nombreuses tombes, un
triclinium dans lequel se déroulait le culte des défunts.
Dans le registre des visites souterraines, Baron et Baron n’ont pas
manqué de faire le détour, de la Citerne Nabi Daniel,
qui date de l’époque mamelouke.
-
le
Musée Greco-Romain -
Derrière
sa façade néoclassique se cache une admirable collection
d’antiquités provenant du coin. Bien que
décrépies, les salles du musée sont spacieuses et
bien éclairées. Contrairement à son homologue du
Caire, peu ou pas de visiteurs. Pas de boutique pour acheter quoi que
ce soit. La visite commence, par la gauche avec l’imposante et
expressive statue du dieu taureau Apis-Serapis. Vient ensuite
l’art funéraire avec des momies, des portraits du Fayoum
et d’autres objets significatifs de cet art hybride
greco-romano-égyptien. Au fond de la salle, à droite,
parmi les momies, celle du Dieu Crocodile,
vénéré entre autres dans la région du
Fayoum qui s’appelait d’ailleurs Crocodilopolis! Suivent les salles
consacrées à la statuaire greco-romaine. Les empereurs
romains sont au grand complet, certains en buste, d’autres, comme Marc
Aurèle, en pied. Pièce maîtresse des collections,
une colossale main en marbre, sans doute celle d’un lanceur de
poids. Dans les autres salles, on peut flâner entre les
céramiques, les bronzes et les bijoux...
|
|
-
l’Alexandrie Cosmopolite -
Durant
près d’un siècle, Alexandrie été, comme
auparavant
sous les Ptolémée, un creuset de cultures et de
religions.
Ville arabe et musulmane avant tout, comme l’attestent les nombreuses
mosquées édifiées durant cette période. La
plus fameuse, la Mosquée Abou Abbas el Morsi, est
l’œuvre de Mario
Rossi, un italien converti à l’islam. Située en plein
centre
de la ville, elle dresse ses coupoles oblongues au centre d’une
esplanade
qui regroupe d’autres mosquées. Les lieux de cultes sont aussi
nombreux
que les communautés qui formaient ce tissu urbain.
D’innombrables
églises, comme Saint Saba des grecs-orthodoxes, avec une
iconostase
richement ornée.
Etroitement
gardée par la police, la Synagogue ne compte plus
beaucoup de fidèles et reçoit peu de visiteurs. Pas
évident d’y accéder, surtout pour des libanais! La
vieille dame accepte finalement de nous laisser entrer. Elle explique
que chaque siège porte le nom d’un membre de la
communauté juive qui assurait sa part du financement de
l’institution. Inutile de préciser que si leurs noms sont
toujours là, ils sont (presque) tous partis...
Nombreux
sont les lieux ou le temps semble s’être arrêté. Il
suffit, en fin d’après midi, de se rendre dans une des
célèbres pâtisseries salons de thé, Délices,
ou plutôt Pastroudis. Rien n’a du changer depuis au moins
un demi-siècle, sauf, peut être, le personnel. La
déco est délicieusement vieillotte, et les gâteaux
sont comme on en fait plus. Proust ou es-tu? C’est fou comme, sans
qu’on ne se rende compte, le contenu de nos assiettes change avec le
temps! |
|
| Certains
lieux n’ont pas du changer. La Gare, avec son
intéressante verrière. Les belles maisons patriciennes
toujours habitées, telle la Résidence Edwin Goar,
oeuvre gothicisante de l’architecte néo-classique Gryparis.
A l’interphone, une femme de ménage
affirme ne pas pouvoir nous ouvrir, car «madame dort»...
Sur,
ou plutôt sous la corniche, la plage. Et ses fameuses cabines.
Dans
les années 1940, après la guerre, on se les arrachait
comme
des petits pains. Aujourd’hui, qui penserait venir se baigner ici en
maillot
de bain. C’est au Sporting Club, à l’abri du regard des
badauds,
que se retrouve aujourd’hui ce qui reste du gratin.
Souk
el Atarine, le quartier des brocanteurs et des antiquaires.
Regroupés autour de la Librairie des Amis et des Lettres,
incroyable bric-à-brac de paperasses hétéroclite,
les marchands d’antiques proposent au client en quête de bonnes
affaires des meubles marquetés, des lustres, des bronzes. Les
vases signés Gallé et Daum,
les services en argent massif, les secrétaires en acajou, sont
là pour rappeler l’opulence et le raffinement d’une
société qui n’est plus. Et dont les précieux
restes sont bradés à des prix défiant toute
concurrence!
Bien
que
n’étant pas capitale, Alexandrie en a les attributs. Sur Midan
el
Orabi, en face du consulat de France (belle demeure fin de
siècle),
le Monument aux Martyrs, gâteau néoclassique
blanc, se
donne des airs de Monument Victor Emmanuel. Midan el Orabi
débouche sur Midan el Tahrir, grande place
rectangulaire animée par la circulation des calèches avec
de grands édifices monumentaux. Toujours néoclassiques.
C’est en tout cas à Alexandrie que
se trouvent les plus beaux vestiges de ce qui fut la monarchie
égyptienne. Dans un petit palais ont été
entreposés les Bijoux de la Famille Royale. Les
nostalgiques pourront visiter ce musée (Rue Ahmed Yehya Pasha,
9h-16h) relativement bien entretenu et admirer les divers objets
précieux qui y ont été rassemblés. Le roi
entretenait deux palais dans cette ville. Un à chaque
extrémité de la corniche. A l’ouest, au delà
du Fort de Qaytbay, Ras el Tin. Imposants
bâtiments. Propriété de la Présidence de la
République. On ne visite pas. A l’est, Montazah. Immense
parc, devenu une promenade favorite des alexandrins. Le Château
est spectaculaire. Un mélange orientalisant de
néo-gothique et de mauresque d’influence andalouse. On ne visite
pas l’intérieur, mais l’extérieur suffit. Ici aussi, on a
bradé. Dans les années 60, on a construit en plein milieu
du parc, à deux pas du château, un autel moderne. Pur
style soviétique, l’allié d’alors. La promenade reste
très agréable. Surtout sur la jetée qui
parait interminable. Vue sur la cote. Les plages de Agami,
jadis
rendez-vous de l’élite. On peut apercevoir de belles
résidences, comme la Villa Lachin, dessinée en
1962 par Ali Azzam, reconnaissable a ses formes
géométriques qui lui donnent des allures de bateau.
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