BARON & BARON > TOUT BARON & BARON > CHYPRE > LE MONASTERE DE KYKKOS [TROODOS]
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> ALLER / VENIR
Le Troodos n’est pas une ville ou un site bien défini, mais une région montagneuse ou sont disséminés villages, églises et monastères. L’idéal est de s’y rendre par ses propres moyens (voiture de location). C’est le seul moyen de se promener à sa guise, de faire des randonnées, et de passer quelques jours dans le coin. Le seul problème, c’est qu’il faut manier la conduite à gauche en vigueur dans l’île (très peu pour nous!). Les routes, en très bon état, sont suffisamment bien indiquées pour trouver son chemin.
Solution numéro 2: Les transports publics. Il y a un bus pour Platres depuis Limassol (on peut aussi prendre un service-taxi), d'ou on peut rejoindre la place de Troodos. Le problème, c’est qu’une fois, sur place, à Troodos ou Platres, il n’y a aucun moyen de transport régional pour circuler. Vous pouvez toujours essayer l’auto stop. Bref, cette solution est boiteuse.
Solution numéro 3: Les tours organisés. C’est la plus facile, mais la moins excitante. Vous pouvez prendre ce genre d’excursions journalières depuis Paphos, Limassol, Nicosie, Larnaca et Ayia Napa. Vous avez le choix entre le tour classique en bus, facturé autour de 12-15£, et le “safari” en 4x4 (Land Rover Defender, en général), facturé entre 25 et 35£. L’avantage de ce dernier est d’avoir la compagnie d’un groupe plus restreint de découvrir des paysages montagneux par des chemins non asphaltés, en off road. Le principal inconvénient de ces tours (bus et 4x4) est, outre qu’on est obligé de suivre un parcours préétabli, qu’ils n’incluent jamais plus d’un monastère (ou église) au programme. Vous aurez le choix entre le monastère de Kykkos et une des dix églises inscrites au patrimoine de l’Unesco (sans savoir à l'avance laquelle). Grande frustration!
> DORMIR
Platres compte des possibilités d’hébergement fort agréables qui vous feront oublier un peu les hôtels impersonnels des stations balnéaires. Le Forest Park Hotel, situé en bordure du village est un des fleurons de l’hôtellerie chypriote. Ce palace alpin, qui a reçu toute une flopée de têtes couronnées, dispose de tout le confort pour vous remettre d’aplomb après une journée fatigante. Piscines (extérieure et intérieure), tennis, sauna, etc. 
Geré depuis plus d'un demi siècle par la famille Panayides, Le Pendeli Hotel est un endroit propice à la détente. Une trempette dans la piscine au milieu des pins sera des plus agréable après une journee de treck ou de visite des monastères.
Autre adresse de charme, toujours à Platres, c’est le Minerva Hôtel, un établissement familial depuis 1948 dont le slogan est “small & beautiful”. Le propriétaire, Yiannis Christofides, un passionné de botanique, a repris le flambeau de ses parents et gère cette maison avec le soin qui en fait un de ces endroits simples qu’on aime. 
> MANGER, BOIRE
Buvettes près de l’entrée du monastère. Nous avons déjeuné dans un restaurant populaire et bruyant, le Neraida Family restaurant, dans un village des environs (lequel?). La salle était bondée de touristes et de chypriotes venus passer la journée. Nourriture simple mais correcte avec des plats familiaux: cuisses de poulet marinées, gratin de nouilles, gigot d’agneau et (délicieuses) pommes de terres, etc. 
> ACHETER
Petit stand boutique librairie à l’entrée du musée. Quelques livres, reproductions et objets divers pas vraiment affriolants.
> LIRE
Chypre, les mondes sacrés du Troodos, Geneviève Clastres (texte), Christophe Boisveux (photos), Grands Reportages, 255, avril 2003. Un article plein de passion qui nous a donné envie d’y aller!
Pour les randonnées pédestres, prenez l’excellente plaquette Les Sentiers de Chypre (en français), diffusée par l’Office du Tourisme de Chypre, avec des suggestions d’itinéraires. 
Pour le musée, distribution d’une plaquette Museum of Kykkos Monastery Cyprus assez succincte. Un livre, pas très attrayant est en vente à la boutique-librairie.
INTERNET
Site officiel du musée du monastère de Kykkos (grec-anglais): http://www.kykkos-museum.cy.net

 

A Chypre, il y a les plages tout autour, et, au centre, le massif montagneux du Troodos. Cet îlot de verdure et de fraîcheur qui tranche avec l’aridité de plaines côtières est le cœur (et le poumon) de Chypre. L’endroit idéal pour se ressourcer, faire des randonnées en forêt, et se livrer à la méditation. Le Troodos porte en lui l’identité, voire l’âme de Chypre et des Chypriotes qui est ici en représentation. Dans les années 1950, c’est de ces montagnes que l’Archevêque Makarios, héros national, a mené son combat de résistance contre l’occupation britannique. C’est d’ailleurs sur la colline de Throni, non loin du monastère de Kykkos, que reposent ses cendres. Le monastère de Kykkos, on en vient, justement, est l’institution religieuse la plus riche, la vénérée et la plus célèbre du pays. Du moins pour la communauté orthodoxe. Les musulmans ont la Hala Sultan Tekkesi, construite près de Larnaca à l’endroit ou serait morte la tante du prophète Mohamed. Mais c’est une autre histoire. A propos d’histoire, évoquons justement celle du monastère de Kykkos, intimement liée à celle de son fondateur, Isaiah. Au XIe siècle, ce moine ermite a fait guérire miraculeusement deux malades illustres: Le premier est le gouverneur de l’île, Voutomytis, qui le fit appeller et demanda son pardon (les deux hommes avaient eu auparavant une altercation). Le second est la fille de l’empereur byzantin Alexios I Komninos (Alexandre I Comnène). Dieu, qui était apparu à Isaiah, lui ordonna de faire ramener sur l’île, en échange de ses interventions, une icône de la Vierge peinte par Saint Luc. L’icône se trouvait alors à Constantinople et fut finalement offerte par l’empereur byzantin reconnaissant. Objet de vénération le plus important du monastère, elle est à l’origine de son rayonnement.
Niché, à 1400m d’altitude, le monastère de Kykkos est un lieu de pèlerinage. Les dimanches et surtout les jours de fêtes religieuses, les fidèles affluent de tous les recoins du pays. C’est une belle ascension sur les routes sinueuses à travers les pinèdes. De l’extérieur, le monastère ne paie pas de mine. L’édifice actuel, qui date de 1831, est discret, voire austère. L’espace s’organise autour de deux cours. On peut se balader en toute liberté dans les galeries de circulation dont certaines sont couvertes de fresques, assez récentes, ce qui n’enlève rien à leur beauté (photo ci-dessus). Certaines racontent, dans un style un peu naïf, l’histoire du lieu et de son Isaiah, d’autres représentent des saints ou des scènes bibliques. Cette déambulation est un bon prologue avant de découvrir la partie la plus spectaculaire du monastère qui est son église.
- l’église -
L’intérieur de l’église est étonnant. Son plan forme un L, comme si deux églises, l’une de plan basilical (allongé), l’autre en croix grecque (centrée) avaient été juxtaposées côte à côte. Le chevet comporte une immense iconostase qui, du fait de l’irrégularité du plan, n’est pas visible dans son intégralité depuis la nef, ce qui la rend encore plus interminable. C’est vers l’iconostase que se dirigent les fidèles qui défilent en procession comme sur une scène de théâtre. Ils la longent sur une estrade, embrassant sur leur parcours chacune des icônes. C’est le rituel orthodoxe avec toute sa ferveur, qui, lors des jours de fêtes, prend une dimension mystique. C’est aussi les fastes de l’église d’orient. La décoration de l’église est d’une richesse inouïe. A commencer par les lustres, tous différents mais somptueux, les candélabres, dont les pieds de certains ont la forme de la basilique Agia Sofia de Constantinople, et partout les ors et les fumées d’encens. Pas de doute, c’est Byzance. Il est strictement interdit de prendre des photos à l’intérieur de l’église. Quoi qu’on pense de cette règle, il faut savoir que les sensations, les émotions et les images que l’on perçoit dans ce lieu de culte sont intenses mais impossibles à mettre en image, ni même à décrire par des mots. Donc, abrégeons, et passons à autre chose.
- le musée -
Pour le visiter, il faut payer un droit d’entrée, laisser sa camera au vestiaire et monter des marches. Que d’efforts. Et ce sera sûrement très ennuyant, avec quelques icônes et des vitrines poussiéreuses.. Et bien non! Le musée du monastère de Kykkos est génial, et nous pesons nos mots. Ne le manquez sous aucun prétexte et consacrez-lui une bonne heure de temps (une demi-heure est vraiment un minimum). Bref, au sommet de l’escalier se trouve un stand boutique pas vraiment folichon. Au sol, le carrelage en marbre compose le dessin d’une abeille. Vous pouvez commencer par la petite section archéologique, ou sont conservés des vases à motifs géométriques et quelques statues. Si vous avez déjà visité le Cyprus Museum (Nicosie) ou la Collection Piérides (Larnaca), cette salle sera d’un intérêt limité. Passez donc en face, dans la nef, le meilleur est à venir. L’espace est magnifique. Grande galerie couverte par une toiture en bois, muséographie exemplaire que ce soit au niveau de l’exposition des objets, de l’éclairage ou du parcours qui est accompagné par un fond sonore de musique liturgique. Cet endroit exceptionnel recèle des trésors qu’il nous serait impossible d’énumérer ici. Toute une collection d’objets rituels, des croix, des icônes. Nous avons craqué pour une croix en bois datant de 1450 montée sur un socle octogonal. La croix et son socle (l’ensemble est de petites dimensions) sont entièrement sculptés et figurent des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Sur la droite se trouve une petite salle où sont présentés des manuscrits, des livres et autres documents écrits. La salle de gauche, de plan octogonal, est consacrée aux peintures, icônes et fresques. C’est un des points forts de la visite. Ici aussi, l’accrochage des oeuvres est vraiment impressionnant. Ne pas manquer le très émouvant Saint Démétrios.
- les dix églises classées par l’unesco -
En parlant de peinture byzantine, il faut savoir que ce n’est pas ça qui manque, dans la région. L’Unesco a classé au patrimoine mondial de l’humanité 10 églises ornées de fresques admirables. Il s’agit de Ayios Nikolaos (St. Nicolas) tis Steyis à Kakopetria (XIe s), le monastère Ayios Ionannis (St. Jean) Lambadhistis à Kalopanayiotis (XIe s), l’église de Panayia (la Vierge) Phorviotissa (Asinou) à Nikitart (XIIe s), l’église de Panayia (la Vierge) tou Arakou à Lagoudhera (XIIe s),  l’église de Panayia (la Vierge) à Moutoullas (XIIIe-XIVe s), l’église Archangelos Michael (l’Archange Michel) à Pedhoulas (XVe s), l’église Timios Stavros (Sainte Croix) à Pelendria (XIIIe-XVe s), l’église de Panayia (la Vierge) Podhithou à Galata (XVIe s), l’église Stavros (Sainte Croix) Ayiasmati à Platanistasa (XVe s), et l’église Ayia Sotira (de la Transfiguration du Sauveur) tou Soteros à Palaichori (XVIe s). Nous n’avons pas pu visiter ces magnifiques endroits et laissons donc leur description pour une autre fois. Promis juré, le Troodos, on y reviendra!
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