| > ALLER / VENIR |
| Le KHM est sur la ceinture extérieure du Ring, à
Maria Thresen Platz, 5. Le coin est desservi par le tram (lignes 1,2,D,J;
arrêt Burgring) qui contourne le ring, la station U-Bahn la plus proche
est Mariahilferstrasse (U-2). |
| Le musée est ouvert du mardi au dimanche, 10-18h, le jeudi
jusqu’à 22h. |
| > DORMIR |
| Les banquettes moelleuses font cruellement défaut dans cet
immense musée ou l'on a envie de s'assoir ou de s'affaller pour contempler
quelque chef d'oeuvre ou pour rêvasser. D'ou la nécessité
de prendre une pause au café (ci dessous) ou de faire des visites
courtes et pontuelles. |
| > BOIRE / MANGER |
| Qu’on le veuille ou non, la visite des musées de cette taille
nécessite une pause repas ou café. Le café du musée
est situé dans le grand vestibule du 1er étage. Il a été
réaménagé en 1988 par Mayr-Keber avec un mobilier contemporain
et un éclairage suspendu à des barres métalliques qui
donnent à cet espace monumental un peu de liberté. La nourriture,
assez onéreuse, est toutefois de qualité (on est loin des infâmes
saucisses aux choux du Metropolitan Museum de New York) |
| > LIRE |
| La librairie, à droite de l’entrée ne risque pas
de faire référence. Le choix des ouvrages exposés est
proportionnel au nombre de touristes qui visitent le musée. On peut
toujours y trouver un petit guide pour se repérer et un excellent
choix de diapos. |
| Le site internet du musée est, en revanche, excellent.
Bilingue allemand-anglais, il comporte la reproduction d'un très
grand nombre d'oeuvres avec des commentaires. http://www.khm.at/ |
|
| “les gens
vont au Musée d’art ancien parce que cela se fait, pour nulle autre
raison, ils viennent même d’Espagne ou du Portugal à Vienne
et vont au Musée d’art ancien pour pouvoir dire chez eux, en Espagne
ou au Portugal, qu’ils sont allés au Musée d’art ancien de
Vienne, ce qui est tout de même ridicule, car le Musée d’art
ancien n’est pas le Prado, ce n’est pas non plus le musée de Lisbonne,
le Musée d’art ancien en est bien loin. Le Musée d’art ancien
n’a même pas un Goya et il n’a même pas un Greco. (...) Naturellement
il peut renoncer au Greco, car le Greco n’est pas vraiment un grand peintre,
pas un des tout premiers, a dit Reger, mais ne pas avoir de Goya, pour un
musée comme le Musée d’art ancien, c’est positivement mortel.
Pas de Goya, a-t-il dit, cela ressemble bien aux Habsbourgs qui, comme vous
le savez, n’avaient aucun jugement artistique. (...) Hé oui, les
Habsbourgs ont exactement le goût catholique douteux qui est chez
lui dans ce musée. Le Musée d’art ancien, c’est exactement
le goût artistique douteux des Habsbourgs, ce goût esthète,
repoussant.” Thomas
Bernhard, Maîtres Anciens, ed. Gallimard. |
|
Comme
à son habitude, Thomas Bernhard, grand dramaturge viennois, est acerbe,
impitoyable et sarcastique. Comme tout mastodonte muséographique
qui se respecte, le KHM est vulnérable à la critique. Nul ne
sera en état de défendre, aujourd’hui, sa façade imposante,
austère et peu engageante dont la grandiloquence est soulignée
par celle, jumelle, du Musée d’Histoire Naturelle, qui lui fait face.
L’entrée lugubre débouche sur un vestibule non moins déprimant
qui fera regretter à tous les détracteurs de I.M.Pei sa discutable
Pyramide du Louvre. L’architecture est, de toute évidence associée
à ses commanditaires, les Habsbourg, plutôt qu’à l’architecte,
Gottfried Semper, sans cesse loué pour son Opéra de Dresde
(cf. notre page sur cette ville). Les collections sont aussi associées
à cette dynastie impériale. On notera, à l’instar de
la remarque sur Goya, que c’est le romantisme européen dans son ensemble
qui est totalement absent des musées viennois!
Cessons
de nous plaindre. Cette institution est une des plus riches du monde et
sa visite est, sans aucun doute, un des points forts de Vienne. Les collections
réparties sur deux niveaux. A l’entresol sont regroupées les
antiquités grecques et égyptiennes, mais c’est la section
des objets d’art qui, une fois n’est pas coutume, prend la vedette. Les deux
premières salles sont consacrées aux montres, horloges et automates
des XVIe-XVIIe siècles. Prouesses technologiques des artisans allemands
de la renaissance, ces machines sont des invitations au rêve. Se succèdent
ensuite diverses galeries ou l’on pourra apercevoir, des bronzes de Giambologna,
des aiguières rutilantes, et un des objets les plus surprenants
qui soient: La Salière de François Ier. Ce chef-d’œuvre
de l’infréquentable Benvenutto Cellini est un ensemble sculpté
en or massif incrusté de pierres précieuses, la quintessence
du maniérisme dans tous ses excès, mais aussi de l’érotisme
de par la disposition des figures dénudées, de sexes opposés,
qui se font face. Ce célèbre objet a été volé
en 2003.
1er étage.
La galerie des peintures et le café, dans l’atrium qui sépare
les sections consacrées aux écoles italiennes et nordiques.
La section italienne débute par la fin, c’est à dire le
baroque lumineux de Solimena et de Tiepolo, qui succède,
mais précède dans l’espace, aux ténébreuses
peintures de Caravage et des caravagesques. Orazio Gentileschi
et son Repos pendant la fuite en Egypte, Giovanni Barbieri
Guercino dit le Guerchin avec son inquiétant Retour du
fils prodigue (ci-dessous). Cette oeuvre sombre et contrastée
fait partie d'une série de toiles à sujets bibliques réalisées
pour le cardinal Jacobo Serra, legat papal de Ferrare, en 1619. De cette
série fait égalment partie un Samson arrêté
par les philistins qui fut conservé dans la famille Serra jusqu'au
XXe siècle et transmit à Lady Yvonne Cochrane, fille de Donna
Maria Serra et de Alfred Surscok. Lady Cochrane conserva le Samson
dans son palais de Beyrouth jusqu'en 1980, date à laquelle il fut acquis
pas le Metropolitan Musem de New York. Le cardinal Serra fut un des premiers
mécènes du Guerchin mais aussi de Rubens
|
| Le XVIe siècle
italien reste le point fort des collections. Remarquable et unique galerie
de portraits du Tintoret, autour de laquelle s’articule la comédie
de Thomas Bernhard citée plus haut. Somptueuses toiles de Titien:
Nymphe et Berger, émouvante et sensuelle, fait
partie de ses dernières oeuvres. Elles auraient été
peintes par l’artiste vieillissant avec ses doigts et ont été
retrouvées dans son atelier après sa mort, provoquée
par la peste de 1576. De Giorgione, avec qui Titien fit ses débuts,
le KHM conserve un des plus grands ensemble d’œuvres attribuées à
cet artiste dont l’énigmatique et sensuelle Laura qui pose
avec un sein découvert et une couronne aux feuilles de laurier. Non
moins étrange sont les Trois Philosophes. Trois hommes se tiennent
dans un paysage. Ils semblent représenter les trois ages de la vie,
thématique confirmée par les différents arbres, jeunes,
adultes et morts qui se trouvent derrière eux. On notera enfin, dans
cette logique temporelle, la curieuse lumière, crépusculaire,
au fond, et zénithale sur l’avant plan. Giovanni Bellini, maître
de Giorgione et de Titien, a peint une étonnante Femme nue se
coiffant qui, avec sa sobriété et sa retenue, semble
annoncer les baigneuses de Degas. Autre grande gloire des collections viennoises,
Parmesan, chantre du maniérisme lombard qui joue
aux apprentis sorciers de l’optique avec son Autoportrait dans un miroir
convexe (ci-dessous) et détruit les lois de l’anatomie avec son
Amour taillant un arc. |
| La section
italienne inclut les écoles française et espagnole. La première,
que le visiteur aura peut être du mal à dénicher,
se concentre autour d’une composition théâtrale de Poussin,
la Destruction du Temple de Jérusalem, proche des Enlèvement
des Sabines de Paris et de New York mais pas aussi passionnante.
L’Espagne est représentée par une série de portraits
officiels de Velasquez qui ne figurent pas au rang de
ses d’œuvres les plus excitantes. Des infantes posent dans des costumes
d’apparat et leur humanité semble prisonnière de ce décorum
officiel qui n’est pas sans rappeler l’architecture des Habsbourg.
Les visite
des écoles du Nord débute avec les maîtres de la Renaissance.
Le Cardinal Albergati par Jan van Eyck. Des Durer,
des portraits de Holbein et les célèbres compositions
de Arcimboldo, pourtant italien, qui servent de hors d’œuvre
pour aborder le plus grand rassemblement d’œuvres de Pierre Bruegel l’ancien.
Les célèbres Chasseurs dans la Neige (l’Hiver), Noce
Paysanne (reprise dans Astérix chez les Belges). Imposante
Conversion de Saint Paul avec des paysages vertigineux
dans lesquels on a du mal à reconnaître les environs de Damas,
grandiose Tour de Babel (ci-desssous) dont le Museum Boijmans van
Beuningen de Rotterdam possède une version plus petite mais non moins
séduisante. La tour de Babel est colossale, hors proportions. Elle
est en cours de construction mais semble déjà en ruine. Ce
cylindre hélicoïdal éventré a été
inspiré par la vue du Colisée de Rome. Architecture impossible,
cette tour de Babel connaît grandeur nature son équivalent
dans le Grand Sud Tunisien: le fortifié de Chenini, perché sur
un gigantesque cirque rocheux, grandiose et pathétique. Personne, dans
l'Europe de Bruegel n'en soupçonnait l'existence.
|
| XVIIe siècle.
Inévitables et innombrables Rubens. Le Manteau
de Fourrure est une des oeuvres les plus singulières. Hélène
Fourment, l’épouse de l’artiste, a posé nue enveloppée
dans le manteau. Le résultat est un subtil mélange d’érotisme
et de pudeur, une oeuvre intime, destinée à un usage privé
plutôt qu’à être exhibée aux hordes de touriste,
un hymne à l’amour. Portraits de Van Dyck, autoportraits
de Rembrandt. Dans une salle latérale consacrée
à des paysages anglais du XVIIIe se cache un des plus beaux tableaux
du monde. |
| l’Atelier
du Peintre, ou Allégorie de la Peinture, la plus grande
composition jamais peinte par Vermeer. Un intérieur hollandais
(le sien). Un peintre, curieusement coiffé d'un bérêt
et vêtu en habits de soie noirs, peint une muse dont la couronne de
lauriers est bleue. Elle tient un trombone à coulisse, instrument
de musique. Sur la table que dévoile la tenture, à gauche, un
masque rappelle le théâtre et, sur un livre ouvert, on peut lire
des tracés d’architecture. Vermeer donne ici une leçon de peinture
qui rassemble les arts. Est-il le mystérieux peintre qui nous tourne
le dos? La réponse est aussi impossible que celle que pose le sujet
de la toile que peint Velasquez dans les Ménines. Sur le mur
du fond, une carte de géographie. Les Pays Bas. La carte est pliée
en son milieu, au niveau de la frontière entre les Sept Provinces
(protestantes) et les Pays Bas espagnols (catholiques), occupés par
les Habsbourg. Ceux là même qui ne cessent de hanter ce musée,
et cette ville de Vienne. |
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Kunsthistorishes Museum Wien pour les images. 2001-2005, Baron & Baron,
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