BARON & BARON > CHYPRE > NICOSIE > LE CYPRUS MUSEUM - MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE NATIONAL
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> ALLER / VENIR
Le musée se trouve au sud-ouest de la vieille ville, dans le triangle formé par les rues d’Homère, d’Egypte et du Musée. L’entrée se trouve sur cette dernière. 
Ouvert du lundi au samedi de 9h00 à 17h00, dimanche et jours fériés de 10h00 à 13h00, fermé le 1er janvier, le dimanche de Paques (orthodoxe) et le 25 décembre. Billet d’entrée à 1.50£ (3€).
> DORMIR
Des banquettes (pas très grandes) se trouvent en nombre suffisant pour prendre des pauses. Par ailleurs, il est possible de sortir prendre l’air au jardin et de reprendre sa visite (s’adresser au gardien).
MANGER, BOIRE
Dans le jardin sur la droite se trouve une cafétéria ou l’on pourra consommer des boissons fraîches et des en cas. Ceux qui ont une petite faim pourront prendre des chaussons en pâte feuilletée au fromage ou aux olives. 
> ACHETER
A gauche de l’entrée, se trouve une boutique-librairie très bien achalandée. D’importants ouvrages de spécialisation raviront les amateurs. Egalement au menu, des reproductions et des diapositives, éditées en séries de 6 (une vingtaine de références disponibles).
> LIRE
Visitez le musée de Chypre, Nicosie, petite brochure en français distribuée gratuitement à l’entrée avec un plan du musée. Le Musée de Chypre, Nicosie, Vassos Karageorghis est le genre d’ouvrages qu’on achète sur place. Beaucoup d’images, mais pas très bien conçu et pas récent non plus (1989). Peut-être qu’il y avait mieux et qu’on a raté?
INTERNET
Néant. Il y a un site CyprusMuseum.com, mais il n’a rien à voir avec notre musée et ne présente aucun intérêt.
Nicosie. La rue du musée (Leoforos Mouseiou), une belle artère aérée, avec des palmiers et des façades néoclassiques. D’un côté, le Théâtre Municipal, la plus belle salle de spectacles de la ville, avec sa double colonnade, de l’autre, le Cyprus Museum, Musée de Chypre, avec un petit portique soutenu par quatre colonnes ioniques en marbre blanc. L’édifice a de l’allure, mais ses proportions relativement modestes lui donnent quelque chose d’humain, de non-totalitaire, pourrait-on dire. Dans le porche d’entrée, une inscription marque la dédicace à la reine Victoria du musée construit en 1908.
Le parcours du visiteur se fait dans un sens giratoire qui respecte plus ou moins la chronologie. Les salles se suivent, sauf quelques exceptions, en enfilade, ce qui évite de se poser des questions existentielles du genre je vais à droite, à gauche ou tout droit? Si nous faisons l’éloge de ce sens de l’organisation, il est difficile d’en faire de même au sujet de l’aménagement des lieux, assez vieillot, voire décrépi, qui ne met pas en valeur les pièces exposées. On est plus proche de la décrépitude du Musée Greco-Romain d’Alexandrie que de la scénographie (trop?) sophistiquée de JM Wilmotte au Musée National de Beyrouth.
Nicosie, Cyprus Museum, les réserves du musée
Les trois premières salles (I-III) sont consacrées à la céramique, principalement de l’époque proto classique, ou age de bronze. Plus que les célèbres vases à figures rouges sur fond noir et les non moins célèbres vases à figures noires sur fond rouge (de la période classique), le point fort des collections se situe dans des temps plus anciens, entre le Xe et le VIIe siècle av-JC. On retrouve dans ces pièces, si nombreuses qu’il faudrait des jours entiers pour les examiner toutes, un vocabulaire graphique très conforme aux goûts modernes, avec une utilisation des formes géométriques simples, comme la ligne, créant des compositions rythmées d’une très grande richesse. C’est presque psychédélique, et certains pourraient trouver ça très ennuyeux, mais nous, on adore. Commencez à regarder un objet avec 2 ou 3 lignes qui en font le tour, puis un autre, avec plus de lignes, puis passez à d’autres séries ou les lignes forment des trames de perpendiculaires. Encore mieux que les lignes, les figures. Des personnages, comme les guerriers, des cavaliers ou des prêtres, stylisés, ressemblent aux peintures de fin de carrière de Picasso. Et encore mieux que les figures humaines, les animaux. Il y a ici un bestiaire extraordinaire composé de créatures réelles ou fantastiques. Chevaux, ânes, poissons, une pieuvre avec ses tentacules, un hibou et des oiseaux, tout un choix de volatiles qui déploient leurs ailes... Un vrai bonheur!
Salle IV, un coin en courbe, avec une vitrine. Est exposé ici le fruit d’une des découvertes archéologiques les plus fabuleuses dans l’histoire de l’île: Une armée de guerriers en terre cuite dont la taille varie entre 10 cm et 1m 50 furent dénichés en 1929 par une équipe suédoise près de Morfou (côte nord-ouest de l’île, actuellement sous contrôle turc). Ces figurines sont disposées en amphithéâtre, comme elles devaient l’être à l’origine, et comptent parmi leurs rangs des prêtres et des cavaliers. Non que nous soyons tombés raides face à la beauté des sculptures... Mais c’est ce concept de groupe de plusieurs centaines de figures qui est vraiment spectaculaire. Une version chypriote de l’armée funéraire de l’empereur Qin découvert dans son tumulus près de Xian, toutes proportions gardées. On suppose que ce groupe avait une fonction votive, dédiée à un dieu de la guerre, de l’agriculture, ou des deux à la fois. 
Les salles V-VI-VII sont consacrées à la statuaire. Relevons, entre autres choses assez extraordinaires, le groupe de lions et de sphinx (VIe siècle av-JC) découvert dans la nécropole de Tamassos en 1997. La plus importante acquisition du musée depuis la seconde guerre mondiale est composée d’un lion colossal, de deux autres lions plus petits, et de deux sphinx ailés. Ces deux derniers sont coiffés du “pschent”, la double couronne rouge et blanche des pharaons, symbolisant l’unification entre la Basse et la Haute Egypte. On appréciera l’importance de l’influence de cette brillante civilisation (alors sur le déclin) dans cette partie du bassin méditerranéen. Autre pièce célébrissime du quartier, l’Aphrodite de Soloi. Ce marbre, de belle facture est qualifié “la face de Chypre”, mais ne nous a pas spécialement émus. Trop belle, peut-être? On ne pourrait pas dire de même de la plaque de pierre qui se trouve au  coin, à droite dans le sens de la visite, sur la face de laquelle est sculptée une étonnante face de Bacchus aplatie. Cette image fonctionne en recto-verso, puisqu’à l’arrière, à l’abri des regards indiscrets, se déguste une scène érotique. Hum hum.
La salle VI est littéralement écrasée par le Septime Sévère, nu colossal en bronze de plus de 2m de haut. C’est une oeuvre puissante, imposante, et c’est toujours amusant de voir un chef d’état à poil. Il y a, dans le même genre le Napoléon de Canova en marbre conservé dans la résidence du Duc de Wellington, à Londres. Pour revenir aux antiquités, les bronzes de cette taille et dans cet état de conservation sont vraiment, rares, alors profitez-en, et continuez au Musée de Reggio Calabria, à la pointe sud de l’Italie, ou sont exposés deux magnifiques guerriers de provenance grecque qui ont été repêchés de la mer.
Dans la salle VII vous trouverez différents objets, dont de beaux bijoux, mais gardez vos forces pour une autre pièce maîtresse des collections. Sur la droite, des escaliers mènent à un entresol (salle XI) ou est exposé un mobilier funéraire provenant de la nécropole de Salamis (cf. notre page sur ce site). Un lit et deux trônes en bois sont recouverts d’ivoire. Ces objets ont été remarquablement bien restaurés et leur spectacle est franchement renversant. On se croirait presque chez les pharaons. Dans les vitrines alentours vous pouvez découvrir d’autres pièces précieuses dont des plaquettes en ivoires elles aussi égyptianisantes.
La dernière salle avant la sortie (XIV) nous ramène aux terres cuites de l’age du bronze qu’on croit avoir déjà vu. Cette salle qui clôt le circuit est voisine de la salle I citée plus haut. Ne manquez pas toutefois, même si vous êtes très fatigués, de vous attarder sur les plaques exposées dans la vitrine du mur de droite. Des visages, parfois souriants, une femme avec un enfant, et des figures doubles, un tronc avec deux têtes, comme des frères siamois, ces oeuvres sont franchement géniales. On croirait voir du Dubuffet. C’est drôle et émouvant à la fois, et une excellente chose pour terminer en beauté cette passionnante visite.
Dans le jardin, vers la gauche, les plus curieux pourront explorer les réserves, dans un local couvert par une toiture, ou sont entassés toutes sortes d’objets antiques: un quadrige, des fragments de chapiteaux, des têtes décapitées, des corps sans têtes. Bref, tout cela est très romantique, dans une esthétique à la Sir John Soane. Le Cyprus Museum est le plus riche  musée archéologique de l’île. Ceux qui veulent parfaire leur parcours dans le genre pourront également visiter l’admirable Pierides Archaeological Foundation Museum à Larnaca.
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