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> ALLER / VENIR
Le site de Salamis est à 9km au nord de Famagouste, sur le littoral. Il n’est pas desservi par les transports en commun. A moins d’avoir son propre véhicule, le seul moyen de s’y rendre est de prendre un taxi pour l’aller-retour depuis la ville, ou, de faire comme nous, c’est à dire de jumeler Salamis avec Famagouste et le site voisin de Saint Barnabas en taxi depuis Nicosie. Assez cher mais pratique.
L’entrée du site est payante. Tarif réduit pour les étudiants. Si vous n’avez pas votre carte, le préposé, qui est sympa vous croira peut-être sur parole (soyez quand même crédibles).
On peut visiter les tombes royales en chemin, à l’aller ou au retour. Il est impossible de s’y rendre à pied depuis le site principal et il faut s’acquitter d’un droit d’entrée supplémentaire.
> DORMIR
Il est possible de loger à proximité du site au Salamis Bay Conti Resort, un immsense resort en bord de mer, ou dans la ville de Famagouste. Si vous venez de la République de Chypre, vous avez instructions de rentrer au bercail dans la journée (jusqu’à minuit).
MANGER, BOIRE
Il est possible de faire une pause agréable sur la plage qui se trouve en contrebas du site. Un snack-bar sert des boissons fraîches et quelques en-cas.
LIRE
La plaquette en anglais Salamis Ruins éditée par le Département des Antiquités et Musées de la "République Turque de Chypre du Nord" et distribuée à l’entrée. On y trouve les infos essentielles mais le plan ne concerne que la partie centrale des excavations. Pour visiter les monuments éloignés, débrouillez-vous tous seuls.
Les spécialistes ou amateurs avertis consulteront Salamine de Chypre, ouvrage de référence publiés par la Maison de l'Orient mediterraneen ancien (Lyon) et Institut Fernand-Courby. 15 volumes déjà parus.

 

Salamis est le plus important site antique de Chypre. Ses origines sont anciennes, mais l’essentiel de ce qu’on y voit remonte aux périodes romaine et paléochrétienne. Le premier atout de Salamis, c’est son emplacement près de la mer, juste au-dessus d’une immense plage de sable fin sur laquelle vous pourrez aller vous baigner, ou simplement vous balader, après la visite des ruines. C’est un peu comme Tulum, l’acropole maya sur la côte Caraïbe, au Mexique. On pourrait étendre la comparaison en disant que Tulum est proche de la station balnéaire de Cancun, et que Salamis est proche de Famagouste. Sauf qu’ici, contrairement à la Riviera Maya du Mexique, il n’y a pratiquement personne. La partie nord de Chypre reçoit très peu de touristes, et le site archéologique de Salamis est très loin d’accueillir les foules, voici une seconde raison pour s’y rendre!
Salamis, le gymnase / les bains, cour à colonnes
Le site de Salamis couvre une cité entière. Il est donc très étalé, mais les structures les plus importantes et les plus spectaculaires sont assez groupées. Passé l’entrée et la billetterie, on découvre le complexe qui regroupe un gymnase et des thermes, autrement dit un spa, en langage contemporain. L’ampleur des installations et leur emplacement ne laisse aucun doute de l’importance que les romains accordaient aux soins du corps. C’est vraiment le bast, la plénitude. Autour d’une vaste cour centrale à portique dont subsistent de nombreuses colonnes (on remarquera que certaines ont des bases plus élevées que les autres), sont distribuées différentes pièces aux fonctions spécialisées. Deux piscines se font face, l’une dans une chambre ornée de nombreuses statues que le temps a décapité (les touristes s’amusent parfois à poser pour des photos, la tête derrière le buste), l’autre dans une salle à colonnes. Dans un autre coin se trouvent les latrines, disposées en demi-cercle, comme un amphithéâtre. Ce système de toilettes publiques était présent dans tout l’empire romain, on retrouve d’ailleurs une structure pratiquement identique à Dougga, en Tunisie (cf. notre page sur Dougga: www.baronbaron.com/tunisie/dougga.html). Entre les deux piscines, se succèdent les chambres froides (frigidarium) et chaudes (caldarium) en passant par le sudatorium, ancêtre du sauna, dont on distingue le système de chauffage en sous-sol avec un réseau de piliers en brique, qui n’est pas sans rappeler celui des bains romains de Beyrouth (cf. un dossier sur les thermes de Beyrouth: www.alba.edu/galerie/ts_thermes.html). On remarque parfois, sur les murs ou les parois des voûtes, des reste de décors en mosaïques (les romains utilisaient les mosaïques ailleurs que sur les sols?) et de fresques ajoutées à l’époque paléochrétienne. Une colombe du Saint-Esprit provient sans doute d’un Baptême du Christ, iconographie non sans rapport avec la fonction initiale des lieux. En faisant le tour par les édifices assez ruinés côté mer, on peut découvrir un tunnel obscur et étroit qui communique avec le sudatorium.
Salamis, citerne 
Un petit bâtiment voûté se tient en biais de ce vaste complexe. C’est une citerne, construite dans l’axe de l’amphithéâtre voisin qui est totalement ruiné. La façade nord de cette citerne est couverte de marches ou de gradins et son arc forme une très belle perspective axée sur la mer, en arrière plan. A proximité des vestiges épars de l’amphithéâtre, dont on peut à peine distinguer les traces, se tient le théâtre, fort bien conservé, l’édifice le plus massif et le plus imposant de Salamis. Malgré ses dimensions imposantes, il ne nous a toutefois pas vraiment séduits. Nous avons donc continué notre promenade, tombant sur un second établissement de bains romains, plus modeste que le précédent, et dont  l’intérêt réside dans les piscines de formes ovales. Plus loin encore, nous étions à la recherche d’une villa romaine, située près des murs byzantins de la ville. Une fois hors de la partie centrale ou se concentrent les principaux monuments, il est très difficile de se repérer. Le site est, on l’a déjà dit, très étendu, mais aussi très mal indiqué, et les vestiges dépassent rarement le sol pour pouvoir être vus de loin. Les restes de la villa sont fort décevants, mais ne nous découragent pas à pousser jusqu’à la Basilique de Kambanopetra, construite juste au-dessus de la plage, dans un cadre magnifique. On reconnaît son plan basilical, avec une nef précédée d’une cour à portique, typique de l’époque paléochrétienne. En contrebas de l’abside, on remarque encore un parement de sol en mosaïque à décor géométrique un peu psychédélique. Depuis cet endroit, le moyen le plus agréable pour revenir à l’entrée du site, est de marcher sur la plage quasi-déserte jusqu’au pier, et de là, remonter à la route.
Salamis, la plage et le pier
Ceux qui veulent parfaire leur visite de Salamis pourront se rendre (en voiture) dans les principales tombes de la Nécropole, à mi-chemin entre l’entrée du site et Saint Barnabas. Les tombes royales, dont l’accès nécessite un autre billet, sont un des découvertes archéologiques les plus fabuleuses de Chypre. L’équivalent chypriote de Toutankhamon. Trois sépultures furent en effet épargnées des pillards et livrèrent aux archéologues un extraordinaire trésor: Un mobilier funéraire composé d’un lit d’apparat recouvert d’ivoire, des fauteuils, et autres objets destinés à améliorer la vie dans l’au-delà. Ces pièces sont exposées dans une galerie spéciale du Cyprus Museum, le musée archéologique national, à Nicosie.
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